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Politique

Les syndicalistes anjouanais contre le pouvoir séparatiste

Février 2000

 C’est la première fois que les syndicalistes s’en prennent ouvertement aux autorités, et manifestent leur hostilité au séparatisme au point de demander à l’OUA une intervention militaire pour mettre fin à cette "prise d’otage"

 

La section anjouanaise du syndicat nationale des professeurs (SNPC) a adressé le 15 janvier au Secrétaire général de I’OUA une lettre dans laquelle elle considère que les dirigeants séparatistes «ne méritent pas l’attention qu’on leur accorde".

Les professeurs anjouanais, qui ont refusé de reprendre leur poste le 19 janvier, date fixée pour la rentrée scolaire, ont même durci le ton en qualifiant les chefs séparatistes de « hors-la-loi », qui «soufflent le chaud et le froid".

C’est la première fois depuis deux ans que les syndicalistes de l’île s’en prennent aussi ouvertement aux autorités, et manifestent leur hostilité au séparatisme au point de demander à l’OUA une intervention militaire pour mettre fin à celle prise d’otage dont est victime la population anjouanaise. La lettre précise que la situation actuelle de l’île justifie cette intervention, d’autant plus que la population a compris qu’elle a été trompée. Le syndicat estime que les conditions sont favorables et que l’OUA « ne court pas le risque de s’enfoncer dans un bourbier", ce qui, selon lui, n’était pas le cas au début de la crise, lorsque la population anjouanaise s’était rangée « naïvement » derrière les chefs sécessionnistes.

Mais ce qui a fait monté d’un cran la tension, c’est sans doute l’approche de la date fatidique du 1er février, au-delà de laquelle tout peut arriver. l'ultimatum de l’OUA, tel un épée de Damoclès suspendu sur la tête des dirigeants séparatistes, ne pouvait que pousser ces derniers vers leur dernier retranchement, et à déployer tous azimuts la machine répressive contre des adversaires intérieurs de plus en plus nombreux à exprimer leur hostilité au pouvoir en place.

mascarade électorale

Le syndicat n’a pas hésité d’ailleurs à dénoncer la campagne de terreur qui a pris pour cible la presse (fermeture de la Radio Ushababi, emprisonnement du correspondant d’Al-Watwan, etc.). A en croire le témoignage de certains observateurs sur place, la panique gagne chaque jour la population, qui ne cache plus sa peur devant le risque d’une nouvelle épreuve de force.

Le dernier discours du lieutenant-colonel Said Abeid loin d’apaiser la tension déjà très vive, a plutôt été perçu comme une déclaration de guerre contre les partisans de l’Accord d’Antananarivo.

C’est ainsi que les actes d’intimidation et de privation des libertés se sont multipliés de façon inquiétante en début de semaine, dans la perspective de l’organisation dimanche prochain d’un référendum sur les Accord d’Antananarivo.

Une consultation qualifiée de «mascarade» par le syndicat, dès lors qu’elle ne permettra pas à la population anjouanaise de s’exprimer librement.