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Gauche Révolutionnaire des Comores (GRC) |
Gauche Révolutionnaire
des Comores (GRC)
Courant pour une alternative socialiste aux Comores
DECLARATION du 20 décembre 2003
Ce dimanche 20 décembre 2003 a été signé à Moroni un document d’accord devant
mettre fin théoriquement à la tension inutile entre les différentes factions
de la bourgeoisie comorienne qui dans une collusion d’intérêts a pris en otage
la Nation entière. D’ailleurs ce tiraillement porte bien son nom: conflits de
compétences disent-ils, en d’autres termes lutte pour le partage des deniers
publics et distribution de ce qui reste de l’Appareil d’Etat. Différents dans
la détention des structures de pouvoirs mais identiques dans la composition de
classe, poursuivant les mêmes objectifs. Les exécutifs des îles comme celui de
l’Union forment les deux facettes d’une seule pièce : une bourgeoisie
politico-militaire arrogante à la tête de l’Union contre une bourgeoisie
populiste dans chaque île se battant comme des chiffonniers reléguant au
dernier rang les intérêts supérieurs du pays; L’unité et l’intégrité
nationale, les aspirations de changement de vie des masses comoriennes etc.….
Faut-il applaudir sur ce qui s’est passé ce dimanche?
Oui et non !
Oui, quand ces signatures «prestigieuses » seront suivies d’effet pour
permettre au pays de respirer l’air de la liberté, à l ‘éducation nationale de
fonctionner de façon nationale et unitaire, de limiter l’arbitraire de la
soldatesque et au peuple de voir enfin le vrai visage de ces assoiffés de
pouvoirs qui ont utilisé les problèmes institutionnels consécutifs à la crise
séparatiste pour cacher leur incurie comme le caractère siamois de leurs
pouvoirs respectifs. Il suffit de voir l’armée de conseillers, chargés de
mission, ministres et courtisans de chacun des « Présidents » pour mesurer
combien l’esprit clientéliste est le même à l’Union comme aux sein des Iles.
Le peuple dans tout ça, c’est un grand mot qu’on utilise comme les paraboles à
la Mbayé Trambwe dans le but de tromper les travailleurs comoriens.
Alors, il faut s’abstenir d’applaudir ; car en fait le séparatisme, idéologie
bourgeoise, inspirée par l’impérialisme a gagné sur tous les plans. Ne se
contentant pas d’avoir entraîné notre pays dans un gouffre en trois décennies
d’indépendance, la bourgeoisie a crée l’illusion d’un conflit d’intérêts entre
les îles pour justifier le naufrage de notre pays dont elle est seule
responsable : une gestion catastrophique, une corruption sans précédente
qu’elle a mis sur le dos du peuple comorien dans ses différents territoires de
vie, les îles. Cette classe à la tête des nos îles comme à celle de l’union
sait très bien que le vrai conflit dans notre pays se trouve, entre ceux qui
possèdent et ceux qui n’en ont rien, entre les couches populaires et les
nantis, entre l’oligarchie politico-militaire et le reste du pays, entre la
bourgeoisie nationale et le peuple comorien dans tout le territoire. L’Accord
du 20 décembre est venu réconcilier une même classe qui a décidé
d’institutionnaliser son idéologie, le séparatisme dont l’expression juridique
est la constitution de l’Union et ses pendants dans les îles. Ce vieux projet
colonialiste de morcellement de la Nation comorienne peut finalement continuer
sa route dès lors que toute résistance semble anéantie. Ce qui, dans ce climat
de repli identitaire et insulaire favorise l’émergence d’un nouveau féodalisme
: le territoire sera l’île autonome, le seigneur sera le Président du
Mdjidjengo et les vassaux seront les citoyens à qui on n'a pas offert un autre
choix que cette fuite dans l’inconnu de la perdition sociale. Dans tout ceci,
quels que soient les cas de figures, cette situation renforcera le colonel
Azali qui entre temps sera Empereur sur tout le territoire après avoir vendu
Mayotte une deuxième fois après Andriantsuli.
Mais tout ceci n’a été possible que par ce que les forces patriotiques ont
battu en retraite, sinon capitulées devant les hordes séparatistes. Ceci a été
possible, parce que la gauche gangrenée par l’opportunisme et l’individualisme
a été incapable de mener bataille sur toute l’étendue du territoire. Ceci a
été possible parce que les deux courants principaux de la gauche comorienne
n’arrivent pas à dépasser ses différences originelles : mutualistes, non
orthodoxe (mranda, 3 aout 1975) d’un côté et syndicaliste, indépendantiste,
intellectualiste (ASEC, FD) de l’autre.
Pour la Gauche Révolutionnaire, la résistance continue ; nous croyons à une
autre alternative, à une autre politique populaire et solidaire qui réunifiera
la Nation comorienne. Nous refusons le choix du séparatisme et ce pour cela
que nous combattons à la fois l’institutionnalisation de l’autonomie des îles
et la caricature de l’Union qui n’en est pas une. Nous sommes pour un seul
Etat, une seule Nation composée de quatre îles et un véritable transfert de
gestion de la chose publique aux citoyens à travers les régions de façon
rationnelle et selon les moyens de notre pays. Nous appelons enfin le peuple
comorien, sa jeunesse à rester vigilant et ne pas accepter cette illusion de
réconciliation nationale qui dans les faits réconcilie seulement la
bourgeoisie de notre pays et laisse notre peuple avec ses multiples problèmes
: misère grandissante, chômage de jeunes diplômés, exode périlleux,
dégradation de l’éducation nationale, infrastructures sanitaires
insuffisantes, cumuls des impayés dans la fonction publique et enfin abandon
de la jeunesse estudiantine comorienne à un triste sort surtout à l’étranger
pendant que s’enrichissent les militaires et leurs alliés.
Vive la Nation comorienne
Vive le peuple comorien uni
Vive la nouvelle résistance au morcellement de notre pays
Vive le mouvement de la révolution comorienne
A bas la bourgeoisie séparatiste et ses alliés
A bas la soldatesque corrompu
Porte parolat de la GRC Domoni,le 20 décembre 2003
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