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La Religion aux Comores

La Place de la Religion aux Comores

La place de la religion aux Comores
Texte recueilli lors de la journée Culturelle de N'tsoudjini, 2002
Source inconnue

L'Islam tient une place importante aux Comores; les habitants sont musulmans à plus de 99%.

Comme les musulmans du monde entier, les Comoriens doivent respecter les cinq piliers de l'Islam issus du Coran :
- La profession de foi (la shahada)
- Les 5 prières
        *  al Fadjiri vers l'aurore
        * al dzouhouri vers la mi-journée
        * al anssuri en fin d'après-midi
        * almaharibi au coucher du soleil
        * al ancha en fin de soirée
- L'aumône (la zakat)
- L'observation du jeûne pendant le mois de Ramadan
- Le pèlerinage à la Mecque dont on revient Hadj

De ce fait, l'Islam rythme dans les moindres détails la vie quotidienne:
- Les appels à la prière sont diffusés dans la plupart des villes par de puissants hauts-parleurs.
- La prière du vendredi, pratiquement obligatoire, est particulièrement solennelle.
- Les fêtes religieuses sont respectées
- Les traditions liées à la naîssance, au décès, à la circoncision, au mariage, etc ... sont appliquées

Les fêtes religieuses sont établies suivant le calendrier lunaire.

LE RAMADAN et L'AID EL FITR

Le mois de Ramadan correspond au mois où le jeûne complet du jour doit être respecté et est suivi de festins nocturnes et de prières durant la nuit.
Le mois de Ramadan s'achève lors de l'Aïd el Fitr.
La veille, on s'active pour la préparation de pâtisseries diverses et de jus de fruits et par la décoration des maisons.
Le jour de l'Aïd, tout le monde porte de nouveaux vêtements; le matin, les gens (surtout les hommes) se rendent dans les mosquées pour la prière de l'Aïd et Fitr, puis tous les habitants se rendent mutuellement visite pour se souhaiter un bon Aïd et pour goûter au passage les pâtisseries spécialement préparées pour l'occasion.
Selon les villes, des fêtes et des jeux sont organisés l'après midi et le soir.

AID EL KABIR

L'A¨d el Kabir est une fête qui survient après l'Aïd el Fitr et correspond à la commémoration du sacrifice d'Abraham.
Ce jour là, sont effectués des sacrifices de moutons, par les gens qui peuvent se le permettre.

LE MAOULID

Le maoulid est le nom d'un mois du calendrier religieux au même titre que le mois de Ramadan et correspond au mois de naîssance du Prophète Mohamed. Durant tout le mois, on célèbre l'anniversaire du prophète en organisant dans chaque village à un jour donné, une cérémonie qui consiste en la lecture du "Maoulid" chant à la gloire de Dieu et de son Prophète.
A La fin les gens ressortent avec des sachets de pâtisseries et des boissons, sauf si un repas est organisé.

MIRADJ

Le Miradj correspond à l'ascension du Prophète.

FETES FAMILIALES RELIGIEUSES

Il y a toutes sortes de fêtes familiales au moment :
- du septième mois de grossesse
- de la naissance d'un enfant
A ces moments les gens sont invités pour lire le Coran afin de bénir l'enfant et les parents et cette lecture est suivie d'un festin offert par la famille à toutes les personnes présentes.
- de la première coupe de cheveux après la naissance (Umea Nyile)
- de la circoncision des garçons
- de la puberté
- de la célébration des mariages
- des funérailles

LA CIRCONCISION

Le garçon est circoncis entre 7 et 12 ans. Le mot comoriens de circoncision est "Urinoi", mais on utilise par pudeur le mot "utwahiri" de l'arabe twahir (purification)

Outre le sens religieux que revêt cette opération, elle a un sens social en ce qu'elle confère à l'enfant le statut complet du mâle. Pour l'événement, on consulte le marabout qui a été consulté aussi lors du mariage et de la naissance; c'est lui qui fixe le jour et l'heure de la circoncision. Des prestations en nourriture sont offertes aux différentes "classes d'âge" de la communauté villageoise.

LES FUNERAILLES

Lorsque survient la mort après une maladie ou à la suite d'un accident, le àlim apparaît dans la maison du décédé. Il vient faire la toilette funèbre ou veiller à son bon déroulement ainsi qu'au respect de ce que prescrit le fiqh en cette matière. Par contre, ce sont les proches du défunt qui récitent des prières pour que Dieu protège, pardonne le mort et lui donne une meilleure demeure. la lecture du Coran est considérée comme une obligation dont on doit s'acquitter. Elle est aussi un élément de fierté pour la personne décédée et pour toute sa famille dans la mesure où elle indique que le défunt a su donner à ses enfants une bonne éducation religieuse.

LE MARIAGE

Il est très difficile de donner une définition exacte du mariage comorien dans son déroulement, tellement il diffère entre chaque île et dans chaque village de chaque île. Donc nous allons vous exposer les pratiques qui ont cours dans la ville de Ntsoudjini, en Grande Comore :

Mariage Hasiri

Ce type de mariage est appelé "mariage secret" car il est censé n'être connu que par les concernés et leur famille. L'homme vient chez la femme avec 4 personnes de sa famille et donne une alliance. Ceci se fait en présence aussi d'un fundi qui lit la fatiha. Ce mariage est considéré comme des fiançailles. Le couple n'a pas le droit de vivre ensemble. Cependant, ce mariage permet de protéger l'honneur de la fille (et de sa famille) au cas où elle tombe enceinte.

Maraige Bedhoi

Ceci est le deuxième type de mariage qui est l'officialisation. Le diminutif de Bedhoi est "Mbaynicho". Le jour du mariage, les personnes invitées plus le marié et sa famille se présentent chez la mariée. Les femmes sont derrière en compagnie de la mariée et les hommes sont dans la cour ou au salon, assis pour entendre le discours concernant le mariage. Une personne choisie par la famille du marié va commencer dans son discours par les arbres généalogiques des deux mariés, puis ensuite la Dot (qui correspond à de l'or paouri ou boira)
- la somme que le mari donnera à sa belle famille de manière à préparer sa venue surtout du point de vue culinaire. (cet argent est donné au père de la mariée)
- La somme qui sera distribuée aux femmes participant aux mariage et qui poussent des youyous stridents (ziguegeguele), puis vient une deuxième personne choisie par la famille de la mariée qui remercie les gens et annonce la valeur du Oilima, somme d'argent donnée aux gens du village pour annoncer la mariage
- La somme d'argent qui sera versée à la mosquée de N'tsoudjini. A la fin du discours, le marié est escorté pour voir sa femme. Il s'ensuit un festin. Tout ceci se déroule le matin. Le soir, les soeurs, les femmes de la famille du mari accompagnées d'invités se rendent chez la mariée avec de l'argent qui lui permettra de s'acheter une garde robe. Durant le mariage, une chanson spéciale est produite et achetée par les femmes de la famille du marié. Au neuvième jour, ce mariage est béni par la lecture du Coran suivi d'un repas: c'est le KESSO

Entre le mariage hasiri et le M'baynicho, le jour de l'Aid, les fiancés doivent s'envoyer mutuellement des tenues vestimentaires et de l'argent : c'est le Dorosso. Le mariage m'baynicho n'est pas obligatoire mais les mariés n'ayant pas les moyens de faire le grand Mariage Anda ont cette solution de rechange.

Mariage Anda

Ce mariage est le plus coûteux mais c'est une obligation pour tout comorien qui veut jouir du droit à la parole en public, donc devenir notable Il débute par le djéléo : le dimanche, chez la mariée, devant plusieurs villageois, une personne choisie par la famille du marié prononce un discours portant sur -les liens généalogiques des deux mariés Concernant le marié : -la somme d'argent qui sera donnée aux différentes associations du père du marié -le nombre de sacs de riz et de boeufs
* pour le mwalico (pour 33 familles minimum)
* pour les familles voisines ou la famille du marié (ceux du quartier)
* pour les associations de le soeur ou mère du marié et de la mariée en plus de l'argent -la somme qui sera versée pour la construction de la mosquée Concernant la mariée, une autre personne parlera en son nom et comme la personne précédente, elle s'exprimera sur -La somme d'argent qui sera donnée au village et à l'association de la soeur ou mère de la mariée (oilima) -la somme d'argent qui sera versée pour la construction de la mosquée -les différentes patisseries qui seront préparées
Puis vient le Mlazomoina : le mercredi ou le jeudi
C'est un repas donné par la mariée connu plutôt sous le nom de dîner s'il est organisé le soir ou déjeuner s'il est organisé à midi. Seuls les invités ayant des billets sont autorisés à ce repas
Djalico des femmes :
danse s'effectuant dans les rues de la ville le mercredi ou le jeudi soir
Djalico des hommes, suivi du sambé:
danse spectacle qui est donné le vendredi soir : c'est une manière de remercier le mari et d'enterrer sa vie de garçon)
Lelemama:
Le samedi après midi, danse organisée chez le marié et chez la mariée par l'association (chama) de la soeur ou mère des concernés, et on y chante des successions de chants dont la fameuse chanson sur les mariés réalisée pour l'occasion. C'est un moyen en ce qui concerne la famille du marié de montrer les bijoux dont le Hara (grand collier), ikooi (large bracelet, tadji (tiare), magouba (grandes boucles d'oreilles) qui seront offerts à la mariée, et en ce qui concerne la famille de la mariée de se réjouir du bonheur de la mariée. Le samedi soir les mariés organisent *soit un Madjiliss (concert religieux), ou on parlera de la dot (mahare), des vêtements (vao) et des youyous (ziguegeguele) la somme d'argent qui sera annoncée correspond au double de la somme annoncée le jour du djéléo. seuls les hommes participent à ce concert. *soit un twarab, qui est un concert où vont jouer les groupes du village et d'ailleurs *soit les deux
Avant le dimanche, la famille de la mariée apporte au futur mari ses vêtements (vao = djouba, djoho, etc...) Le dimanche matin, le marié est escorté chez la mariée par sa famille et les villageois sous les chants et les tam-tam (zifafa) le 9ème jour, la famille du marié envoie à la mariée ses vêtements (vao= sahare, subaiya, etc...) et on bénit ce mariage par la lecture du Coran suivi d'un repas: c'est le KESSO

PRATIQUES MAGICI-RELIGIEUSES (Animistes)

Trumba : cérémonies très primitives où le médium ou sorcier appelé mwalimou invoque des puissances appelées djinns ou shetwans pour exorciser une personne possédée ou guérir une personne malade Ziara : Certains lieux, pierres, arbres, etc... réputés avoir été mis là par la main du prophète, etc... sont évités par la population car sacrés et utilisés, approchés ou fréquentés uniquement pour des occasions religieuses Badri : pratiques qui exploitent le respect du au Coran pour préparer des amulettes, voire pour attirer la malédiction divine sur tel ou tel.