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Atelier DRSP - Discours de
Moroni |
Atelier National de
Validation du DSRP Intérimaire
Moroni, le 13 mai 2003
Discours de Vincent da Cruz,
Représentant la Banque mondiale
Vos
Excellences, chers Amis et Collègues, Mesdames, Messieurs bonjour.
Beaucoup d’entre nous étions à Anjouan lors du
premier atelier de validation du DRSP quand M. Fengler de la Banque mondiale a
prononcé un discours. Il s’est alors étonné que les autorités des Comores ne
semblent pas réaliser l’ampleur de la crise que ce pays traverse. Il a fait
des remarques sur le grand nombre de ministres qu’a ce pays. Il s’est étonné
de l’argent dépensé pour les voitures et voyages officiels, alors que des
villages dans ce pays luttent pour obtenir des services de base ou ne sont
même pas accessibles par la route.
Permettez-moi de reprendre deux points dans ce
qu’il a dit :
Nous sommes réunis ici pour parler du Document
de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté. En le lisant, j’ai
été surtout frappé par deux choses :
La première est que ce document donne
l’impression que les Comores se trouvent sur le chemin d’une réduction de la
dette et vers un appui budgétaire de ce programme de réduction de la pauvreté.
C’est faux ! Les Comores ne sont pas sur ce chemin. Les Comores en sont très
loin. Sur une liste de quinze critères pour arriver à une remise de la dette,
les Comores n’en remplissent aujourd’hui à peine que deux. Qu’est ce que cela
veut dire pour le DSRP ? Cela veut dire que si vous voulez formuler une
stratégie réaliste de réduction de la pauvreté, il faudra y inclure un
scénario qui ne compte sur aucun appui budgétaire des bailleurs.
La deuxième chose, c’est que le DSRP m’apparaît
comme un très bon document technique, qui est un peu bureaucratique, mais
surtout une vision sans grande passion. Est-ce que nous nous sommes posé les
questions qui passionnent les Comoriens ? Est-ce que nous nous sommes posé les
vraies questions ?
Aujourd’hui nous allons parler du secteur privé.
Permettez-moi de poser quelques questions :
Pourquoi est-ce qu’on n’arrive même pas à
produire un stylo ou un carnet de notes aux Comores ? Pourquoi est-ce que l’on
préfère importer plutôt que de faire sur place ? Pourquoi est-ce que les
investisseurs ne viennent pas ici ? Pourquoi est-ce que l’on accepte la
corruption de la douane, alors que chaque douanier qui se met de l’argent dans
sa poche le vole aux Comoriens, mais empêche aussi la création des entreprises
ici.
Le DSRP est un bon début, mais pour le mettre en
œuvre il faudra des réponses aux grandes questions de ce pays. Et après les
réponses les solutions. Et après les solutions les actes, car c’est sur les
actes que l’on vous jugera. Qui va vous juger ? Ce ne sera pas la Banque
mondiale, ni le PNUD, l’AFD ou les autres bailleurs. Ce seront vos enfants et
vos petits enfants, qui dans quelques décennies vous demanderont
« qu’avez-vous fait ? Qu’avez-vous fait, quand vous étiez responsables pour ce
pays ? ». Personne ne se souviendra alors du Document de Stratégie, mais
j’espère de tout cœur que les résultats seront là.
Je vous souhaite bon courage.
Merci.
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