Presse

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Travelling sur la presse écrite comorienne

Histoire de la presse comorienne

Les difficultés de la presse Comorienne, financement, lectorat restreint, liberté d'expression, mainmise des pouvoirs...

L'Organisation Comorienne de la Presse Ecrite (OCPE)

 
Résumés de dépèches d'agences

 
Le président Azali promet d`aider les médias comoriens
 
 

Radio
les stations de radio

 

Télévision
les chaines de télévision

Inauguration de la Télévision Nationale Comorienne
  
 Divers

La liberté de la presse aux Comores en 2002 (Rapport RSF)

La liberté de la presse aux Comores en 2004 (Rapport RSF)
 

 

 

Media : Presse, Radio, Télévision
Rapport 2002 de Reporters Sans Frontières
Comores

-  Superficie : 2 170 km2. -Population : 706 000. -Langue : comorien, français. -Nature de l'Etat : république fédérale.

Comores - Rapport annuel 2002

Une fois encore, en 2001, les journalistes indépendants de l'archipel ont subi la répression du colonel Azali Assoumani, au pouvoir depuis 1999. Sur l'île d'Anjouan, la situation est également très préoccupante.

Le contexte politique et économique des Comores est peu favorable au développement d'une presse libre et indépendante. Les autorités surveillent toujours de très près le travail des journalistes et sautent sur la moindre occasion pour interpeller et condamner les plus critiques d'entre eux. Par ailleurs, la faiblesse du pouvoir d'achat et la rareté des annonceurs potentiels asphyxient économiquement les médias.

Dans une tentative de régulation de la presse, le procureur de la République annonce, dans une note adressée aux directeurs de journaux le 22 septembre 2001, la mise en place d'un système de "déclaration préalable" et de dépôt légal pour les publications, avant la mise en vente des exemplaires.

Anjouan, qui a déclaré unilatéralement son indépendance en 1997, a connu trois coups d'Etat ou tentatives dans l'année. Les rares médias de l'île essaient de survivre malgré un contrôle très strict des autorités locales et des sources de financement quasiment réduites à néant. Le 27 août, la radio publique d'Anjouan est fermée pendant plusieurs heures lors d'une tentative de coup d'Etat fomentée par une vingtaine de soldats de la garde présidentielle, opposés à la sécession de l'île.

Deux journalistes incarcérés

Au 1er janvier 2002, au moins un journaliste est incarcéré aux Comores.

Le 10 novembre 2001, Izdine Abdou Salam, directeur de la station privée Radio Karthala, est interpellé par la gendarmerie de Moroni. Deux jours plus tard, il est placé sous mandat de dépôt au parquet. Izdine Abdou Salam serait accusé de "diffamation". Son arrestation intervient après la diffusion, sur les ondes de Radio Karthala, d'un débat contradictoire sur le projet de Constitution soumis à un référendum le 23 décembre 2001. Plusieurs intervenants avaient sévèrement critiqué le texte à l'antenne. Les cassettes de l'émission ont été saisies par la gendarmerie. Izdine Abdou Salam était déjà sous le coup d'une condamnation pour "diffamation" envers le Premier ministre, et le tribunal lui avait interdit de présenter des programmes politiques.

Le 14 juin 2001, Cheikh Ali Cassim, directeur de la radio privée Tropic FM, est condamné à quatre ans de prison, dont quatorze mois ferme pour "détention illégale d'armes". Il est libéré le 11 octobre. Le journaliste, qui est également un ancien député, était emprisonné à Moroni depuis le 15 août 2000. Tropic FM a continué d'émettre pendant la détention de son directeur.

Deux journalistes interpellés

Le 2 août 2001 au matin, Allaoui Saïd Omar, directeur de publication de La Gazette des Comores, et Omar Badaoui, reporter de la même publication, se présentent à la gendarmerie de Moroni, suite à une convocation. Les deux hommes sont immédiatement placés en garde à vue et passent la nuit dans une cellule. On leur reproche la publication d'un article intitulé "Trafic de faux billets : des membres du cabinet du Colonel seraient impliqués". L'article précise que "le secrétaire général de la présidence, M. Mahamoud dit Lamartine, devrait être convoqué incessamment à la police". Celui-ci envoie aussitôt un droit de réponse à la rédaction dans lequel il affirme avoir déposé une plainte contre le journal pour "diffamation". Le lendemain, les deux journalistes sont remis en liberté provisoire en attendant le jugement. Le 4 octobre, une première audience a lieu au tribunal de Moroni. Le président refuse à l'avocat de la Gazette des Comores l'autorisation de plaider. Le directeur de l'hebdomadaire décide de ne pas assister à l'audience. Les journalistes écopent d'une peine de six mois de prison avec sursis et doivent s'acquitter d'une amende de 50 000 francs comoriens (environ 100 euros). Allaoui Saïd Omar est également l'un des membres fondateurs de l'Association comorienne des droits de l'homme (ACDH).

Pressions et entraves

Le 15 mars 2001, lors de la première audience d'un procès opposant Allaoui Saïd Omar, directeur de publication de La Gazette des Comores, au président du parti Shawiri (proche du parti au pouvoir), Mahamoud Mradabi, l'avocat réunionnais du journaliste, Me Saïd Larifou, est expulsé de la salle et placé en garde à vue à la gendarmerie de la capitale. "Le président a refusé ma constitution dans une affaire de délit de presse (…) Suite à mon insistance, il a ordonné mon évacuation", raconte, quelques jours plus tard, Me Larifou dans une lettre au bâtonnier de Saint-Pierre de la Réunion. L'avocat est libéré en fin de journée sans aucune explication. Allaoui Saïd Omar est poursuivi en justice devant le tribunal de première instance de Moroni par Mahamoud Mradabi, qui exige 10 millions de francs comoriens (environ 20 000 euros) de dommages et intérêts. Le journaliste avait publié, le 8 mars, un communiqué de l'Union de l'opposition comorienne à Paris. Ce texte demandait que M. Mradabi soit "déféré devant les juridictions compétentes" pour son implication dans des détournements de fonds et des malversations supposés. Le communiqué ajoutait également : "Allié aux mercenaires, Mradabi est aussi séparatiste : lors de la manifestation du 9 mars 1999 (…), il a montré son véritable dessein qui se résume en ces mots : violence, haine, racisme et défense d'intérêts personnels." Le 19 avril, la plainte est retirée, suite à un accord négocié par les avocats des deux parties. Le 5 septembre, le ministre délégué chargé de la Communication annonce le licenciement d'Ahmed Ali Amir, journaliste de l'hebdomadaire gouvernemental Al-Watwan. Ce dernier est accusé de sympathies pour l'opposition. Le journaliste avait écrit, quelques jours auparavant, un article sur "l'état du processus de réconciliation" aux Comores qui avait particulièrement déplu aux autorités militaires.

 



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