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La Lettre d ‘Achirafi Saïd Hachim n°9
Président du Rassemblement pour le Renouveau Démocratique aux Comores
Septembre 2003

à mes frères et sœurs d’Anjouan, de Mayotte, de Mohéli, de Ngazidja

Devrions nous avoir peur ? Mes frères, mes sœurs,

Au fond de l’abîme où j’ai été projeté par une conspiration scélérate, sans procès, sans condamnation, sans raison autre que celle de ralentir mon combat, je pense sans cesse aux idéaux de notre indépendance.

Nous voulions alors vivre libres, fiers, patriotes et démocrates.

Nous voulions assumer notre destin et préparer l’avenir de nos enfants.

Je regarde aujourd’hui mon pauvre pays avec une énorme tristesse et avec la conscience d’un terrible gâchis. Je vois que nous avons perdu notre identité comorienne.

Nous sommes bien notre propre ennemi par notre incapacité à nous unir, au-delà des appétits personnels, pour le bien du pays.

Et les germes de nos discordes sont très bien entretenus par nos ennemis de l’extérieur.

De cela nous pouvons avoir peur.

Ils ont pour eux la puissance, l’envie et le temps de faire totalement disparaître notre nation.

De cela nous pouvons avoir peur.

Mais la peur n’exclut pas toujours le courage, elle peut l’alimenter. La peur peut faire monter en chacun d’entre nous une vraie volonté de cesser d’être des sacrifiés.

De tous les coins du pays, de tous les coins du monde, des voix s’élèvent et vont s’élever, des frères et des sœurs se lèvent et vont se lever pour dire :

Nous ne cèderons pas !

Nous avions une identité, nous voulons la retrouver !

Le combat continue, plus âpre que jamais.

Ce combat, vous en connaissez l’essentiel.

C’est d’abord un refus collectif.

Nous devons refuser le démembrement, le manque d’état, la perte de nos repères et la dislocation brutales de notre jeune nation.

C’est ensuite une volonté commune.

Nous voulons retrouver notre identité comorienne. Et pour cela, nous devons refonder un état, réconcilier notre peuple et relever, ensemble, tous les défis qui nous sont proposés. Défi institutionnel, défi économique et social, défi culturel.

C’est enfin un engagement.

Celui de transcender nos différences insulaires, partisanes et personnelles.

Pour mener ce combat, j’en appelle à toutes les forces vives – politiques, religieuses, civiles - des Comores, dans le pays et à l’étranger.

Pour nous permettre de mener ce combat j’en appelle à la France de l’intelligence et de l’humanisme - qu’elle ose s’impliquer dans le processus de réconciliation inévitable – en chassant les miasmes qui ont pollué sa vision de la situation et sa politique.
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Pour nous aider à mener ce combat, j’en appelle à la communauté internationale – qu’elle prenne le temps de regarder objectivement la situation dans laquelle nous sommes – pour qu’elle favorise, par tous les moyens à sa disposition, une véritable « paix des braves » génératrice de concorde et de paix sociale.

La Lettre d ‘Achirafi Saïd Hachim n°9

Notre refus, notre volonté et notre engagement, c’est à dire notre combat, ne seraient rien si nous n’avions pas une vue claire et acceptable par tous du processus de normalisation à suivre.

Il commencera par les Assises de Réconciliation Nationale
Elles auront pour objectif de préciser clairement notre identité comorienne.

C’est à dire les points de base d’accord entre tous les comoriens.

De là naitra la création d’une Commission Permanente de l’Identité Comorienne
Elle aura pour charge de veiller à ce que l’ensemble des dispositions, institutions, codes et lois soient en conformité avec l’identité comorienne.

Elle s’assurera, en outre de la mise en place de L’Alliance pour la transition

Elle appliquera le passage progressif et en douceur vers les révisions constitutionnelles qui pourraient être dégagées par la Commission Permanente.

Ce processus n’a qu’une seule finalité : qu’après avoir jeté les bases de la refondation de notre pays, un réel travail démocratique, compris du peuple, entérine les modifications nécessaires.

Je reste debout, je sais que nombre d’entre vous sont debout.

Je sais aussi que beaucoup de nos compatriotes sont prêts à se dresser contre l’oppression et à lutter contre le démembrement du pays.

L’heure de la reprise en main de notre destin a sonné.

« Mes frères, mes sœurs, courage ! Ayons confiance en l’avenir
Ayons confiance en nous. Pour retrouver notre pays, notre fierté d’être comoriens, levons nous, tous ensemble »