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Agence comorienne de presse (HZK-Presse) |
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Mesdames, Messieurs, |
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Le volcan tend à se calmer, mais reste toujours sous haute surveillance
Moroni, vendredi 25 novembre 2005 (HZK-Presse) – La situation est calme dans la capitale et les localités environnantes après une journée d’inquiétude provoquée l’entrée en éruption du Karthala, l’unique volcan de l’archipel des Comores encore en activité. L’éruption s’est produite entre minuit et 2 heures du matin, à l’intérieur de la caldeira, sous forme de dégagement d’un nuage dense qui a rapidement envahi les flancs centre-ouest et sud de l’île de la Grande-Comore. Une pluie de cendre grisâtre s’est abattue dès l’aube, notamment sur Moroni, et les villages situés sur un rayon d’une quinzaine de kilomètres, rendant la visibilité quasi nulle durant plusieurs heures ce vendredi. Cette éruption a plutôt surpris la population et même les techniciens de l’observatoire qui ne s’attendaient pas à une éruption imminente, déclarait Hamidou Soulé, malgré une certaine reprise d’activité ressentie par le sismographe depuis plus d’une semaine. Ce technicien comorien spécialisé en vulcanologie a précisé que seules trois des cinq stations d’observation installées à différents endroits de l’île pour suivre les mouvements du volcan ont pu fonctionner. Les autres ont subi des actes de vandalisme les rendant inopérantes, déplore-t-il. Ce qui vient de se produire dans la nuit de jeudi à vendredi est une réplique d’une précéde nte éruption volcanique de même nature qui avait eu lieu en avril dernier, sans gravité notoire, à l’exception du problème de l’eau potable qui se pose toujours dans la zone sinistrée, malgré les efforts louables de l’Unicef. Aujourd’hui, la cellule de crise sous la coordination de la gendarmerie, a déclenché le plan d’urgence en activant l’alerte orange et en appelant la population à rester calme. Les consignes sanitaires et de sécurité ont été globalement suivies, en dépit de quelques scènes de panique observées ici et là. Le Vice-président Caabi Elyachroutu Mohamed a sollicité « l’envoi à Moroni d’un spécialiste pour analyser l’évolution du volcan. » Il n’y a pas des dégâts matériels et aucune victime n’a été enregistrée. Néanmoins les médecins craignent l’émergence de certaines pathologies liées à l’inhalation de cette poussière d’origine volcanique, notamment des maladies respiratoires et pulmonaires. La prévention reste le seul moyen efficace de les éviter, souligne le Dr Issulahi Abdérémane. Beaucoup d’habitants interrogés par HZK-Presse déplorent l’absence d’équipements de protection, tels que les masques et autres cache-nez qui auraient pu être distribués à la population, surtout les enfants et les personnes âgées, qui sont les personnes à risques. Un représentant du croissant rouge français présent à Moroni a émis quelques recommandations utiles pour « limiter les conséquences de l’éruption sur la population. » Pour l’heure aucun mouvement de population n’a été constaté, et l’air est redevenu ce soir respirable à Moroni, sous un ciel assez dégagé. A l’observatoire du Karthala, on continue à suivre de près la situation et l’activité enregistrée au cours des dernières heures serait d’une amplitude jugée normale, mais selon Hamidou Soulé, « tout le monde doit rester vigilent car il s’agit d’un phénomène naturel, difficile à prévoir ». El-Had Said Omar 251105/eso/hzkpresse/11h00 |
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Envoi exceptionnel pour cause SOS Le volcan est entré en activité Moroni, vendredi 25 novembre 2005 (HZK-Presse) – Le volcan s’est réveillé depuis cette nuit à la Grande-Comore. Phénomène rarement observé, des cendres d’une épaisseur d’un centimètre recouvre une grande partie de l’île. Le villes et villages situé à un rayon de moins de 3 km du cratère la visibilité est nulle, a-t-on constaté tôt ce matin, notamment à Mvouni où la population a commencé à se déplacer vers des zones plus éloignées. Dans un premier communiqué publié cette nuit, la Commission de prévention et de gestion des catastrophes naturelles a déclanché l’alerte orange. Le commandant de gendarmerie Rafick Abdallah a effectué une tournée d’observation dans plusieurs régions et a déclaré que le phénomène reste sensiblement le même que celui qui a déjà eu lieu il y a quelques mois. A l’observatoire du Karthala, on fait savoir que des signes de reprise d’activité étaient enregistrés depuis quelques jours, mais d’une amplitude jugée faible et sans réelle gravité. A 6 heure du matin, Moroni s’est réveillée sous une fine couverture de cendres d’envir on un centimètre, et la visibilité reste assez faible. Pour le moment l’éruption du volcan se situe à l’intérieur du cratère. Aucune coulée de lave n’a été signalée nulle part. L’armée nationale de développement et la cellule de crise recommandent à la population de garder le calme et d’éviter de sortir de leur maison, compte tenu des risques d’inhalation de cette poussière émanant du volacan. Une fausse alerte lancée par une radio locale (Radio Océan indien), faisant état d’une coulée de lave dans la localité de Dzahadjou Hambou, à 10 km au sud de la capitale, a été vite démentie vers 10 h 30 par un journaliste présent dans le village. El-Had Said Omar 251105/eso/hzkpresse/11h00 |
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Comores: Accord de partenariat économique
avec l’Union européenne Moroni, vendredi 18 novembre 2005 (HZK-Presse) – Sous le haut patronage du ministre d'Etat chargé de l'Economie et du commerce extérieur, Maoulana Charif, s'est tenu à Moroni un séminaire de restitution d'une étude d'impact préalable aux négociations des Accords de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne (UE). Il s'agit d'une étude réalisée entre juin et août 2005, par le bureau SOGES basé à Bruxelles et un groupe d'experts nationaux engagés par le bureau comorien Horizons Conseils. Plusieurs fonctionnaires et acteurs du secteur privé y ont pris une part active, quelques jours après un autre atelier du même genre mais de dimension régionale, consacrée à la Zone de libre échange de la Communauté économique d'Afrique australe (COMESA). L'APE sera signé entre l'UE et le groupement d'intégration économique régional couvrant les pays d'Afrique orientale et australe (AFOA). C'est une étape cruciale de l'Accord de Cotonou signé en 2000, qui régit désormais les relations entre l'UE et les Etats ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) dans le but de préparer ces derniers à mieux s'intégrer dans l'économie mondiale. A la demande du gouvernement comorien, cette étude doit servir de base à la prise de décisions et d'engagements au plus haut niveau. Pierre Paris et Bernard Ancel, deux consultants internationaux, ont passé en revue les résultats de l'enquête et présenté la structure économique du pays. Une économie très dépendante des flux extérieurs, avec un secteur privé « faiblement structuré ». Selon eux, il faudra « réfléchir aux mesures d'accompagnement et rechercher les ressources de substitution, qui serviront de feuille de route aux futures négociations », sachant qu'une baisse des recettes douanières est inéluctable. Ces négociations sont menées à la fois au niveau national et régional. Présidés par Mme Zalhata Dahalane, les travaux du séminaire ont soulevé la problématique des avantages que peut en tirer un petit pays comme les Comores. Bernard Ancel, spécialiste en commerce international, a rappelé les grandes étapes des relations commerciales entre l'UE et les ACP, depuis l'accord de Yaoundé (1963) jusqu'à celui de Cotonou (2000) en passant par la célèbre convention de Lomé (1975). La plus grande innovation est sans doute l'initiative dite « tout sauf les armes » qui, depuis 2001, accorde aux pays du sud un libre accès au marché européen, par un régime douanier préférentiel, à l'exemple du modèle américain appelé initiative AGOA. Mais les APE n'ont véritablement commencé qu'en 2002 pour une période de 6 ans. Les Comores sont donc partie intégrante du groupe AFOA, une région complexe avec une multitude d'organisations sous-régionales (Comesa, Sadec, Coi, etc.). Le bilan des échanges entre l'UE et les ACP semble plutôt « décevant », la part des produits d'exportation du Sud continuant à baisser, avec 3,1% en 2002 contre 6,7% en 1976. Ce qui traduit une forte dépendance des ces pays vis-à-vis de l'Europe. L'Accord de Cotonou pose le principe de l'égalité des partenaires et de la participation de l'Etat et de la société civile, avec des engagements clairs en matière de respect des droits de l'homme. L'objectif est l'élimination de la pauvreté, la création d'une zone de libre échange et le lancement de nouveaux programmes de coopération technique conforme aux objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies et les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais pour l'expert de SOGES, « sans investissement dans les capacités des pays pauvres, ces derniers ne peuvent participer au développement du commerce mondial ». Membre du bureau Horizons Conseils, qui joue un rôle d'interface, Abbas Mahamoud précise que la tenue de ce séminaire vise à « préparer le pays à bien négocier son APE dans le cadre du groupe régional AFOA. La partie comorienne établira son propre calendrier en fonction de ses capacités et de son processus de développement. » En 2008 l'on aboutira à un démantèlement des barrières douanières, même les produits du sud bénéficient déjà du taux zéro dans le marché européen. Il importe surtout de créer de la valeur ajoutée. Pour le cas particulier des Comores, dont la part des exportations est marginale (vanille), on doit favoriser l'émergence d'un tissu économique capable de générer de nouvelles ressources alternatives, notamment dans les secteurs prioritaires du tourisme, de l'agro-alimentaire, de la pêche et des nouvelles technologies de l'information et de la communication (Ntic). Au cours des discussions, les participants ont soulevé le problème du dialogue entre l'Etat et le secteur privé, qui doit être institutionnalisé afin de créer un environnement favorable à l'investissement. Une structure de suivi des négociations serait même utile, suggère Hassane Mohamed, un opérateur économique, même s'il déplore les « changements trop fréquents des responsables au sein des administrations ». Said Abdou Salim, conseiller du ministre de l'Economie et expert en charge du dossier, rappelle quant à lui l'existence d'un « forum des techniciens du ministère et de la société civile » dont le but serait de « renforcer les capacités nationales en matière de négociation ». Un expert national du Pnud, Attoumane Boina Issa, fait observer un certain « décalage » entre les recommandations de l'étude présentée et le travail de réflexion déjà validé à travers le DSRP et les autres documents qui seront bientôt soumis à la Conférence de Maurice. Cela risque selon lui de faire « désordre ». Thierry Beaughon, chef du projet de l'étude d'impact, reconnaît un problème d'articulation avec les actions sectorielles validées dans le cadre du DSRP, mais il en sera tenu compte dans le rapport final. Quant aux retombées financières, le représentant du Pnud a posé la problématique des sources de financement acquis ou à rechercher, de façon à pouvoir envisager l'éligibilité du pays à d'autres financements additionnels potentiels. Il évalue la capacité actuelle d'absorption des fonds par les Comores à une moyenne de 13 milliards de francs comoriens par an, pouvant atteindre un niveau de 25 milliards après la conférence de Maurice, à conditions que les engagements pris se concrétisent (notamment la conclusion de la FSRP du Fonds monétaire international et l'initiative PPTE). Sur la base de quelques données indicatives, il ressorte de l'étude « une forte dépendance des recettes de l'Etat par rapport aux droits et taxes douaniers », à hauteur de 60% du budget total, une situation jugée incompatible avec l'élan de libéralisation mondiale du commerce. D'où l'urgence d'une réforme fiscale, orientée vers l'élargissement de l'assiette fiscale et destinée à compenser le manque à gagner prévisible dès 2008, en passant d'une fiscalité de porte à une fiscalité intérieure. Le séminaire a rappelé aussi les exigences de bonne gouvernance et de respect de la démocratie qui conditionnent de plus en plus les interventions de l'Union européenne. Toujours est-il que 30 ans après l'accord de Lomé, les pays ACP, y compris les Comores, n'ont pas su tirer avantage de la franchise accordée par le marché européen à leurs produits d'exportation. Qu'en sera-t-il en 2020 lorsque la zone de libre échange deviendra une réalité entre l'Union européenne et les pays de la zone Afrique australe et orientale ? El-Had Said Omar |
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« Ma sécurité n’est plus assurée »,
déclare le président de l’île autonome de Mwali Moroni, lundi 14 novembre 2005 (HZK-Presse) – Depuis ce week-end la tension est montée d’un cran sur l’île autonome de Mwali, suite à des arrestations opérées par la brigade de gendarmerie, et qui touchent essentiellement des personnes proches du pouvoir du chef de l’Exécutif de l’île, Mohamed Said Fazul. HZK-Presse a pu joindre par téléphone ce matin le Directeur de cabinet de la présidence de l’île, Fouad Mohadji, qui déclare se trouver « en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Fomboni depuis quelques jours ». Selon lui, « aucun motif » ne lui a encore été signifié, mais son interpellation ferait suite à « une plainte contre X déposée par l’ancienne épouse du lieutenant-colonel Mohamed Arifi », croit-il savoir. Le directeur de cabinet affirme qu’une liste de personnes a été « établie par le lieutenant-colonel Arifi, pour tenter de retrouver les auteurs les auteurs présumés d’un tract circulant dans l’île » et mettant en cause le chef local de l’armée national de développement (And). A 9 h 30, ce lundi 14 novembre, HZK-Presse a réussi à joindre le président Fazul, qui déclare être « personnellement menacé » et qu’il « ne se sentait plus en sécurité » car depuis hier les éléments de sa garde rapprochée se trouvaient dans l’incapacité de le protéger, pour avoir été « désarmés ». Le président Fazul désigne directement le lieutenant-colonel Arifi d’être « responsable de cette situation », suite à la publication d’un « tract dont il n’aurait pas apprécié le contenu ». Il affirme par ailleurs que la situation « ressemblait à un état d’urgence » dans l’île, avec « des arrestations abusives de presque tous le membres de mon cabinet depuis 3 à 4 jours », dit-il. M. Fazul accuse directement le procureur de la république d’être « de connivence avec le lieutenant-colonel Arifi ». Le président de l’île autonome de Mwali affirme avoir « alerté les représentants de la communauté internationale », et que ces derniers lui auraient demandé de « faire preuve de sérénité et de retenue ». Selon les dernières informations parvenues à HZK-Presse ce matin, la situation était calme à Fomboni, même si un climat d’incertitude semble gagner l’opinion publique. Mohamed Fazul, qui a été élu président de l’île, élu en mai 2002, aurait tenu informé ses homologues d’Anjouan et de Ngazidja de l’évolution de la situation. Ces événements interviennent alors que le chef de l’Etat, le colonel Azali Assoumani, se trouve en voyage à l’étranger. El-Had Said Said Omar 141105/eso/hzkpresse/9h30 |
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Faouzia, victime d'un incroyable
crime passionnel Moroni, mercredi 9 novembre 2005 (HZK-Presse) - Une jeune femme de 38 ans, mère de 6 enfants a été tuée ce mercredi à Moroni, dans le quartier de la Coulée de lave. Le meurtre a été commis à son domicile, par l'homme avec lequel elle a partagé sa vie depuis 13 ans. Selon les premiers éléments de l'enquête, Fekkak Abdelaziz aurait immédiatement reconnu être l'auteur du crime. Ce ressortissant marocain, né en 1967 à Douar Fouarat, est arrivé aux Comores en 1992 après son mariage avec Faouzia Abdou, qui l'avait rencontré une année plus tôt alors qu'elle effectuait un stage d'hôtesse de l'air au Maroc. Lui était mécanicien aérien. Le jeune couple, à peine installé à Moroni, s'est lancé avec succès dans les affaires, bénéficiant du soutien de les Tainamor, la famille de Faouzia. Il y a eu des hauts et des bas jusqu'à ce mercredi 9 novembre où tout a basculé, lorsque l'incroyable se produisit. Au cours d'une première conférence de presse, tenue dans la soirée, le procureur général, Jaffar Ahmed Said, entouré du capitaine Rafik Abdallah et du commissaire Abdoul-Kader Said, a déclaré « qu'une information sera ouverte et un juge d'instruction sera désigné pour instruire l'affaire ». Selon le magistrat, même si le prévenu est de nationalité étrangère, la justice sera faite par le tribunal de Moroni, conformément aux lois comoriennes. Néanmoins, les autorités marocaines ont déjà été officiellement informées par le gouvernement comorien, par la voie diplomatique d'usage, a-t-il assuré. D'après les investigations préliminaires effectuées par la gendarmerie, sur le lieu du crime, moins d'une heure après le drame, il semble établi que la jeune femme a été trouvée gisante, allongée à même le sol dans la chambre des enfants, baignant dans une marre de sang. Le corps de la victime porte une quinzaine de blessures par arme blanche, à la tête, aux bras, sur le dos et au niveau de la hanche. Le procureur confirme que la mort a été provoquée essentiellement par l'hémorragie qui a suivi les coups de machette portés sur la femme, en présence de deux de ses enfants, dont l'un traumatisé, appela au secours. Le caractère prémédité du crime ne fait pas de doute, affirme le procureur Djaffar Ahmed, qui précise que « l'auteur avait pris soin de verrouiller portes et fenêtres de la maison, après avoir auparavant dissimulé sous le lit l'arme du crime, acheté le jour même. » De sa cellule où il est placé en garde à vue, Fekkak Abdelaziz reconnaît son acte, semble-t-il, mais dit le regretter. A l'origine de ce drame familial, une dispute qui a mal tourné, mais peut-être aussi l'expression macabre d'une crise de jalousie qui avait poussé la jeune Faouzia à demander depuis deux ans le divorce. Un divorce que le mari jaloux refusait catégoriquement, avec des réactions hystériques de plus en plus fréquentes et menaçantes, croit savoir l'entourage de la victime. Le mobile invoqué repose sur la garde des enfants que Fekkak réclamait en contre partie d'un éventuel divorce. A priori, l'état psychologique du prévenu ne présente aucune anomalie pouvant expliquer un tel acte, l'homme serait même « conscient et lucide, exprimant une sorte de peur devant le risque de se voir infliger une peine de mort », fait remarquer le procureur général. Une peine capitale qui n'a d'ailleurs été appliquée aux Comores qu'à deux prisonniers de droit commun depuis l'indépendance en 1975. Quant à l'hypothèse d'une extradition de Fekkak Abdelaziz vers le Maroc, son pays d'origine, le magistrat comorien l'a exclu, estimant qu'il n'existe pas de convention en la matière entre les deux Etats. A une question sur les récentes expulsions de deux étrangers qui ont épousé des comoriennes, pour cause de conflit conjugal ou familial, le procureur répond qu'il vaudrait mieux « éviter toute amalgame à caractère xénophobe, ajoute-t-il, en laissant la justice suivre son cours. » Selon l'avocat de la famille de la victime, Me Fahmi Said Ibrahim, « il s'agit d'un crime crapuleux qui doit être jugé dans le cadre d'un procès exemplaire. » La défunte a été inhumée ce mercredi soir, en présence d'une foule nombreuse. El-Had Said Omar 091105/eso/hzkpresse/22h300 |
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Ngazidja se prépare à accueillir
ses ressortissants « clandestins » expulsés de Mayotte Moroni, jeudi 3 novembre 2005 (HZK-Presse) – L’appel des comoriens de Mayotte a eu une oreille attentive à Ngazidja. Les autorités de la grande île des Comores ont crée une commission pour parer à toute éventualité, suite à l’annonce faite à Mayotte d’une vague d’expulsions massives des clandestins originaires des trois autres îles de l’Union des Comores. C’est au cours d’une conférence de presse tenue à Moroni ce mercredi 2 novembre, que le gouvernement de Ngazidja, par la voix de son ministre de la sécurité intérieure, Mohamed Chafiou, a annoncé la mise en place de cet organe. Son objectif est de préparer l’accueil des grands-comoriens en « situation irrégulière » qui seraient menacés d’expulsion par les autorités mahoraises. Elle aura aussi comme tache de s’enquérir de l’évolution de la situation dans cette quatrième île de l’archipel des Comores demeurée sous administration française au lendemain de l’accession du territoire à l’indépendance. « Il s’agit d’une commission d’accueil et non d’insertion », précise le ministre de l’intérieur de Ngazidja. Mohamed Chanfiou affirme aussi que « toutes les mesures seront prises pour faciliter le retour de ses citoyens ». Cette commission sollicitera la participation des responsables au plus haut niveau de l’Etat mais aussi des préfets et des maires, qui sont les mieux placés pour reconnaître les natifs des différentes régions. Cette décision du gouvernement de Mzé Soulé Elbak fait suite au voyage que son ministre de l’intérieur a effectué la semaine dernière sur l’île de Mayotte. Les autorités de Ngazidja justifient ce voyage par « l’immobilisme » du gouvernement de l’Union. Mohamed Chanfiou était accompagné par un conseiller à la présidence de l’île. « Les conditions de détention à Mayotte des comoriens des trois îles sont insupportables. Ils sont enfermés dans des endroits indescriptibles », se plaint le conseiller du président Elbak qui a fait le déplacement. Pendant leur séjour dans l’île au lagon, la délégation de Ngazidja a pris contact avec plusieurs responsables de cette île érigée par le gouvernement français en « collectivité départementale ». Ces rencontres avec les autorités mahoraises, notamment le président du conseil général, a permis au ministre d’obtenir la version des uns et des autres sur les faits qui se sont produits en septembre dernier à Mayotte. Selon lui, les avis sont partagés. « Tout le monde n’a pas la même analyse des récents événements », affirme le ministre de l’intérieur. La délégation de l’île de Ngazidja a pu rencontrer les comoriens en « situation irrégulière » regroupés en coordination. Selon Mohamed Chanfiou, cette structure travaille d’arrache pied pour recenser les comoriens des trois îles présents à Mayotte. Après ces différentes réunions dans l’île, le ministre de la sécurité intérieure de Ngazidja n’est pas convaincu sur les raisons qui ont provoqué cette « chasse à l’homme » contre les personnes supposées en situation irrégulière. « J’ai compris que c’est plutôt une question politique. Certains élus comme le député Mansour Kamardine veulent en tirer des intérêts électoralistes », croit savoir le ministre de l’intérieur. Quant au nombre exact des ressortissants comoriens non mahorais présents dans l’île, il n’est pas encore connu. Ils seraient « très nombreux » dit-on. Selon les estimations disponibles, anjouanais, grand-comoriens et mohéliens peuvent totaliser 50.000 âmes à Mayotte, croit savoir un membre de la délégation. « Malheureusement, on n’a pas pu rencontrer certains hauts responsables de l’île car cela ne relève pas de notre compétence », conclut Mohamed Chanfiou. Ahmed Abdallah Source: Agence comorienne de presse (HZK-Presse) |
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Interview du Chef du Bureau de l’Union africaine à Moroni
« la table ronde est une composante du
processus de réconciliation nationale », déclare l’ambassadeur Mourad
Taiati.
Mourad Taiati : Il faut d’abord
souligner l’importance de la table ronde des donateurs en faveur des
Comores, qui aura lieu à Maurice le 8 décembre prochain. Connaissant
l’importance de cette rencontre, l’Union Africaine (Ua) est entrain de
mobiliser tous ses efforts pour qu’elle soit un succès. Nous considérons
que la table ronde est une composante du processus de réconciliation
nationale. L’Ua étant l’artisan de l’architecture institutionnelle
actuelle, nous pensons qu’il est nécessaire d’accompagner le processus par
un cadre de soutien économique et social.
réalisation : AhjaProd) |
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Dossier économique de la semaine Le Tourisme, un secteur promoteur Préparé par Ahmed Ali Amir
Moroni, mardi 25 octobre 2005 (HZK-Presse) – La tradition rapportée depuis la nuit des temps raconte que le roi Salomon et la reine Bilqis de Saba (appelée Sada au Yémen septentrionale) ont passé leur voyage de noces à sur l’île de Ngazidja (Grande-Comore). Eperdument amoureux, le couple a escaladé le volcan Karthala et la reine jeta sa bague dans le cratère, promettant de revenir un jour sur ces lieux magiques et aux paysages lunaires. Aucun guide ne peut présenter les Comores aussi bien que par cette légende immuable. Le tourisme est sans nul doute un secteur d’avenir pour les Comores, pourvoyeur d’emplois stables et à fortes recettes fiscales. Nos voisins immédiats, les Seychelles, Maurice, Madagascar, ont une avance de 20 ans. Une avance qui peut se rattraper si le pays met tous les atouts à son avantage. L’expérience l’a prouvé, le tourisme attaché jadis aux loisirs, touche désormais l’ensemble des activités liées au déplacement du touriste. Il ne suffit donc pas d’avoir les meilleurs sites au monde, les cuisines les plus raffinées, les mets plus succulents pour attirer le touriste. Le tourisme est un tout et le client s’informe sur le pays, sa beauté, son histoire, ses infrastructures, avant de songer à y mettre pied. Le touriste d’aujourd’hui n’et pas l’étranger en mal d’exotisme, qui s’émerveille au coucher du soleil. C’est une personne avertie, à la recherche de produits touristiques de qualité, à moindre coût. Il est à la fois exigeant sur la qualité et la sécurité, les infrastructures routières et de télécommunications, sur l’existence des centres hospitaliers de référence, capables de prendre en charge les cas les plus extrêmes et des liaisons aériennes fiables, ponctuelles, assurées par des compagnies aériennes de renom. La recherche des cultures nouvelles, la découverte des lieux uniques, des vestiges du passé, des œuvres d’art ou des espèces rares de la faune et de la flore, n’est plus l’apanage des riches. Le tourisme est devenue l’affaire des classes moyennes et si aucune étude sérieuse n’est menée pour évaluer les déplacements des Comoriens eux-mêmes, dans leur propre territoire, on découvrirait que le premier touriste à attirer est le citoyen des îles lui-même. Dépensier, le comorien est en constante recherche des havres de paix et de bonne gastronomie. La récente virée maritime d’une heure de temps proposée par le bateau « Le dauphin » fut un succès commercial. Les réservations de l’hôtel « Galawa Beach » par les résidents des îles prouvent que la demande interne est plus forte et que l’offre ne suit pas les exigences de ce nouveau client, le plus proche. Penser tourisme aux Comores ne signifie pas vendre des sites et construire des hôtels. En recherchant les services du bureau « Interface Tourism » pour élaborer son plan de stratégie, le pays a frappé à la bonne porte, pour espérer présenter un projet susceptible de toucher le cœur et les bourses des investisseurs, invités à la conférence des bailleurs le 8 décembre à Maurice. Car le tourisme d’aujourd’hui doit se plier aux exigences de la diversification et de l’entrecroisement des activités recherchées. Le divertissement, la découverte liés aux voyages d’affaires, les congrès, les séminaires, les salons, tout comme les voyages de simulation qui englobent les épreuves sportives ou ludiques, les activités culturelles sont minutieusement présentés au client d’aujourd’hui, « multiple et exigeant. » Le tourisme peut jouer rôle éminemment majeur dans le développement des « Îles de la lune ». Mais ce secteur souffre de politique fédérateur entraînant un manque criant d’investissements adaptés.
Un tourisme sans conséquences environnementales
L'écotourisme ou tourisme vert est un tourisme écologique à explorer dans le cas des Comores. Profiter de la nature, des paysages ou d'espèces particulières, ce tourisme se veut sans conséquences environnementales et se propose de contribuer au bien-être des populations locales. Il représente un moyen très puissant pour valoriser la biodiversité. Le parc marin de Nioumachoua à Mohéli, bordés d’îlots de rêve, est le foyer de plusieurs espèces uniques au monde. Sur l’île survivent et se croisent les majestueux chauve-souris Levingston et les lémuriens. Sur les plages, les populations locales suivent, dans le silence des nuits étoilées, le spectacle quasi-rituel de la ponte des œufs des tortues géantes, les danses et les chant s de baleines aux deux crépuscules… De associations à Mohéli souhaitent le développement d’un écotourisme, répondant aux impératifs du développement durable. Développer le tourisme et conserver la nature n’est pas chose aisée. Tout projet conçu pour l’île de Mohéli se doit de protéger les écosystèmes, en fournissant des emplois aux populations locales, en partageant les retombées économiques avec les communautés locales, en les impliquant dans la gestion de la protection de leur nature, de leur environnement. En Grande-Comore, l’île de sable blanc, le plus vieux fossile vivant au monde, le cœlacanthe évolue en groupe dans les eaux profondes. Quotidiennement, les dauphins et les baleines en bande évoluent près des côtes et font des Comores, une destination touristique singulière, prisée. A Anjouan, l’île aux mille parfums et couleurs, abonde de sites de villégiatures, sur les montagnes bordés d’arbres d’ylang-ylang et de jasmin. L’Ile regorge de petites rivières qui coulent en permanence et se jettent à la mer. Mayotte avec son lagon, unique au monde, offre un jardin aquatique de coraux multicolores, propices aux plongées sous-marines. Chaque île a ses caractéristiques particulières et seule une politique fédérateur peut créer des activités complémentaires.
La population locale doit tirer profit du développement du tourisme
Le flux touristique enregistré des arrivées sur les trois îles ne parvient pas à dépasser les 25.000 (18.702 entrées en 2002, 20.572 en 2003 et 23.298 en 2004). Ce flux est marqué par les visites familiales qui avoisinent les 13 500 en 2004 (9.472 en 2002 à 11.315 en 2003) pendant que les visites d’affaires et les transits reculaient respectivement de 3,5% et 15,3%. Galawa-Beach, l’hôtel de référence a fait l’objet de spéculations après sa fermeture et a servi de Datcha des apparatchiks des pouvoirs. Ce grand hôtel, intégré dès son ouverture dans les années 80, dans le circuit de « Sun international » a permis au tourisme de loisir de trouver un hôtel à vocation touristique disposant les capacités d’accueil. Les deux hôtels de capacité d’accueil moyenne, « Le Moroni » et « Royal Hôtel », en activité depuis 2 ans et demi ont permis d’améliorer l’activité du secteur, enregistrant une hausse de plus de 11%. En classant les pays pourvoyeurs de touristes aux Comores, la France se situe au premier rang, suivie de l'Afrique du Sud et de l'Allemagne.
De l’avis des spécialistes, les Comores sont peu connues des organismes de voyage. Chaque pays, produit pourtant ses propres guides de tourisme et appuie les revues spécialisées. Des offres gratuites sont offertes par les collectivités territoriales qui font la promotion de leurs infrastructures touristiques, à charge aux tours opérateurs de produire les catalogues de leurs destinations. Les Comores possèdent les sites et les caractéristiques les plus attrayants au monde : mer turquoise et chaude, jardins multicolores de coraux, plages de sable blanc bordées de cocotier, brise parfumé de jasmins et d’ylang-ylang, pontes de tortues, une flore et une faune contenant des espèces uniques au monde. Ces atouts touristiques sont portés par le sourire et l’hospitalité légendaire des hommes et femmes qui y vivent. Les Comores, pays de « sultans batailleurs », a une riche histoire qui a laissé ses empreintes dans les villages historiques : des forteresses dressées, des médinas aux ruelles-labyrinthe, les vieux palais des sultans, des splendides mosquées... La tradition du grand mariage coutumier, les us religieux, les pratiques des confréries donnent à ce pays un mélange étonnant, un pays aux milles secrets. Avec en tout et pour tout 500 chambres d'hôtels, les Comores, avec des atouts touristiques indéniables sont encore loin de pouvoir partager les recettes générées par le tourisme dans le monde ou dans la région. Le tourisme d'agrément constitue la première motivation avec près de 60,2% du total, les visites familiales représentent 24,5% et les voyages d'affaires 13% du total. Le Galawa beach l'un des joyaux touristiques de l'océan indien en matière de confort et de services, a fermé plusieurs fois ses portes, après le départ de la chaîne sud-africaine, “Sun international”. Sa reprise pourrait sortir du chômage près 480 personnes et remettre en activité plus de 1000 autres qui avaient conclu de contrat de fournisseurs… (Commerçants, pêcheurs, agriculteurs, agences de voyages, transports…). Développé et mis en valeur, le tourisme pourrait rapporter en l'an 2005 près de 22,25 millions de dollars dont 13,25 pour le marché international, 8,25 millions pour le marché régional et 1,75 millions pour le marché national. On estime que les activités touristiques pourraient employer 0,3% de la population. A moyen terme, les statistiques démontrent que d'ici 2008, le tourisme pourrait générer des recettes sur le marché international de l'ordre de 22,6 millions de dollars, 12,75 pour le marché régional et 1,75 pour le marché national et pourrait employer près de 0,5% de la population, soit 25.000 personnes. Mais le tourisme ne peut se développer sans une école de formation nationale, englobant toutes les formations du domaine (cuisinier, service communications et marketing…). Dans presque tous les pays en voie de développement, le tourisme joue un rôle économique primordial et la balance de paiement s'en ressent. Pour beaucoup d'entre eux, le tourisme représente une source de revenus substantiels. Les îles Maldives ou les Bermudes en tirent pratiquement la seule source de recettes extérieures. Il faut par contre ne pas négliger les leçons tirées par les pays insulaires touristiques. Si l'activité touristique peut être synonyme de devises et d'emplois pour les pays d'accueil, l'économie et la population locale n'en tirent pas toujours profit. Les devises servent souvent à payer les importations de marchandises nécessaires au confort des touristes (denrées, boissons, équipements divers...) et les bénéfices sont rapatriés au titre du profit légitime des entreprises touristiques étrangères. Maîtrisé, bien pensé, respectueux de l'environnement et des écosystèmes, le tourisme peut constituer un potentiel économique pour les Comores. En marge du 3ème sommet de la Commission de l’Océan indien, qui s’est tenu à Madagascar le 22 juillet dernier, le président Azali Assoumani s’était entretenu avec son homologue seychellois, James Michel, sur le renforcement des relations bilatérales, et particulièrement dans le domaine du tourisme. Le colonel Azali lui aurait fait part de son intention de se rendre à Mahé (la capitale) pour s’enquérir sur place de l’expérience seychelloise dans le secteur du tourisme et de la pêche.
Dossier préparé par Ahmed Ali Amir
251005/aaa/hzkpresse/12h00 |
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Azali maintient la hausse
des prix à la pompe, sauf pour le pétrole lampant, mais annonce d’autres
mesures… Moroni, jeudi 29 septembre 2005 (HZK-Presse) – Alors que le conflit social commençait à montrer des signes d’enlisement, au bout d’une longue semaine de bras de fer, le président Azali Assoumani est enfin monté au créneau pour s’adresser à la nation ce jeudi à 20 heures, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires ainsi que des représentants du corps diplomatique et des organisations internationales réunis au palais de Beit-Salam. Dans son allocution radiodiffusée, le chef de l’Etat comorien a tenu à apaiser une population plongée « dans le désarroi et le doute », reconnaît-il, suite aux récents événements provoqués par la hausse vertigineuse du prix des produits pétroliers, que son gouvernement a mis en vigueur depuis le 22 septembre dernier. Revenant d’un voyage de trois semaines à l’étranger, le colonel Azali a découvert un climat social très tendu, une économie paralysée et une administration déserte, qui semblent l’avoir interpellé pour qu’il trouve avec son gouvernement « des solutions urgentes et appropriées ». Il dit avoir reçu et « compris » le message. Tout en exprimant sa « profonde douleur » pour la mort d’un manifestant, le chef de l’Etat attribue la responsabilité des événements à un « dérapage incontrôlable » de l’action de certains syndicats avec des complicités politiques. Le colonel Azali a félicité ses anciens frères d’armes de l’Armée nationale de développement (And) « dont le professionnalisme, dit-il, a permis de mettre fin à l’anarchie ». Son discours a appelé la population « à la sérénité » et « à faire preuve de patience et de retenue », même si, prévient-il, les auteurs des actes de vandalisme commis lors des récents événements seront « recherchés, jugés et punis par la loi ». Selon lui, la hausse du prix des produits pétroliers à l’origine du mouvement de protestation de ces derniers jours, fait partie « des mesures courageuses allant dans le sens des objectifs » du gouvernement, mais « l’explication et la concertation n’ont pas été suffisantes » pour convaincre l’opinion, regrette le président Azali. Alors que les consommateurs attendaient l’annonce d’une suspension des hausses, le colonel Azali a décidé de réviser uniquement celui du pétrole lampant, en le ramenant à son prix initial de 175 fc à la pompe. Les hausses du prix de l’essence (+40%) et du gasoil (+71%) sont donc maintenues . Mais après une série de consultations avec les responsables et techniciens proches du dossier, le chef de l’Etat a pris des initiatives qui ont abouti à des mesures d’accompagnement à court et moyen termes, dont la plus importante est la baisse de 40% du taux des taxes douanières sur tous les produits, à l’exception du tabac, des boissons alcoolisés et du riz de luxe. La seconde mesure annoncée par le colonel Azali sera la baisse de 50% de la taxe unique prélevée sur le riz populaire, applicable dès la prochaine cargaison. Le prix au consommateur pourrait aussi diminuer de 20%, ajoute-t-il, « après négociations avec les importateurs ». Le chef de l’Etat déclare inscrire son action en dehors de la « démagogie » et de tout « populisme », ce qui ne l’a pas empêché pas d’user d’un effet d’annonce, sous les applaudissements de l’assistance, en promettant « la paie de deux mois de salaire à l’ensemble des fonctionnaires », et ce avant le mois de ramadan, qui débute la semaine prochaine. Quant aux tarifs préférentiels consentis habituellement à certains secteurs stratégiques (Ma-Mwe, boulangeries, entreprises de concassage), ils restent inchangés. Mais au-delà des mesures concrètes annoncées ce soir, pour espérer calmer la tempête sociale et regagner la confiance de ses concitoyens, le président Azali a axé son discours sur les trois principales échéances qui l’attendent avant la fin de son mandat (avril 2006) et dont il se fait un point d’honneur. Il s’agit de « la réussite du programme de référence signé avec le Fonds monétaire international », « le succès de la table ronde des pays donateurs » et « l’organisation d’élections présidentielles libres et démocratiques ». Trois rendez-vous déterminants que s’est fixé son gouvernement à travers la feuille de juillet dernier. Face au tarissement de l’aide extérieure et la mévente des produits de rente, tel que la vanille, et compte tenu de la flambée des cours mondiaux du pétrole, le président de l’Union fonde beaucoup d’espoir sur le fameux « Document de stratégie de réduction de la pauvreté » conçu pour servir de « cadre de développement pour les cinq années à venir ». Le message à la nation a finalement pris les allures d’un discours programme, avec la volonté affichée du président d’associer les parlementaires et les partenaires sociaux au débat du secteur énergétique, dans le cadre du vote du budget 2006. Interrogé par HZK-Presse juste après le discours du chef de l’Etat, le ministre d’Etat et Directeur de cabinet à la présidence, Houmed Msaidié confirme la conclusion d’un protocole d’accord avec le syndicat des taxi et transports en commun (Usukani wa masiwa), fixant une augmentation de 100 fc sur l’ensemble des tarifs. El-Had Said Omar |
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Le président Azali
s’adresse ce soir à la population, après une semaine d’agitation sociale
contre la hausse du prix des carburants Moroni, jeudi 29 septembre 2005 (HZK-Presse) – Une semaine après le déclenchement d’un vaste mouvement de protestation contre la hausse du prix des produits pétroliers, qui a plongé l’île de Ngazidja (Grande-Comore) dans une quasi-paralysie de l’appareil économique et administrative, une certaine reprise des activités est perceptible dans la capitale, au cours des dernières vingt quatre heures. Le mouvement serait-il entrain de s’essouffler comme le disent déjà certains observateurs ? En jetant l’éponge, dès mardi soir, suite à l’échec de leur 4ème round des négociations avec le gouvernement, et sous l’effet dissuasif des fameuses « réquisitions », le collectif des syndicats et des opérateurs économiques a démontré les limites de son action, qui ne pouvait s’éterniser dans la même dynamique, face à une pression gouvernementale devenue plus coercitive. Dans un entretien exclusif qu’il a accordé ce matin à HZK-Presse, le ministre d’Etat chargé de l’Economie et du commerce, Maoulana Charif, justifie la procédure « musclée » engagée par le gouvernement de réquisitionner un certain nombre de stations service, boulangeries, magasins et établissements bancaires. Des réquisitions dont l’exécution est assurée la gendarmerie. Pour le ministre, « il ne s’agit pas d’un forcing », mais la situation exigeait « qu’un service minimum soit assuré dans des secteurs jugés vitaux, en attendant l’issue des négociations en cours ». Ce matin c’est au tour de la Banque du Commerce et de l’industrie (Bic, du groupe Bnp Paribas) d’exécuter l’ordre « de reprendre immédiatement ses services », notifié par une réquisition signée « au nom de la loi » par ministre de l’Economie, assurant l’intérim de son collègue des Finances en mission à Washington. Maoulana Charif invoque l’urgence de « répondre aux besoins quotidiens de la population », notamment pour le cas des produits carnés et le pain. Il se montre plutôt optimiste quant à l’issue des négociations qui, selon lui, « se poursuivent avec les opérateurs économiques et les syndicats ». Refusant toute rupture des pourparlers, le ministre affirme que le gouvernement « privilégie toujours le dialogue et s’y maintient ». Quant aux mesures d’accompagnement envisagées, elles seraient en cours de finalisation, mais c’est le Chef de l’Etat lui-même qui aura la primeur de les annoncer ce soir, dans son allocution radiodiffusée très attendue par la population. El-Had Said Omar |
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« Les sacrifices sont
inévitables pour tous et à tous les niveaux », lance le Directeur de
cabinet à la présidence de l’Union Moroni, mercredi 28 septembre 2005 (HZK-Presse) – Suite à l’échec des négociations annoncé hier soir par le Collectif des syndicats et organisations professionnelles, faute d’un compromis avec le gouvernement sur la hausse des prix des carburants, le ministre d’Etat chargé des relations extérieures et ancien patron de la puissante société comorienne des hydrocarbures (Sch), Abdou Soefo a tenu ce mercredi matin une conférence de presse commune avec le Directeur de cabinet à la présidence de l’Union, Houmed Msaidié. Au nom du gouvernement central, les deux conférenciers ont tenté de convaincre l’opinion sur la nécessité de prendre en compte plusieurs facteurs dans l’établissement de la structure des prix. Pour Abdou Soefo, « il ne s’agit pas seulement d’intégrer les variations des cours mondiaux du pétrole, mais aussi de mener une réflexion sérieuse sur le caractère stratégique du secteur énergétique dans notre pays » qui a une forte incidence sur l’ensemble des activités économiques. Les hausses décidées par le gouvernement s’inscrivent, selon lui, dans un contexte particulier où l’Etat est soumis à « des contraintes financières qui limitent sensiblement ses propres capacités budgétaires à assurer son fonctionnement. » Rejetant en bloc les accusations des syndicats et des opérateurs économiques, Abdou Soefo estime « qu’il n’y a aucune exagération dans cette hausse » de plus de 40% et 71% sur l’essence et le gasoil. Le directeur de cabinet du chef de l’Etat reconnaît que « les gens traversent des conditions de vie difficiles », et que le gouvernement est disposé « à amortir le choc provoqué par ces hausses », mais l’Etat a des échéances importantes à tenir vis-à-vis de ses partenaires extérieurs, pour espérer obtenir leur concours. « Nous n’avons même pas les moyens financiers d’organiser les prochaines élections », prévient-il. Houmed Msaidié s’étonne que le gouvernement de l’île autonome de Ngazidja se retire de la table de négociations, alors qu’il « est partie prenante du processus » engagé auprès du Fonds monétaire internationale (Fmi), en tant qu’institution de l’Etat, « au même titre que le gouvernement de l’Union, des Assemblées de l’Union et des Iles, de la Cour constitutionnelle, etc. » Le ministre des relations extérieures affirme que toute solution durable sera à rechercher dans la préservation de l’intérêt nationale, en demandant plus d’efforts à la population. Mais s’il faut exiger des sacrifices dans tous les secteurs d’activités, le Directeur de cabinet suggère de « commencer par les institutions publiques qui doivent se concerter à leur niveau, pour en évaluer d’abord l’impact avant de demander aux opérateurs économiques leur part de sacrifices. » La démarche aurait donc échoué par la faute de l’Exécutif de l’île, accusé de renier « les engagements pris avec le Fmi, dont l’Aide-mémoire de la dernière mission nous oblige tous à respecter les objectifs à atteindre d’ici la fin 2005 », y compris le réajustement des prix des produits pétroliers. Insinuant des rumeurs prêtant au chef de l’Etat l’intention de vouloir retarder le processus de la tournante, Houmed Msaidié répond que « le colonel Azali ne sera pas candidat en avril 2006, car il l’a dit lui-même et parce qu’il ne pourra pas l’être ». Toujours est-il que trois jours après son retour du sommet de New York, l’opinion attend avec impatience que le président de la république fasse une déclaration à ses concitoyens. De source gouvernementale, un message à la nation serait prévu pour le jeudi soir. El-Had Said Omar |
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« l’Armée joue son rôle
et n’obéit qu’à la légalité », déclare à la presse le commandant de la
gendarmerie nationale Moroni, mercredi 28 septembre 2005 (HZK-Presse) – L’Etat major de l’Armée nationale de développement (And), prenant sans doute la mesure du climat social et de son évolution, a décidé de sortir de sa réserve habituelle pour livrer son appréciation des événements, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue dans la soirée de ce mardi 27 septembre. Le commandant de la Gendarmerie, Ismaila Mognidaho, en présence du Chef d’Etat-major de l’And, le colonel Soilih (alias Campagnard), reconnaît que l’institution militaire souffre encore d’un déficit de communication, ce qui rend parfois difficile l’accomplissement de ses missions, surtout en période de troubles sociaux, avec « un effectif et des moyens insuffisants face à des manifestants plus nombreux et souvent incontrôlables ». Selon lui, « le rôle de l’armée n’est pas de réprimer mais de prévenir ». Abordant l’actualité brûlante, le conférencier fait état d’investigations qui sont en cours pour retrouver les auteurs présumés d’actes de « grand banditisme », soupçonnés d’avoir profité du climat social actuel, pour se livrer à des « menaces physiques, pillages, destruction de biens publics et privés, etc. ». Il s’agirait selon les enquêtes préliminaires d’individus « porteurs de cagoules », activement recherchés pour répondre de leurs actes, confirme l’Etat-major. Le numéro un de la gendarmerie nationale réfute toutefois l’accusation selon laquelle l’armée n’aurait pas assuré la protection des résidences de hautes personnalités, dont celle du Vice-président Ben Massound qui avait l’intérim du Chef de l’Etat. La gendarmerie était présente mais « en nombre insuffisant, reconnaît-il, face à une foule plus nombreuse et incontrôlable ». Trois appartements officiels ont été entièrement pillés et endommagés dans la journée du samedi 24 septembre. Concernant les bavures devenues fréquentes lors des opérations de maintien de l’ordre, le chef de la Gendarmerie tente de relativiser, en expliquant qu’aux Comores, comme dans d’autres pays, « les forces de l’ordre s’adaptent en fonction de la situation sur le terrain ». Pour le cas précis de l’And, le commandant Ismaila Mognidaho rappelle qu’elle est constituée par différents corps, dont la gendarmerie qui, en matière d’ordre public, « intervient en premier lieu, avant le recours à une force de 2ème catégorie selon la gravité de la situation ». D’où, vraisemblablement, les risques de dérapages avec notamment l’usage d’autres type de matériel plus ou moins adaptés. L’usage de balles réelles ne serait donc pas un choix délibéré, compte tenu des munitions disponibles notamment en gaz lacrymogène. Quant au chef d’Etat-major, il estime que l’opinion se fait « une image de l’armée qui n’est pas conforme à la réalité », alors que l’Etat ne lui donne pas toujours les moyens d’accomplir efficacement ses missions, et de citer l’exemple du « budget d’équipement de l’And qui est de zéro franc ». C’est la coopération internationale qui pallie à ces besoins, notamment la République populaire de Chine, ajoute-t-il. A propos du débat actuel sur la loi relative à la Force de sécurité intérieure pour Ngazidja, le commandant Ismaila Mognidaho déclare qu’à leur niveau ils se préparent à sa mise en place, mais seuls les professionnels en la matière sont à même d’y parvenir. L’Armée nationale de développement est née en 1996 d’une fusion entre la Gendarmerie fédérale et la Force comorienne de défense (Fcd), à l’initiative du président Mohamed Taki Abdoulkarim, au lendemain de son élection à la présidence de la République. El-Had Said Omar 280905/eso/hzkpresse/9h00 |
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« les nouvelles institutions coûtent trop cher », déclare le ministre d’Etat chargé des Finances et du budget de l’Union
Moroni, mercredi 7 septembre 2005 (HZK-Presse) – Le ministre d’Etat en charge des Finances et du budget du gouvernement de l’Union, Oubeidi Mzé Chei, a convié ce mercredi l’ensemble de la presse pour un premier bilan de son action, deux mois après sa nomination. Au cours de cet entretien, le ministre des finances a tenté de convaincre l’opinion sur un certain nombre de dossiers cruciaux, notamment les arriérés de salaires des fonctionnaires, la pension des retraités, la vanille, le budget 2006 et la conférence des partenaires. Pour le ministre des finances de l’Union, contrairement à son collègue de l’île de Ngazidja, les difficultés financières actuelles ont commencé dès le début de l’année. Il affirme que « s’il y a eu dérapage budgétaire, l’origine serait le paiement d’arriérés de 2004 à partir des recettes de 2005, ce qui a complètement faussé les prévisions pour l’année en cours ». D’autres explications peuvent aussi justifier selon lui les contre-performances du premier semestres 2005, notamment « la baisse des recettes publiques, engendrée par la mévente de la vanille, la longue pénurie de ciment, la chute des importations ainsi que la flambée du prix du pétrole ». Mais à en croire M. Oubeidi, au-delà de ces facteurs conjoncturels, le véritable goulot d’étranglement serait « le coût insupportable des nouvelles institutions ». Il se demande « pourquoi l’Etat a pu payer régulièrement les fonctionnaires entre 1999 et 2003 et pourquoi cela n’est plus possible aujourd’hui » ? Le ministre cite les chiffres de « 36 ministres, 88 députés avec toutes les charges salariales et de fonctionnement qui viennent s’ajouter à la masse salariale de 10.000 fonctionnaires » dont seulement 4.000 seraient à ce jour informatisés par la FOP, précise t-il, avec une masse salariale passée de 11 à 14 milliards. Le ministre des Finances de l’Union se dit « choqué par l’augmentation injustifiée du coût de la vie », en prenant l’exemple du riz ordinaire dont le prix de revient serait de 120fc alors qu’il est vendu au consommateur à 300fc le kilo, or l’Etat n’en tire que 60 fc de taxe. Le ministre suggère le rétablissement du contrôle des prix des produits de première nécessité afin selon lui de préserver le pouvoir d’achat, à l’approche du ramadan, dans un contexte marqué par l’annonce d’une série de mesures drastiques et impopulaires, telle que la réduction des salaires du secteur public. Concernant la taxe unique des hydrocarbures, le ministre reconnaît que les prévisions budgétaires sont totalement faussées par la conjoncture, la dernière cargaison serait même vendue à perte, ce qui rend inéluctable une révision à la hausse du prix actuel du carburant, prévient-il. A propos des 4 milliards de francs de recettes à partager que les autorités de l’Union n’auraient pas versées à la Banque centrale, le ministre Oubeidi dément catégoriquement cette accusation en expliquant que les recettes prévues au titre des IBD et dividendes des sociétés d’Etat « ont été déjà en partie réinvesties dans des projets d’infrastructure », en citant le cas du téléphone portable, de l’université et de la nouvelle centrale électrique, « financés entièrement sur fonds propres ». Concernant le Budget 2006, le ministre affirme que « le cadrage se poursuit dans la bonne voie » et un projet sera discuté avec la mission du Fmi attendue à Moroni ce jeudi. Il affirme toutefois qu’une « harmonisation de la nomenclature budgétaire sera nécessaire pour toutes les entités » ainsi qu’une réforme de l’assiette fiscale devenue indispensable pour plus d’équité sociale. Pour le ministre Oubeidi, qui a longtemps servi comme expert national en finances publiques, se montre plutôt optimiste en déclarant à la presse que « la situation présente de bonnes perspectives, mais le temps est trop court pour mener à bien toutes les réformes entreprises » par son gouvernement, un sentiment qui contraste avec l’analyse alarmiste faite la veille par son homologue Younoussa Assoumani qui, lors d’une conférence de presse, a clairement accusé les autorités de l’Union de mener « une politique d’asphyxie financière » contre l’île de Ngazidja. A une question sur le coût des nombreuses missions effectuées à l’extérieur par les autorités de l’Union, l’argentier du gouvernement d’Azali s’est contenté d’exprimer un « souci d’économie » évoqué en conseil des ministres, visant à réduire les déplacements aux seules missions essentielles. A propos des privatisations, le ministre des Finances affirme que le processus est lancé, notamment pour la Société nationale des postes et télécommunications (Snpt) dont le chiffre d’affaires passerait de 10 milliards en 2004 à 12 milliards en 2005. Quant à la libéralisation du secteur bancaire comorien, M. Oubeidi s’est félicité de l’ouverture prochaine de la deuxième banque commerciale de la place, une filiale du Crédit Lyonnais, probablement vers le 20 décembre 2005. Un troisième établissement (la Eximbank) serait actuellement en négociation, confirme-t-il. Ce qui laisse présager la fin d’un monopole de fait, détenu depuis plus de deux décennies par la Banque de l’Industrie et du commerce (Bic) du groupe français Bnpi, dont la Direction soutenait encore la thèse qu’il n’y aurait pas de place pour une seconde banque aux Comores. Concernant le dossier épineux de la vanille, le ministre des Finances de l’Union a annoncé la tenue le 13 septembre prochain d’une mini table-ronde de tous les opérateurs de la filière, en présence de la mission du Fmi, pour dégager une solution à la crise qui frappe durement le secteur depuis 2003. El-Had Said Omar
070905/eso/hzkpresse/22h00 |
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le ministre des Finances de l’île autonome de Ngazidja dénonce le non versement de 4 milliards par le pouvoir central
Moroni, mardi 6 septembre 2005 (HZK-Presse) – Le ministre des Finances de l’île autonome de Ngazidja, Younoussa Assoumani, a tenu ce mardi 6 septembre une conférence de presse exclusivement consacrée à la situation financière actuelle. Décidé à passer à l’offensive, quelques heures avant l’arrivée d’une importante mission du Fonds monétaire international (Fmi), l’argentier de l’île a clairement désigné les autorités de l’Union comme seules responsables de la crise financière et budgétaire actuelle. Pour Younoussa Assoumani, « il n’y a pas de crise financière en réalité, mais une volonté délibérée du pouvoir central d’entretenir un climat de crise sociale à des fins inavouées ». Il se demande « où sont passé les 4 milliards de francs comoriens encaissés par l’Union au 30 juin 2005 et non versés au compte spécial de la Banque centrale », un compte destiné à recevoir les recettes à partager entre les différentes entités. Le ministre des finances de l’île autonome de Ngazidja avance même le chiffre de 6 milliards de francs au titre de l’impôt sur les bénéfices divers (Ibd) et les dividendes des sociétés d’Etat, qui seraient selon lui « bloqués par l’Union en dehors du circuit budgétaire prévu par la loi des finances ». Si le ministre Younoussa se garde d’accuser de malversation le pouvoir du président Azali Assoumani, il réitère la demande d’un audit immédiat sur la gestion des finances publiques du premier semestre 2005, car selon lui c’est « la seule manière de rétablir la confiance et la transparence ». Cet audit a été sollicité en juillet dernier par les ministres des finances des îles autonomes de Ngazidja, Ndzouani et Mwali, à l’issue d’une rencontre commune et en réponse à la lettre qui leur a été adressée le 25 juillet par le nouveau ministre d’Etat chargé des Finances et du Budget de l’Union, Oubeidi Mzé Chei. L’argument avancé par les autorités de l’Union pour justifier les difficultés de trésorerie actuelles reposait sur la multiplicité des nouvelles institutions dont la charge financière devient insupportable pour l’Etat, selon la lettre du Ministre Oubeidi Mzé Chei. Mais, à en croire son collègue de l’île de Ngazidja, cet argument ne tient pas car si le budget de l’Etat est passé de 15 milliards en 2002 à 24 milliards en 2005, on constate une augmentation des recettes de l’ordre de 10 milliards, alors que les nouvelles institutions de Ngazidja et de Mwali absorbent moins de 2 milliards en salire, fait remarquer le ministre Younoussa Assoumani. Les performances réalisées dans la période de janvier à mars 2005 auraient pu se poursuivre, suite à l’évaluation satisfaisante fait en avril par le Fmi, mais le ministre des fiances de l’île de Ngazidja fait observer devant la presse que depuis le mois de mai, « les recettes versées dans le compte spécial ont commencé à baisser de façon vertigineuse sans explication et sans fondement ». La raison invoquée par l’argentier du gouvernement d’Elbak serait « une opacité totale sur la gestion de la collecte des recettes à partager », et d’épingler les autorités de l’Union de drainer des fonds dans « des circuits hors budget pour créer une situation conflictuelle entre les fonctionnaires et les autorités insulaires ». A la veille de l’arrivée tant attendue de la mission d’évaluation du Fmi, le ministre des finances de l’île de Ngazidja estime que toute signature d’un véritable programme avec le Fmi « devra se faire sur des bases saines et transparentes ». Pour lui, Ngazidja reste victime d’une « politique d’asphyxie financière », dont est responsable le gouvernement de l’Union qui refuserait de promulguer et d’appliquer les lois votées par l’Assemblée. Une assemblée qui pourrait être saisie, selon le ministre Younoussa, pour créer « une commission d’investigation financière » dès sa prochaine session, pour faire toute la lumière sur cette situation. Comme pour calmer les esprits des dirigeants syndicaux, qui appellent à une nouvelle grande manifestation ce jeudi 8 septembre, le ministre des Finances de Ngazidja lance le défi de payer immédiatement deux mois de salaires, à condition que l’Union débloque les 800 millions qu’elle doit verser à l’île, sur les 4 milliards supposés collectés mais non versés à la Banque centrale entre janvier et juin 2005. Pour lui, il s’agit d’une volonté du pouvoir central d’entretenir « une crise financière artificielle » dont le but serait de « torpiller le processus de la tournante en cours ». Un sujet politique hautement sensible que l’argentier du gouvernement d’Elbak n’a pas voulu aborder, même s’il a tenu à confirmer la position de son gouvernement sur les récents événements de Mohéli, en dénonçant « les manœuvres de déstabilisation des autorités de l’Union ». El-Had Said Omar
060905/eso/hzkpresse/18h00 |
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Les ministres des finances des îles autonomes réclament un audit financier sur l’exécution budgétaire du premier semestre 2005
Moroni, lundi 15 août 2005 (HZK-Presse) – Dans un document intitulé « Evaluation du premier semestre budgétaire 2005 », signé le 12 août dernier par les ministres des finances des Iles autonomes de Ngazidja, Ndzouani et Mwali, et dont HZK-Presse a pu se procurer une copie, les autorités de l’Union sont directement mises en cause dans « la contre-performance du recouvrement des recettes budgétaires et l’accumulation des arriérés de salaires 2005 ». Ce document qui serait envoyé au Fonds monétaire international, tente d’apporter des éléments de réponse aux questions qu’a soulevé la lettre du 25 juillet dernier, adressée aux ministres des finances des Iles autonomes par le tout nouveau ministre d’Etat chargé des Finances et du Budget de l’Union, Oubeidi Mzé Chei. Les ministres Ahmed Said Madi de Mwali, Douclin Mahamoud de Ndzouani et Dr Younoussa Assoumani de Ngazidja rejettent en bloc la « Note d’information sur la situation des recettes à partager » qui leur a été destinée, et selon laquelle « la situation des recettes et de la masse salariale deviennent inquiétantes et pourraient même perturber la viabilité de nos institutions ». Pour les trois ministres, c’est « le refus catégorique des autorités de l’Union de coopérer pleinement avec les délégués des îles autonomes » qui a entravé le fonctionnement des Conseils de Direction des douanes et des Impôts (CDD et CDI), organes chargés de veiller à la sécurisation des recettes publiques et de préparer les textes législatifs censés être adoptés à la dernière session parlementaire. Concernant les mesures préconisées par le Programme de référence, les ministres des îles autonomes font porter l’entière responsabilité du retard au gouvernement de l’Union, en citant pour exemples la non application de la loi organique du 1er mars 2005 relative à la répartition des compétences, la persistance des « pratiques opaques de passation de marchés publics », la mise en œuvre tardive des mesures en matière salariale et de réforme de la fonction publique, etc. Chiffres à l’appui, les ministres des îles tentent de démontrer que leurs gouvernements respectifs s’en tiennent aux « repères quantitatifs » du budget 2005, notamment l’accroissement des recettes publiques, la réduction de la masse salariale et une maîtrise des effectifs de la Fonction publique. Le document a confronté les données fournies par les relevés des comptes des différentes entités (îles et Union) ouverts à la Banque centrale, avec les décomptes de différents services de recouvrement des douanes et des impôts, pour arriver à la conclusion qu’il existe « des risques de dérapage du programme de surveillance si la situation actuelle devait persister, plus particulièrement la contre-performance du recouvrement des recettes budgétaires et l’accumulation des arriérés de salaires 2005 », préviennent les signataires. Il ressort de l’évaluation m | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||