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Mzé AZIR
 

La Religion aux Comores

Mzé AZIR mise à jour 05/12/2005

Mzé AZIR
Traditionaliste et mystique Comorien du XXème siècle
Mzé Azir est né entre 1910 et 1915 à Itsinkudi, dans la région du Washii aux Comores.
C’est dans le quartier de Halembé-Bandarini, près de l’hôpital du village, qu’il a vu le jour.

Il appartient à 1’Inya Mlalidju ya Fedezi.

Sa forte propension vers l’Islam et sa pratique rigoureuse de la religion musulmane lui conféraient un charisme certain.

Adepte et membre de la confrérie soufi de la Twarika Shadhuli emmené alors par El Maarouf, Mzé Azir n’a cessé de prêcher autour de lui l’amour de Dieu.
C’est ainsi qu’il s’est rendu dans les îles environnant Ngazidja. Alors âgé de 20 ans, il est allé sur l’île de Madagascar. Une destination fortement empruntée à l’époque.
Vers la fin du 19ème et au début du 20ème siècle beaucoup de Comoriens se rendaient sur la côte-Est africaine, notamment à Zanzibar et surtout sur cette grande île de l’océan Indien. Un pays auquel les quatre îles de Mayotte, Anjouan (Ndzuwani), Mohéli (Mwali) et la Grande Comore (Ngazidja) étaient rattachées sous le Protectorat français. Le jeune comorien, accompagné de sa femme Halima — une fille originaire de Bahani-Itsandra - a débarqué à Mahajanga.

La ville de la région sakalave au nord-Ouest de l’île rouge était l’un des principaux points d’accueil de la diaspora comorienne. Mû comme par son instinct mystique, Mzé Azir — partout où il se rendait — faisait construire des lieux de prières. Des mosquées, il en a fait construire dans son sillage. C’est ainsi qu’on peut aujourd’hui en retrouver dans les villages d’Antsu ou encore de Soilaka.

Aux Comores, il a également fait construire des mosquée à Chouani, à Seléhani-Hamahamet ou à Ivembéni. Il a également fait édifier le minaret de Farsi. Personnage singulier, Mzé Azir est un mélange d’ingénieur, de meneur de chantier et de contemplatif religieux en perpétuel action. Avec sa compagne Halima, il s’est installé chez Amada Chinois, un notable et politicien de Mahajanga. Aux côté de ces hommes, il y avait également Said Cheik Soeuf, cadi de la métropole de l’Ouest et natif comme lui d’Itsinkudi. En somme, bien qu’arrivé en terre étrangère, le jeune couple n’était pas complètement à l’étranger.

Après vingt cinq années passées à Madagascar Mzé Azir est revenu s’installer aux pays de ses ancêtres: les Comores.

L’expérience accumulée sur la grande île rouge, lui a permis d’avoir un regard plus distancié sur les coutumes de la société comorienne.

Sans jamais les rejeter, sans jamais nier leur existence, il a essayé de montrer aux habitants de son villages que parfois il fallait raison garder sur telle ou telle situation. Dans le village d’Itsinkudi, on raconte encore comment il s’était mis une partie du village à dos pour avoir demandé à des jeunes d’abattre des cocotiers qui étaient parvenus jusque dans les maisons. Ces derniers posaient un double problème. D’une part, certaines personnes avançaient que les arbres étaient leur propriété. Mais comment trancher quand ces mêmes arbres pénétraient dans les habitats d’autres particuliers? D’autre part, ces arbres représentaient un véritable danger autant pour la voie publique que dans les maisons. Comment prévenir d’un incendie ou encore d’un accident, si ces arbres à la proximité douteuse n’étaient pas coupés? Mkarafu, l’un des jeunes du village les plus fort physiquement et Ahmadi Ali ont décidé de suivre la décision de l’aîné.

Mzé Azir ne faisait pas toujours l’unanimité par ses choix, mais nul ne contestait sa sagesse. Le sage d’Itsinkudi n’avait pas peur de défier les décisions de la communautés. Cela il ne le faisait jamais par ostentation ou par défis, mais par souci d’équité et de justice. Le natif du quartier de Halembé Bandarini était également reconnu pour posséder des dons de voyance où simplement être un visionnaire.

Les jeunes l’appréciaient beaucoup pour sa sagesse. Ils considéraient également qu’ils voulaient améliorer le sort du village. Outre le premier coup de pioche qu’il a donné pour lancer les travaux de la grande mosquée d’Itsinkudi, Mzé Azir était respecté par tous. Sa notoriété dépassait le seul cadre de la communauté villageoise. Ayant voyagé dans l’ensemble de l’archipel et en dehors ses amis étaient forts nombreux. Ils appréciaient sa simplicité et sa profonde connaissance de la religion et aussi de l’histoire des Comores.

Traditionaliste réputé, sa parole était très recherché. Des quatre coins de Ngazidja, on venait chercher sa présence et sa connaissance. Pour la rédaction de l’ouvrage d’histoire «Inya Fwambaya, Inya Matwa Pirusa, histoire d’une lignée royale aux Comores », les chercheurs n’avaient pas hésité à venir recueillir son Savoir. Homme d’esprit et d’action, qui a parfois pu heurter certaines sensibilités conservatrices de son époque, Mzé Azir reste un exemple pour le peuple comorien du fait de ses qualités.

C’est pourquoi les jeunes d’Itsinkudi ont décidé de nommer leur association du nom de ce grand personnage disparu en 1996 : Association Mzé Azir d’Itsinkudi en France.