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Politique
Ridja mise à jour 08/01/2006

Appel du RIDJA à l’union pour le respect de la constitution et de la Démocratie, contre toutes les tentatives malveillantes de déstabilisation et de recours à la force

Le président de l’union des Comores qui sera élu doit être originaire d’Anjouan-Ndzuwani

La nouvelle constitution Comorienne a été adoptée par référendum le 23 décembre 2001, avec le soutien des mouvements démocratiques que nous représentons. A une large majorité (76%), les Comoriens qui se sont déplacés en nombre (taux de participation de 75%) ont choisi l’espoir d’un avenir démocratique et ont transformé la République Fédérale islamique des Comores en une Union des Comores, respectant une large autonomie des îles qui la composent. Par ce choix, les Comoriens ont voulu tirer un trait sur une histoire marquée depuis l’indépendance du pays (en 1975) par les coups d’Etat et le séparatisme.

La nouvelle Union des Comores est une République dotée d’un Président.

Celui-ci est élu pour 4 ans, et la présidence est tournante entre les îles qui composent l’Union (article 13 de la Constitution). Le premier président de l’Union, Azali Assoumani, élu en 2002 au suffrage universel direct, le fut au titre de la Grande Comores (N’gazidja). Il revient aux îles de l’archipel d’élire le nouveau Président de l’union en 2006 qui doit être originaire de l’île d’Anjouan (Ndzouani). En 2010, ce sera au tour de Mohéli (Mwali) d’en faire autant.

En d’autres termes, cela signifie que le Président Azali doit remettre son mandat à la date fixée en mai 2006. Il a lui-même exprimé dans les medias son acceptation de se soumettre à ce que prévoit la Loi.

Ce dispositif a pour objet de garantir l’égalité de traitement et de représentation de chaque île au niveau de la politique mise en œuvre par l’Union.

Cette constitution représente le premier espoir pour les Comoriens de l’instauration d’une démocratie réelle et durable.

Le RIDJA est déterminé à ce que la Constitution soit respectée et que la Présidence revienne à l’île d’Anjouan. Après 30 années d’instabilité et de coups d’Etat militaires, les forces démocratiques souhaitent que la Démocratie prévale désormais.

Des menaces sur le processus démocratique

Nous prolongeons cet appel à l’extérieur de l’Union, et nous adressons à la Communauté Internationale pour qu’elle nous soutienne dans notre combat pour le respect du Droit. La Démocratie aux Comores n’est pas garantie.

Les forces hostiles à la Démocratie sont encore présentes aux Comores. Ceux qui craignent de voir leurs avantages indûment acquis remis en cause par le changement de Présidence, sont prêts à tout pour maintenir au pouvoir ou y faire accéder les personnes qui assureront leurs intérêts.

D’ores et déjà se dessine la volonté de certains de semer l’agitation dans l’Union (provoquer des incidents, organiser des manifestations non pacifiques, instrumentaliser des catégories de la population – la jeunesse désoeuvrée par exemple – pour mener des actions violentes …) pour en appeler à la voie militaire pour « restaurer l’ordre ».

Les grandes manœuvres ont commencé pour intimider les forces démocratiques du pays. Des pressions venues des Comores mais aussi de l’extérieur du pays visent à instaurer un climat de tension sociale propice à une crise institutionnelle. Les tentations putschistes sont toujours présentes, et le report des élections présidentielles en Côte d’Ivoire donne des idées aux adversaires de la Démocratie.

En outre, le RIDJA s’inquiète du retard pris dans la préparation des listes électorales, dans l’adoption de la Loi Electorale. De même, nous craignons que l’on dénie le droit à la Diaspora comorienne (qui représente plus de 30% de la population des Iles Comores) de s’exprimer lors du futur scrutin. En effet, la Loi Electorale en préparation, et qui est rédigée dans un secret inquiétant, pourrait prévoir de refuser le Droit de vote aux Comoriens qui n’ont pas résidé dans le pays pendant les 18 mois précédant l’élection.

Enfin, on exigerait de certains électeurs qu’ils renoncent à la double nationalité franco-comorienne ce qui est contraire à la Constitution.

L’appel du RIDJA à la communauté internationale.

Par cet appel, le RIDJA s’engage à prendre des initiatives dans le respect de la Loi pour faire respecter la constitution dans toutes ces dispositions.

Pour autant, et compte tenu des volontés contraires montrées par certains à conserver ou prendre le pouvoir par tous les moyens, le succès du combat pour la Démocratie dépendra de l’appui que nous accordera la communauté internationale.

Pour lutter contre toute velléité putschiste, et pour garantir que le processus constitutionnel sera respecté, nous sollicitons l’appui de l’Union Africaine, pour que, dans la continuité de son action qui avait permis de mettre fin au séparatisme (accords de Fomboni en 2001) et d’amener les Comores à adopter une nouvelle constitution, elle intervienne pour garantir que l’élection ait lieu, et qu’elle se déroule dans les meilleures conditions d’égalité et de justice.

Nous sollicitons la bienveillance de son délégué pour les Comores, son excellence M. Thabo Mbeki, Président de la République d’Afrique du Sud, afin qu’il envisage un voyage dans notre archipel afin de montrer sa vigilance à l’égard du respect du processus démocratique.

Par sa présence, il rappellera ainsi que l’Union Africaine ne saurait plus tolérer le non respect de la volonté populaire exercée dans le cadre d’une Constitution librement et massivement adoptée par les Comoriens.

Nous sollicitons aussi la Ligue Arabe qui a soutenu le respect de l’intégralité territoriale de notre Nation, pour qu’elle veille à ce que les Comores restent sur la voie de la Démocratie.

Nous faisons appel à l’Union Européenne, principal bailleur de fonds des Comores pour qu’elle nous accompagne dans le chemin que nous avons choisi voici maintenant 4 années, et qui reste difficile tant les intérêts de certains s’accordent mal avec l’intérêt commun de tous les Comoriens.

Nous lançons un appel à l’Organisation des Nations Unies pour qu’elle continue à soutenir les échéances démocratiques comoriennes comme elle l’a déjà fait par l’intermédiaire du PNUD en 2003 et 2004 notamment. Nous nous en remettons à son secrétaire général, Monsieur Koffi Annan pour qu’il accorde à notre pays l’attention et les moyens pour garantir le respect du Droit constitutionnel comorien.

Nous souhaitons que La Ligue Internationale des Droits de l’Homme, Amnesty International, Human Rights Watch, et toutes les organisations non gouvernementales internationales nous aident pour informer l’opinion internationale et l’ensemble des dirigeants de ce monde, pour éviter qu’une nouvelle fois un processus militaire ne mette fin aux aspirations des Comoriens à la Démocratie et au respect de leurs droits.

Nous appelons la Francophonie, avec la laquelle nous avons le Français (une des trois langues officielles de notre Union) en commun, en la personne de son représentant M. Abdou Diouf, dont nous sollicitons l’attention pour que son organisation appuie les démarches des forces démocratiques dans leur volonté de faire respecter le Droit dans le meilleur intérêt de la population comorienne.

Enfin, et tout naturellement, nous adressons au Président de la République Française, Monsieur Jacques Chirac, notre demande pour qu’il accorde sa haute bienveillance et son attention particulière pour que soit garanti le respect de l’alternance démocratique inscrit dans notre constitution, en faveur de laquelle une majorité des Comoriens a accordé son suffrage, avec le soutien des forces démocratiques que nous représentons. L’Histoire commune de nos deux pays doit permettre de contribuer à ce que notre Peuple puisse après 30 années d’instabilité permanente, avoir droit à un avenir pacifié, respectueux de ses droits.

Appel pour l’envoi d’observateurs permanents

Par notre appel, nous souhaitons que la Communauté Internationale envoie aux Comores des observateurs permanents qui puissent témoigner et garantir le déroulement intégral du processus électoral, et décourager les tentations putschistes.

Il y a urgence. Car si l’on tarde, les manœuvres déstabilisatrices porteront leurs fruits, et les conditions seront réunies pour que les adversaires de la Démocratie y trouvent toutes les justifications d’une intervention musclée.

Pour l’avenir de l’Union et des îles qui la composent, pour que Justice soit faite aux Comoriens dans son combat pour la Démocratie, nous souhaitons que ce message convainque la Communauté Internationale et ses représentants les plus éminents de ne pas abandonner notre Peuple.

Moroni le 24 septembre 2005

Saïd Larifou
Président du RIDJA