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Politique
Le Débat sur le voile rejaillit aux Comores


A la suite d'u article issu du site CLICANOO, http://www.clicanoo.com  les réactions ne se sont pas fait attendre sur notre forum de discussion HABARI
Les interventions ci dessous sont
parues vers le 09/03/2004

Le ton est monté ces derniers jours au sujet de la laïcité entre Moroni et Paris à travers un échange épistolaire entre l'ambassade de France aux Comores et le ministère comorien des Relations extérieures.

COMORES
Laïcité : polémique entre Paris et Moroni
A l'origine de la brouille, les propos qu'aurait tenus "publiquement dans et hors d'une mosquée" Saïd Ahmed Djelane, le grand cadi de Moroni, lors d'un récent séjour à Mayotte. Le chef religieux "s'est permis de critiquer la politique française en matière de laïcité et d'appeler à la révolte contre la loi en projet", écrit l'ambassade de France, estimant qu'il s'agit là d'une "ingérence inacceptable de la part d'un magistrat comorien dans les affaires intérieures de la France". Répliquant à cette missive, le ministère comorien des Relations extérieures estime que "l'ambassade de France donne une importance injustifiée à un non-événement", avant de d'appeler Paris à "plus de modération" et à "éviter toute agitation et toute surenchère pour apprécier avec lucidité et responsabilité ce qui aurait pu être dit par le grand cadi dans son contexte et sa signification". Cette protestation française ressemble à un "chantage inadmissible et irrecevable pour l'Union des Comores", écrit encore le chef de la diplomatie comorienne, avant de rappeler que "si l'île comorienne de Mayotte est en litige, elle est. une composante du territoire national comorien". Les autorités comoriennes font savoir qu'au sujet de Mayotte, "les remarques désobligeantes des autorités étrangères gérant l'île sont toujours considérées comme une provocation". On rappelle qu'à son accession à l'indépendance en 1975, l'archipel des Comores s'est vu amputé de la quatrième île, Mayotte, restée depuis lors sous tutelle française. En dépit des bonnes relations entre Paris et Moroni, le contentieux demeure, faisant des Comores "un veau à trois pattes", comme aimait à le dire l'ancien président Ahmed Abdallah.
Source CLICANOO, http://www.clicanoo.com


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De : Mondoha mwepva

Il y a des non-dits dans cette histoire,mais tout le monde doit pouvoir le comprendre: la France n'est pas un pays musulman, mais un pays chrétien qui a accueilli des musulmans. A vouloir tout niveler on entre dans un jeu dangereux qui consiste à laisser prospérer les questions des croyances religieuses en France. Au final même les sectes pourront vouloir les mêmes droits que les autres religions. Comme aux USA? j'espère que non pour la France. Concernant Mayotte, il y a une absurdité dans ce que j'entends. Si Mayotte veut être un département français, les maorais doivent savoir que tout le droit français sera appliqué sur tout le territoire. Les maorais doivent savoir que le prix à payer pour intégrer totalement la République française sera lourd. Et si les politiques Mahorais ne le disent pas, c'est pour être sur que la population les suivra jusqu'au bout. Car ce qui intéressent la classe politique maoraise et surtout les jeunes arrivistes c'est d'abord se faire une place au soleil. Les élections sur places sont une véritable caricature de combat politique véritable; pour 9 sièges il y'a plus de 70 candidats. L'islam à Mayotte bientôt entrera au musée comme tout ce qui est traditionnel. La jeunesse mahoraise a déjà tourné le dos à tout cela. Il faut savoir ce qu'on veut.


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De : zaid
Attention, le traitement de cette notion de laïcité par les intégristes laïcs français n'est pas dirigé contre les COMORES ni contre MAYOTTE, mais contre l'ensemble de la communauté musulmane établie en France ou dans les DOM ou Colonies françaises! Il faut reconnaître seulement que l'usurpateur français et les collabo mahorais se sont saisis de cette question pour tenter d'acculturer davantage Mayotte et l'isoler davantage de ses îles soeurs !


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De : Idriss Mohamed

Bonjour,
Je ne crois pas du tout que sur cette affaire, le point de vue comorien aille vers le débat autour du voile. Non. Notre problème porte sur la protestation de l'ambassadeur français aux Comores contre une "une ingérence inacceptable de la part d'un magistrat comorien dans les affaires intérieures françaises", une protestation officielle qui a suivi les voies diplomatiques. C'est un nouveau palier dans la politique du fait accompli français aux Comores qui se situe dans la droite lignée du visa, des expulsions, etc. Mayotte ce n'est pas les Comores, c'est la France et c'est de chez nous qu'on nous l'assène sur le front comme un fait ordinaire.
En agissant comme s'il n'y avait aucun problème sur le maintien de l'île comorienne Maore dans la France, l'ambassadeur a dépassé les bornes. Je considère qu'il s'agit d'une grave atteinte à notre dignité nationale. Le Ministère d'Etat a réagi et a "suggéré" que la protestation française est une provocation. Moi je crois qu'il faudrait "taper du poing sur la table", envoyer un signal fort à la France par une expulsion de l'ambassadeur.
Je suis d'ailleurs étonné que les réactions dans Habari ne soient pas plus vigoureuses ! Le pessimisme emporterait-il toute dignité nationale ? Un rapport de force défavorable doit-il conduire à la démission ? Doit-on plier et boire le calice jusqu'à la lie face au plus fort ?
Nous devrions saisir cette provocation pour ranimer la revendication nationale sur Maore malgré le contexte défavorable, au moins obtenir que la France reconnaisse formellement l'appartenance de Maore aux Comores en application de la loi internationale que la France supprime le visa aux comoriens se rendant à Maore
Bien à tous
Idriss


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De : zaid

Bonjour ,
certes, votre réflexion sur la position de l'ambassadeur est légitime !
et sans doute avec juste raison, vous vous émouvez du manque de réaction sur le forum ;
Gageons que si une campagne électorale ne battait pas son plein aux Comores, la réaction de notre ministre des affaires étrangères n'aurait pas eu la publicité qu'elle connaît, et que cette affaire se serait réglée à huis clos ;
Dans la diplomatie, il est d'usage de convoquer les ambassadeurs indélicats et de les rappeler à leurs devoirs . Mitterrand ne se gênait pas pour convoquer l'ambassadeur d'Israël et c'est une pratique courante ailleurs :
D'ordinaire aussi, les ambassadeurs savent observer le devoir de réserve qui est le leur. Chez nous, nos autorités se soumettent aux desideratas de l'ambassade de France, nos magistrats vendent les listes d'Etat civil à l'ambassade ( Jeannot ) et exécutent les ordres du Consulat français . C'est dire que c'est le monde à l'envers !
La réponse de notre ministre est une caricature ! D'abord, la protestation devait être officielle et être transmise à Paris; Et, lorsque l'ambassadeur, obéissant au préfet de Mayotte déplore le comportement d'un citoyen comorien, il convenait de lui rappeler que cela ne peut en aucun cas concerner l'Etat comorien ! Est ce que les Comores se sont permis de tancer officiellement l'Etat français , chaque fois qu'un pédophile français a commis ses horreurs sur notre sol ! Encore, que dans ce dernier cas, il s'agit d'un véritable délit, voire crime pénal, alors que Djellan n'a fait qu'exercer sa liberté d'opinion !
Bien sur, cette affaire du voile, n'est que le cache misère!! Les Comores se seraient honorées, si à l'instar des pays arabes, de la Grande Bretagne, de l'Allemagne, ces deux derniers pays non musulmans, elles avaient osé dire ses torts à CHIRAC ! bien qu'il s'agisse d'affaires intérieures. A ce moment là, on n'a rien entendu ! Il faut pourtant rappeler que toute persécution à l'égard de musulmans de France ou d'ailleurs regarde toute la communauté internationale, car elle est une offense aux droits de l'homme, comme l'antisémitisme ou le racisme !
Ce que vous appelez pessimisme, cher Idriss, moi je l'appelle du dégoût !!
L'hypocrisie de Souef El Amine, qui croit faire une bonne affaire électorale par sa lettre, mais qui reste dans le symbole ! représentant d'un Etat, qui demande à l'ONU de suspendre les revendications comoriennes, qui accepte alors que les autres pays de la zone s'y opposaient la participation de Mayotte aux J.O.I, qui n'impose pas la réciprocité du visa aux Français résidant et arrivant aux Îles Comores, d'un état qui accepte les déclarations racistes et haineuses du Préfet de Mayotte sans même protester et sans même déposer plainte, qui ne réagit pas lorsqu'un village anjouanais est brûlé, et qui ne rappelle même pas à l'ordre l'autorité anjouanaise qui offre sa collaboration au préfet de Mayotte pour persécuter sa population .
Nos revendications sur Mayotte ont la légitimité de nos droits, elles ont la sympathie de la Communauté Internationale . Le silence de nos autorités, leur inertie est en lui même plus grave encore que l'attitude française, car il vaut complicité, et qu'il est accordé contre services.
Voilà pourquoi, plus que le pessimisme , c'est le dégoût qui règne ! car ces protestations de nos autorités, ne seront jamais prises par l'Etat Français pour autre chose que ceux qu'elles sont, des gesticulations destinées à faire plaisir électoralement . Tant qu'elles se limiteront à des palabres entre les deux états, elles ne serviront à rien ! Elles ne sont qu'un pas de deux, qui nous verra toujours perdre !Que les Comores demandent à la communauté des Etats d'exiger les respect de leurs droits et on les prendra au sérieux!
Toute mon affliction !