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Politique |
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Lettre de M. Omar TAMOU août 2003 |
Monsieur Omar TAMOU Président du
RNDC
Lettre publiée en août 2003
Comoriennes et
Comoriens
Je constate, et vous en
conviendrez avec moi, que le pays est confronté à un blocage sans commune
mesure, un blocage qu’aucun pays n’ait jamais connu, un blocage non seulement
politique mais aussi juridico constitutionnel puisque depuis 1999, le Colonel
Azali n’a pas su doter le pays de nouvelles institutions qu’il a cependant
pris l’engagement solennel de mettre en place.
- Azali a encore une fois repoussé les dernières propositions présentées
par la troïka lors de sa dernière venue à Moroni. Celle-ci a du rentrée
bredouille sans commentaire.
- Les trois présidents des trois îles dénoncent la médiation de Monsieur le
Ministre Madeira et réclament son dessaisissement du dossier au sujet du
règlement de la crise Comorienne. C’est scandaleux car même si le motif de
dessaisissement a certes suscité quelque raison de déplaire, mais avouons que
la décision a été tout de même un peu trop hardie et peut être même un peu
prise naïvement, passez moi le mot.
- La tenue des élections législatives a été reportée a une date sine die.
Et nous voilà sous quatre ans de vide institutionnel.
N’est-ce- pas là un vide tristement célèbre, mondialement record. Un record
que nul ne peut battre. Azali peut s’enorgueillir.
Je félicite non seulement le détenteur du titre mais aussi et surtout ses
supporters et ses admirateurs.
Et le peuple vit au quotidien, la tragédie de la faim, de la maladie, de la
délinquance, de l’insécurité et de la peur du lendemain au moment où quelque
part, une famille ou plus exactement un clan avec son patron en premier,
multiplie les ardeurs à l’arbitraire et à l’enrichissement illicite, au grand
dam de tout un peuple.
D’aucuns diraient Bravo ! Moi je dis plutôt : c’est triste !!! Et vous que
diriez-vous, eu égard à ce, ni plus ni moyens, spectacle.
Pour sortir notre pays des décombres de cette politique dévastatrice, il faut
agir vite … Tout de suite, car il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Les forces politiques et les démocraties éprises de liberté et de justice
doivent, immédiatement unir leurs efforts afin de faire renaître l’espoir,
l’envie de vivre, le patriotisme et créer des perspectives pour un peuple
Comorien certes profondément éprouvé, mais portant encore en lui d’immenses
ressources capables de mettre le pays sur le sentier du développement.
Pour ce faire et je ne me lasserai pas de le répéter, même si des esprits
chagrins y trouvent à redire, je ne me lasserai jamais disais-je, à dire et à
redire que les vrais fils des Comores, les patriotes avérés doivent savoir
mettre une croix sur le passé, tourner la page, enterrer la hache de guerre,
se débarrasser de tout esprit vindicatif, faire preuve enfin d’une grande
volonté de tolérance et de conciliation.
En tout cas, je le répète encore, et je ne me lasserai jamais encore une fois
de le répéter, qu’en ce qui me concerne, n’en déplaisent aux esprits chagrins,
je m’engage désormais, et je défis quiconque chercherait à m’en dissuader, à
apporter ma modeste contribution à la noble mission de livrer le combat
politique nécessaire à dessein de délivrer le pays.
Au nom du RNDC, que j’ai l’honneur de présider, nous faisons nôtre, l’adage
qui veut que la politique n’est pas seulement l’art de conquérir ou de
conserver le pouvoir, même se ceci est en soit un des aspects et non des
moindres.
La politique est avant tout morale, volonté, raison et conscience et non
simplement besoin et passion.
Elle doit nécessairement impliquer l’éducation des citoyens qui ne doivent
avoir que la noble passion d’aimer la patrie.
Nous ne voulons pas le pouvoir pour le pouvoir ni ses privilèges.
Nous voulons que les Comores changent
- qu’un statut de droit garantissant la liberté fondamentale et le droit
de l’homme y soit instauré.
Nous voulons que la crédibilité et l’efficacité des services publics soient
rétablis.
Nous voulons que les dirigeants, responsables du destin du pays quel qu’ils
soient préparent l’avenir des enfants Comoriens
-qu’ils équipent le pays afin d’apporter demain la réalité d’un monde de plus
en plus difficile pour ceux qui n’ont pas la volonté de survie.
Nous voulons que l’on rende au pays sa fierté en barrant la route à
l’affairisme et aux circuits mafieux qui gangrènent quelque part dans le
système … et il faut aussi mettre un terme à la mendicité internationale
érigée en diplomatie.
Nous voulons enfin que l’on restaure la dignité nationale.
C’est dans cet esprit que je vous invite Comoriennes et Comoriens à prendre
conscience de la situation qui prévaut et dire ensemble avec vous RNDC … trop
c’est trop ! ASSEZ
Omar TAMOU
Président du RNDC
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