Presse

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Travelling sur la presse écrite comorienne

Histoire de la presse comorienne

Les difficultés de la presse Comorienne, financement, lectorat restreint, liberté d'expression, mainmise des pouvoirs...

L'Organisation Comorienne de la Presse Ecrite (OCPE)

 
Résumés de dépèches d'agences

 
Le président Azali promet d`aider les médias comoriens
 
 

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Inauguration de la Télévision Nationale Comorienne
 
 Divers

La liberté de la presse aux Comores en 2002 (Rapport RSF)

La liberté de la presse aux Comores en 2004 (Rapport RSF)
 

 

 

Media : Presse, Radio, Télévision
Travelling sur la presse écrite aux Comores

(Article de 2000)
La situation de la presse écrite dans l'archipel n'est pas reluisante. Le marché est étroit, 600 000 habitants au pouvoir d'achat très inégalement réparti, le bouche à oreille et les média audiovisuel sont plus prisés, enfin il existe peu de concurrence entre les acteurs économique d'où une faible demande en espace publicitaire. De plus la séparation administrative entre l'île française de Mayotte et les trois autres îles a segmenté ce marché, ce qui fait qu'aujourd'hui les principales publications comorienne et mahoraise que sont Al-Watwan et Kwezi sont introuvables en kiosque ailleurs que dans leurs îles d'origine, mais heureusement grâce au Web, ces titres commencent à trouver une audience internationale.

Néanmoins, dans la seule RFIC, c'est plus d'une quarantaine de périodiques qui ont vu le jour depuis l'indépendance; rares sont ceux qui ont survécu. L'histoire de la presse écrite dans l'archipel c'est l'histoire de journalistes talentueux, de tentatives infructueuses, de pressions politiques et de solides subventions.

On peut tout d'abord distinguer les publications de la diaspora, oeuvres comoriennes éditées à l'étranger. Les trois qui circulent le plus sont apparues avec la sécession anjouanaise. Elles comportes entre deux et huit pages au format A4, leur diffusion est très limitée dans les îles. Il s'agit de Démocratie Info, bulletin d'information de l'association SOS Démocratie (militant pour les droits de l'homme), de Ndzuani, bulletin d'information de l'île d'Anjouan, d'obédience séparatiste et conçu en grande partie à Mayotte et enfin de Masiwa ya Komori, dont les responsables militent pour l'unité des Comores. Il faut aussi citer une initiative inédite des comoriens de Marseille avec un mensuel en couleurs pour 10ff : Comores Mag qui aborde des sujets d'actualité sociale et culturelle.

A Mayotte on retrouve différents bulletins d'information et petits tirages tel que le mensuel Lisez-moi, l'excellent magazine trimestriel Mila na Taheri qui nous fait découvrir la culture mahoraise et revivre son histoire et enfin, et surtout, Kwézi.

Cet hebdomadaire qui a fêté ses trois ans en février dernier, est passé à deux tirages par semaine à l'automne 1998 alors que s'annonçait l'arrivée d'une édition Mayotte du quotidien réunionnais le Journal de Île (publication du groupe Hersant). Le JIR constituait la deuxième tentative d'introduction d'un quotidien à Mayotte, dix ans auparavant, Mayotte Matin n'avait paru que quelques mois. Mais la concurrence n'a pas duré et les réunionnais se sont retiré. En trois ans, deux autres hebdos avaient du aussi cesser leurs activités : Le journal de Mayotte et L'Insulaire.

Kwézi, largement subventionné il est vrai, ne profite pas moins des libertés que lui confèrent les lois françaises. Ce qui ne vas pas de soit si l'on considère la petite taille de la société mahoraise et l'influence que possèdent certains élus locaux. Cette liberté de ton en fait un bon organe d'information qui souffre tout de même un peu du manque d'une concurrence stable.

En matière de liberté, la situation dans le reste de l'archipel est toute autre. Selon les époques le lecteur peut profiter de diverses publications irrégulières et/ou éphémères. Certaines se distinguent. Citons le mensuel anjouanais Ushababi qui a du se taire en 97 pour cause de sensibilité anti-séparatiste, Tsasi, l'organe du Parti Républicain, Mlezi, du Syndicat National des Professeurs ou encore Simbo, mensuel de la culture comorienne, entièrement subventionné par le programme culturel bantou de l'Union Européenne et qui dans son numéro 5 en novembre dernier, lançais un SOS à ses lecteurs pour que se poursuive l'aventure alors que le programme de financement arrivait à terme.

Deux journaux méritent plus d'attention. Le premier, Al-Watwan parce qu'il est le plus vieux, le second l'Archipel parce qu'il est le plus coriace (et corrosif aussi).

Le premier numéro d'Al-Watwan est paru le 6 juillet 1985 (10ème anniversaire de l'indépendance). L'état paye les journalistes, fourni le local et un budget de fonctionnement et jusqu'à l'année dernière la coopération française fournissait du matériel : l'offset de l'imprimerie nationale (actuellement fermée), informatique, photo, et de la formation au personnel. Depuis la coopé s'est officiellement retirée et le journal bénéficie d'aide ponctuelles du PNUD ou du gouvernement chinois. Son statut explique pourquoi ses journalistes se sont rarement montré critiques vis à vis de l'actualité politique. Seul pendant le règne de Djohar, durant la "guerre des gendres", plus ou moins attachés à l'un ou l'autre des enfants les journalistes affichaient leurs sensibilités dans leur articles. La semaine dernière, Al-Watwan publiait son 574ème numéro, cinq feuilles A3 agrafées qui font état à la une de la rencontre prometteuse entre le chef de l'état et le ministre yéménites des affaires étrangères. Le reste des articles sont tout aussi "positivistes". Même si l'on veut croire que tous vas changer, que le pays repart du bon pied, on aimerais par exemple avoir des nouvelles de ceux qui l'on ruiné.

Enfin on ne peux évoquer la presse comorienne sans parler de l'Archipel, que son unique rédacteur (depuis 94), Aboubacar M'Changama, sous titre en souriant : journal à vocation hebdomadaire qui sort quand il peut. Ancien d'Al-Watwan, Abou, en collaboration avec Kamal Eddine Saindou (aujourd'hui au Kwézi) sort le numéro 0 en septembre 88, il est aussitôt interdit. Le numéro 1 parait en juin 89, réinterdiction. Ce n'est qu'après la mort du président Abdallah et le départ des mercenaires en février 90 que les parutions deviennent régulières sans aucune aide extérieure. En 98, Abou a pu éditer 7 numéros, 1 en 99 et le numéro 176 est prêt, mais , faute de moyens, il y a fort à parier qu'il se périme avant d'avoir informé qui que ce soit. Entre manque de public et pressions politiques, la presse comorienne a fort à faire pour se trouver un second souffle.

Reno. 2000