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Media
: Presse, Radio, Télévision |
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Travelling sur la presse
écrite aux Comores |
(Article de 2000)
La situation de la presse écrite dans
l'archipel n'est pas reluisante. Le marché est étroit, 600 000 habitants au pouvoir
d'achat très inégalement réparti, le bouche à oreille et les média audiovisuel sont
plus prisés, enfin il existe peu de concurrence entre les acteurs économique d'où une
faible demande en espace publicitaire. De plus la séparation administrative entre l'île
française de Mayotte et les trois autres îles a segmenté ce marché, ce qui fait
qu'aujourd'hui les principales publications comorienne et mahoraise que sont Al-Watwan et
Kwezi sont introuvables en kiosque ailleurs que dans leurs îles d'origine,
mais heureusement grâce au Web, ces titres commencent à trouver une audience
internationale.
| Néanmoins, dans la seule RFIC, c'est plus
d'une quarantaine de périodiques qui ont vu le jour depuis l'indépendance; rares sont
ceux qui ont survécu. L'histoire de la presse écrite dans l'archipel c'est l'histoire de
journalistes talentueux, de tentatives infructueuses, de pressions politiques et de
solides subventions. On peut tout d'abord distinguer
les publications de la diaspora, oeuvres comoriennes éditées à l'étranger. Les trois
qui circulent le plus sont apparues avec la sécession anjouanaise. Elles comportes entre
deux et huit pages au format A4, leur diffusion est très limitée dans les îles. Il
s'agit de Démocratie Info, bulletin d'information de l'association SOS Démocratie (militant
pour les droits de l'homme), de Ndzuani, bulletin d'information de l'île d'Anjouan, d'obédience
séparatiste et conçu en grande partie à Mayotte et enfin de Masiwa ya Komori, dont les
responsables militent pour l'unité des Comores. Il faut aussi citer une initiative
inédite des comoriens de Marseille avec un mensuel en couleurs pour 10ff : Comores Mag qui aborde
des sujets d'actualité sociale et culturelle. |
A Mayotte on retrouve différents bulletins
d'information et petits tirages tel que le mensuel Lisez-moi, l'excellent magazine
trimestriel Mila na Taheri qui nous fait découvrir la culture mahoraise et revivre son
histoire et enfin, et surtout, Kwézi. Cet
hebdomadaire qui a fêté ses trois ans en février dernier, est passé à deux tirages
par semaine à l'automne 1998 alors que s'annonçait l'arrivée d'une édition Mayotte du
quotidien réunionnais le Journal de Île (publication du groupe Hersant). Le JIR constituait la deuxième
tentative d'introduction d'un quotidien à Mayotte, dix ans auparavant, Mayotte Matin n'avait
paru que quelques mois. Mais la concurrence n'a pas duré et les réunionnais se sont
retiré. En trois ans, deux autres hebdos avaient du aussi cesser leurs activités : Le journal de Mayotte et
L'Insulaire.
Kwézi,
largement subventionné il est vrai, ne profite pas moins des libertés que lui confèrent
les lois françaises. Ce qui ne vas pas de soit si l'on considère la petite taille de la
société mahoraise et l'influence que possèdent certains élus locaux. Cette liberté de
ton en fait un bon organe d'information qui souffre tout de même un peu du manque d'une
concurrence stable. |
| En matière de liberté, la situation dans le reste de
l'archipel est toute autre. Selon les époques le lecteur peut profiter de diverses
publications irrégulières et/ou éphémères.
Certaines se distinguent. Citons le mensuel anjouanais Ushababi qui a du se taire en 97
pour cause de sensibilité anti-séparatiste, Tsasi, l'organe du Parti Républicain,
Mlezi, du Syndicat National des Professeurs ou encore Simbo, mensuel de la culture
comorienne, entièrement subventionné par le programme culturel bantou de l'Union
Européenne et qui dans son numéro 5 en novembre dernier, lançais un SOS à ses lecteurs
pour que se poursuive l'aventure alors que le programme de financement arrivait à terme. Deux journaux méritent plus d'attention. Le premier, Al-Watwan
parce qu'il est le plus vieux, le second l'Archipel
parce qu'il est le plus coriace (et
corrosif aussi). |
Le premier numéro d'Al-Watwan est paru le 6 juillet 1985
(10ème anniversaire de l'indépendance). L'état paye les journalistes, fourni le local
et un budget de fonctionnement et jusqu'à l'année dernière la coopération française
fournissait du matériel : l'offset de l'imprimerie nationale (actuellement fermée),
informatique, photo, et de la formation au personnel. Depuis la coopé s'est
officiellement retirée et le journal bénéficie d'aide ponctuelles du PNUD ou du
gouvernement chinois. Son statut explique pourquoi ses journalistes se sont rarement
montré critiques vis à vis de l'actualité politique. Seul pendant le règne de Djohar,
durant la "guerre des gendres", plus ou moins attachés à l'un ou l'autre des
enfants les journalistes affichaient leurs sensibilités dans leur articles. La semaine
dernière, Al-Watwan publiait son 574ème numéro, cinq feuilles A3 agrafées qui font
état à la une de la rencontre prometteuse entre le chef de l'état et le ministre
yéménites des affaires étrangères. Le reste des articles sont tout aussi
"positivistes". Même si l'on veut croire que tous vas changer, que le pays
repart du bon pied, on aimerais par exemple avoir des nouvelles de ceux qui l'on ruiné. |
Enfin on ne peux évoquer la presse comorienne
sans parler de l'Archipel, que son unique rédacteur (depuis 94), Aboubacar M'Changama,
sous titre en souriant : journal à vocation hebdomadaire qui sort quand il peut. Ancien
d'Al-Watwan, Abou, en collaboration avec Kamal Eddine Saindou (aujourd'hui au Kwézi) sort
le numéro 0 en septembre 88, il est aussitôt interdit. Le numéro 1 parait en juin 89,
réinterdiction. Ce n'est qu'après la mort du président Abdallah et le départ des
mercenaires en février 90 que les parutions deviennent régulières sans aucune aide
extérieure. En 98, Abou a pu éditer 7 numéros, 1 en 99 et le numéro 176 est prêt,
mais , faute de moyens, il y a fort à parier qu'il se périme avant d'avoir informé qui
que ce soit. Entre manque de public et pressions
politiques, la presse comorienne a fort à faire pour se trouver un second souffle.
Reno. 2000
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