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Politique
Des Voeux pour les Comores mise à jour 12/01/2006

Bonjour à tous,
Voilà un article que j'ai proposé à quelques journaux du pays.
Idriss MOHAMED

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DES VOEUX POUR LES COMORES

Des citoyens en bonne santé et instruits, base nécessaire et indispensable à la prospérité réelle et durable d'un pays. Qui contestera que de ce point de vue notre pays accumule les handicaps ?

La santé aux Comores! Notre hôpital national de référence, El Maarouf décrépit et à l'abandon, donne une idée exacte de la réalité. El Maarouf, un chancre sur le visage de l'Union des Comores. Penser que tout un chacun peut se retrouver à El Maarouf pour des soins intensifs donne froid au dos. Les "en-haut-de-en-haut" croient qu'ils pourront toujours prendre l'avion sans délais!? El Maarouf, un concentré de l'incurie de l'Etat à tous les niveaux, de la veulerie des médecins comoriens et de la passivité - fatalisme de nous autres citoyens lambda.

L'enseignement aux Comores! Si l'on doit noter l'embelli pris par l'Université suite à l'ajustement du corps enseignant et aux partenariats noués avec l'étranger, force est de constater que l'enseignement primaire et secondaire reste au même point. Secteur public en déconfiture faisant le lit à un secteur marchand sans foi ni loi que le profit maximum! Et les syndicats des enseignants qui se crispent sur ses légitimes revendications salariales, "oubliant" un secteur privé qui permet d'arrondir des fins de mois difficiles. Démission de l'Etat à tous les niveaux, corporatisme étroit des professionnels du secteur et système D chez les citoyens.

Bonne Année quand même ! De l'année 2005, je retiens trois événements majeurs.

En premier les éruptions du Karthala. Curieusement les poussières d'Avril n'ont pas instruit le pays et en Novembre l'épaisse couche de poussière prit tout le monde au dépourvu. Ngazidja désarmée, au bord de la panique opta comme d'habitude pour le système D : masque de fortune, balayage spontanée des rues sans précautions suffisantes, etc. Paradoxalement les autorités de l'Union et de Ngazidja se retrouvèrent main dans la main pour tranquilliser la population et se complaire dans une quasi-passivité face au problème de santé publique posé par la poussière. Et quand un médecin courageux osa alerter la population et lui prodiguer des conseils salutaires, il s'attira les foudres des "responsables" de Ngazidja. Penser qu'à la place de poussière il pourrait s'agir de gaz toxique fait frémir d'impuissance! Mais peut-être que les "en-haut-de-en-haut" auront-ils le temps de prendre l'avion sans délais! Irresponsabilité quand tu gouvernes !

En second lieu, le changement de cap de la politique officielle sur l'île comorienne de Mayotte! Le Président Azali explique que la politique menée durant trente ans n'a rien donné alors il faut essayer autre chose. Il fait semblant de croire que la revendication de l'intégrité territoriale du pays a été menée durant trente ans alors qu'il n'en est rien. Après Ali Soilihi, la question de l'Ile comorienne de Mayotte est passée petit à petit aux "oubliettes" et c'est ce qui a nourri les prétentions du gouvernement français sur la question. Mais n'est-ce pas étrange qu'à quelques mois du terme de son mandat, le Président Azali décide tout seul, sans débat national, de donner une orientation capitularde à la politique nationale sur une question aussi sensible pour notre pays ? Si la Représentation nationale a réagi "diplomatiquement" par sa résolution faisant du 12 novembre une journée nationale Maore, si des comités maore ont vu le jour dans le pays et à l'étranger, force est de souligner que la riposte n'est pas à la hauteur du défi lancé par le Colonel Azali à la nation. Ceux qui dans les places publiques parlent de trahison nationale devraient accorder leurs actes à leurs paroles ! Passivité - fatalisme quand tu nous tiens !

Enfin la conférence des bailleurs de fonds bien sûr ! Quel comorien ne se réjouirait pas de voir le monde se mobiliser pour aider le pays ? Les hauts fonctionnaires qui donnent à peu de frais des leçons de foi en les Comores devraient se montrer plus circonspects. La gestion de la manne promise à Maurice ne peut pas ne pas susciter des interrogations. Car il est difficile de croire en l'aide d'un "partenaire principal" qui occupe une partie du territoire national et qui prend des dispositions (le visa Balladur) entraînant la mort de centaines de comoriens par an. Que la France montre sa sincérité en supprimant son Visa et négociant avec les Comores des mesures transitoires de contrôle de l'exode rural dans l'Archipel ! Car il est difficile de ne pas penser au Fonds Fiduciaire, des sommes énormes dépensées sans que nous autres, citoyens lambda puissions constater une quelconque réalisation susceptible d'atténuer cette image désagréable de ces multiples rapports d'experts internationaux qui s'amoncellent dans les archives du PNUD. Car il est difficile de sortir de nos têtes qu'en 60 ans d'existence, le FMI et la BM sont incapables de citer un seul pays sorti de la misère avec leur aide. Car enfin il est vraiment difficile de ne pas voir que l'écart pays riche-pays pauvre se creuse au profit des premiers, comment ne pas poser la question qui aide qui ? Loin d'être nuisibles, ces interrogations nous arment pour que le pays puisse tirer parti de la générosité internationale.

Pour finir, je voudrais évoquer un événement culturel : la sortie du DVD de la "diva de la chanson comorienne". Chamsia Sagaf chante le pays et l'amour, toutes ses chansons sont en comorien, une langue que "l'on découvre" belle, subtile, riche, se prêtant à tous les jeux. Une chanson me paraît devoir sortir du lot TSIHORO, le rêve d'une diva qui est fière de son pays, qui croît en son pays et qui se projette dans un avenir de bonheur "TSILALA TSIHORO KOMORI GIYO HARUMWA RAHA", un "TISHORO" à l'instar du fameux "I HAVE A DREAM" de Martin Luther King. Comparaison osée certes mais qui correspond aux faits. L'amour du pays, le combat pour la dignité, la liberté et le progrès socio-économique conduit à des sommets lumineux inaccessibles autrement. En tout cas Chamsia Sagaf l'artiste nous montre que l'espoir est permis alors bonne année 2006 à tous.

Idriss
31/12/05