BREF RAPPEL DES PHILOSOPHIES
DE SELF-MANAGEMENT. UN PRINCIPE DE BASE : LA DIGNITE DE
L’AUTRE. PROJETS ONG DE DEVELOPPEMENT, PARTENARIAT,
ECHANGES ET RECHERCHE D’EFFICACITE LES
EXPATRIES : MOTIVATIONS, COMPORTEMENTS, COMPETENCES, ET METAMORPHOSE SELF-MANAGEMENT ET RESPECT DE LA CULTURE
LOCALE. LE CHARITY BUSINESS ET
GENEROSITE-SPECTACLE : A La philosophie des projets, quant à elle, a aussi évolué, notamment grâce aux échanges de plus en plus fréquents entre ONG (colloques, conférences, collectifs, réflexions communes et actions concertées) ainsi que grâce à une plus grande capitalisation des expériences de terrain, relayée par les médias spécialisés (bulletins ONG, presse humanitaire) C’est ainsi que progressivement s’est imposée une approche dite participative des projets, et une philosophie que l’on nomme souvent sous le terme générique anglo-saxon de self-management. Il s’agit alors d’impliquer de plus en plus les populations dans les projets dont elles seront bénéficiaires.
la
raison de l’adoption d’une telle philosophie chez les ONG relève plus d’un
constat - celui de sa plus grande efficacité - que du fruit d’une mûre
réflexion sur la participation démocratique des populations du Sud
Or, on peut quelquefois se poser la question de la cohérence qu’il peut exister entre les modes de fonctionnement des ONG et les philosophies de self-management qu’elles défendent. Force est de constater en effet, qu‘il existe souvent un certain nombre de paradoxes entre les uns et les autres. Il importe ici de distinguer les effets pervers des paradoxes : Ainsi, nous appellerons effets pervers de l’humanitaire, les conséquences néfastes qu’il peut résulter d’actions humanitaires, conséquences qui peuvent quelquefois aboutir à l’inverse du but recherché, et les paradoxes, toutes les contradictions intrinsèques qu’il peut exister au sein d’une ONG entre son mode de fonctionnement et sa philosophie. Bref rappel des philosophies de self-management. On entendra par le terme générique de philosophie de self-management toutes les philosophies qui mettent en avant la participation active - même si à des degrés divers - des bénéficiaires de projets humanitaires ou de développement, et que l’on appellerait en français, les projets de développement autogène, développement autogéré, d’auto-développement, ou encore développement participatif. Comme les termes français semblent l’indiquer, lorsque l’on évoque les projets de self-management, on pense surtout aux projets de développement. Comment en effet laisser les gens livrés à eux-mêmes dans l’urgence ! ? La question ne se pose pas : face à une catastrophe de grande ampleur dépassant les capacités de réponse des responsables locaux, il faut envoyer des expatriés (docteurs, chirurgiens, infirmières) ! ... est-ce si simple ? Ce serait encore oublier la dépendance dans laquelle peuvent tomber les populations assistées. Enfin distinguer l’urgence du développement de manière si dichotomique c’est aussi ignorer la grande difficulté du passage d’une politique d’urgence à une politique de développement (ex. le cas fréquent des réfugiés). La nécessité de l’implication la plus grande possible des autochtones est en réalité tout aussi importante dans les missions d’urgence que dans les projets de développement.[2]. L’idée du développement autogène est désormais bien connue : « On ne donne plus de poissons aux gens, on leur enseigne à pêcher... . les autochtones se prennent en mains, les expatriés ne sont là que pour aider ceux-là à devenir autonomes. Ensuite ils se retirent... On observe souvent que la raison de l’adoption d’une telle philosophie chez les ONG relève plus d’un constat - celui de sa plus grande efficacité - que du fruit d’une mûre réflexion sur la participation démocratique des populations du Sud aux projets ! On peut à juste titre s’en étonner - de la part d’associations sensées représenter la société civile ! - mais, faut-il le rappeler, celles-ci n’hésitaient pas jusque là à imposer leurs projets aux populations locales sous le prétexte que c’était pour « leur bien ! » ? La préoccupation majeure a toujours été l’aide plus que celle de la dignité de l’aidé. Si dignité on invoquait, elle était celle du respect du corps humain et de ses souffrances, non point celle qui embrassait l’être dans son intégralité. L’avènement de cette approche participative, va-t-elle enfin permettre aux populations du Sud de bénéficier d’un soutien réel, dénué d’atteinte à leur dignité ? La réponse est complexe, car les écueils sont nombreux sur la route des projets humanitaires : où commence et en quoi consiste l’intervention de l’ONG ? qui a initié le projet ? qui sont les intervenants ? demande-t-on aux autochtones de mettre en œuvre leur propre projet ou celui de l’ONG ? etc. Autant de questions qu’il faudra se poser. Un principe de base : la dignité de l’autre. "La Fondation de France a toujours été aux côtés de ceux qui se mobilisent pour rendre dignité et autonomie aux hommes"16. Comme la Fondation de France, de plus en plus d’ONG parlent de dignité dans leur discours - celle-ci serait-elle devenue le centre de leurs préoccupations, au moins dans les intentions ? - Rares sont les ONG qui pourtant se risquent à définir le sens qu’elles mettent dans le mot. Sans entrer ici dans des considérations philosophiques, on se contentera de constater que le terme de dignité dans le sens où il est le plus couramment usité est souvent interchangeable avec les termes d’honneur, voire d’orgueil, qui sont plus facilement compréhensibles. Pourquoi - en dehors de l’aspect éthique évident - le respect de la dignité est-il si important dans la réalisation de projets ? Parce que si l’auto-développement est efficace, ce n’est pas seulement parce que les bénéficiaires peuvent évaluer eux-mêmes leurs besoins, et participer activement au projet, c’est aussi et avant tout parce que d’une manière plus globale, ils sont enfin considérés. Or, qu’est-ce qu’un manque de considération si ce n’est le mépris ? Sans la considération, c’est l’humiliation des colonisés qui revient, c’est le « c’est pour votre bien ! » qui continue. Le respect de la dignité des bénéficiaires des projets est donc primordial. Or, La dignité est souvent la première chose qui se trouve bafouée dans l’aide. « la main qui donne est
toujours au-dessus de la main qui reçoit » dit un proverbe africain. "Donner équivaut
à manifester sa supériorité, accepter sans rendre, à se subordonner" ajoute Marcel Mauss11. L’aide impose plus ou moins implicitement une gratitude obligée - et attendue ! - de la part du receveur, qui bien souvent n’a rien demandé. Pourtant,
on sait aujourd’hui que le don n’est pas
forcément ce signe d’altruisme ou
d’abnégation que veulent mettre en avant les ONG dans leurs campagnes
publicitaires : Les mécanismes psychologiques du don sont plus complexes et se
rapprochent parfois très près de mécanismes égoïstes, d’égocentrisme,
d’autosatisfaction ou d’autoprotection. (ex. le don fonctionne souvent comme
une espèce d’exorcisme16.
Dans
le partenariat, les partenaires sont égaux, surtout ceux du Nord.
Il ne s’agit
pas bien sûr de faire ici un réquisitoire contre le don, mais bien de marquer
le caractère doublement humiliant que celui-ci peut parfois prendre pour le receveur - surtout lorsque celui-ci
n’a rien demandé et que - tout à fait conscient de la véritable nature du don -
il se retrouve dans une situation où toute expression, autre que la gratitude, sera considérée comme
déplacée et mal avenue. Comment faire alors pour que l’aide ne prenne pas systématiquement un caractère humiliant ? Certainement, en prenant sérieusement en considération les populations bénéficiaires, c’est à dire en respectant leurs avis, dès la conception du projet, en répondant plus à leurs demandes, en un mot, en les écoutant et en les impliquant, plutôt qu’en imposant des projets. En définitive, nous pourrions prendre pour règle d’or des projets de self-management ce verset du Talmud : « Que l’honneur de ton voisin te soit aussi cher que le tien" Projets ONG de développement, partenariat, échanges et recherche d’efficacité :
C Voici ONG du nord et ONG du Sud
enfin égaux ! Il ne s’agit plus d’un donneur et d’un récipiendaire, mais
de partenaires.
Pourtant, ici, aussi, c’est plus le besoin d’efficacité qui a primé sur
l’éthique ; "l'efficacité exige de trouver des partenaires..." (16France
Liberté p. 58) Alors,
des partenaires pour quoi faire ? S’agit-il d’impliquer les partenaires locaux dans l’exécution de nos projets ou véritablement les impliquer depuis la conception jusqu'à la réalisation complète ? Les dérives - nous le verrons - sont en effet faciles et fréquentes, et il n’est pas rare de trouver sous le terme de partenariat des attitudes proche d’un certain néocolonialisme où les locaux font eux-mêmes les projets des ONG du nord. On entendra alors dans la bouche-même des chantres du partenariat parler de « nos ouvriers, nos directeurs d’hôpitaux, nos africains!».
Si l’on ne veut pas se poser la question essentielle de «vers quel développement ? », l’échange ne peut être que biaisé.
Dans le
partenariat, les partenaires sont égaux, surtout ceux du Nord. Et puis, en signe d’une ouverture toujours plus grande, on parlera d’échange entre le Nord et le Sud... Mais de quel échange s’agit-il au juste ? les réponses, embarrassées, sont à peine balbutiées... on parle alors des « expériences riches et inoubliables » des expatriés au contact des peuples du tiers-monde, où encore de ce sentiment fort de se « sentir enfin utiles » ou encore de ces émotions fortes qui « forgent les caractères de nos jeunes volontaires», etc. Autant d’arguments convaincants en effet pour se lancer dans l’aventure humanitaire10 ! C’est un fait, tout est là en effet dans les missions humanitaires, pour que l’expatrié vive une expérience riche et inoubliable: rencontre avec d’autres cultures, langues, environnements, dangers, responsabilités hors du commun, pouvoir, autorité, etc. Mais cette aventure ne se joue-t-elle pas sur le dos du malheur des autres10 ? L’échange se situe-t-il seulement dans ce contrat tacite du : « vous souffrez, je vous aide, et vous m’apportez une aventure extraordinaire » ? Où se trouve le respect de la dignité du partenaire du Sud dans cette dialectique ? « Le malheur des uns faisant le bonheur des autres » est-il le véritable sens de l’échange ? Certes - et l’Aide Publique au Développement (APD) française est bien là pour le démontrer - le taux de retour de l’aide au développement peut être tel que l’on comprendra tout de suite l’intérêt que puisse trouver le donateur, et la valeur (pécuniaire) de l’échange. Mais, ce n’est pas ici un argument que peuvent soutenir des représentants de la société civile du Nord (les ONG). Peut-on imaginer une ONG avancer : « nous vous aidons à vous développer afin qu’à l’avenir vous puissiez être les consommateurs de nos produits (les débouchés), et que vous n’ayez plus besoin d’immigrer chez nous. » ? Non seulement c’est impensable, mais c’est même avec la plus grande sincérité que les volontaires cherchent à apaiser les souffrances et à améliorer le bien-être des populations du Sud dans leur travail, sans arrière-pensées de taux de retour pour leur pays... mais avec certes la recherche de compensations personnelles citées plus haut ; sinon pourquoi chercher à partir ? La pauvreté n’est-elle pas à notre porte aussi ? Alors, où se situe l’échange ? Si l’on ne veut pas se poser la question essentielle de «vers quel développement ? », l’échange ne peut être que biaisé. En effet, si l’objectif visé - sciemment ou inconsciemment - par les ONG du Nord et de leurs partenaires, est celui d’une société plus ou moins semblables à celles du Nord, c’est à dire essentiellement une société de consommation, où le bien-être est proportionnel à la quantité d’argent disponible, et où le rationnel domine sur le spirituel... alors l’échange est forcément biaisé. L’argent et les technologies modernes étant essentiellement au Nord, on sait alors qui apporte et qui reçoit, et ce n’est ni Piers Import ni les boutiques d’Artisans du Monde qui pourront inverser le courant. Quant aux peuples du Sud qui ne manquent jamais de s’interroger sur la présence des volontaires du Nord, il est parfois difficile de leur expliquer le besoin qu’ont les occidentaux de satisfaire leurs besoins d’altruisme... Alors si l’échange est formellement toujours inégal, et l’aide, par nature, toujours quelque peu humiliante, peut-on dire que tous les projets portent systématiquement atteinte à la dignité des bénéficiaires ? Pas forcément. Tout va alors se jouer sur le terrain, dans la mise en œuvre du projet, et surtout dans la relation entre expatriés et partenaires locaux. Si le partenariat et l’échange sont biaisés dans leurs principes mêmes, en revanche, c’est au niveau de la relation interpersonnelle qu’ils peuvent retrouver tous leurs sens. Malheureusement, ici aussi le bât blesse trop souvent (voir chap. « expatriés »). Parce que les ONG du Nord sont issues d’un monde rationnel où seul importe le résultat, et surtout parce qu’elles ont des comptes à rendre à leurs bailleurs de fonds, elles doivent faire preuve de responsabilité, d’efficacité ! (ou d’accountability pour les Anglo-Saxons) Or, si l’efficacité n’est bien sûr pas un mal en soi, elle peut le devenir quand elle devient la priorité ; et se réalise alors au détriment des bénéficiaires des projets. En effet, si le Nord a su bénéficier de l’éclosion des sciences exactes dans la réalisation de projets toujours plus grandioses, toujours est-il que d’une manière générale l’apprentissage s’est souvent fait par essais et erreurs. N’est-ce pas là le principe même de l’apprentissage actif que d’apprendre non seulement de ses réussites, mais surtout de ses échecs ? Sur le terrain pourtant, les expatriés - forts de leurs connaissances académiques comme quelque fois de réelles connaissances terrain - tolèrent très peu les erreurs commises par leurs partenaires locaux. Ils s’empressent de noter l’erreur et la faire rectifier, voire de la rectifier eux-mêmes. Si les impératifs budgétaires et de calendrier n’y sont pas pour rien, le besoin pour l’expatrié de justifier sa présence par ses compétences techniques fait aussi que l’on prive alors les partenaires locaux de ce droit à l'erreur ! (En revanche, si le projet échoue, on aura vite fait d’imputer l’échec aux partenaires locaux ou à tout autre agent extérieur. Il en va de la justification de la présence des expatriés).
La
cohérence Comment alors briser le cercle vicieux du: "On ne fait du bon travail que lorsque l'on commence à avoir confiance en soi, et l'on a confiance en soi que lorsque l'on commence à voir que l’on fait du bon travail..." ? En
effet, non seulement les partenaires locaux sont privés du droit à l’erreur,
mais ils seront vite jugés sur leurs résultats. Certains expatriés ne se
privant pas alors à qualifier leurs partenaires
locaux - d’abord à mots couverts puis ouvertement - de paresseux, d’incapables,
etc. Ainsi,
par un mode de fonctionnement qui exige d’abord et avant tout des résultats -
et vite ! - et où prime donc l’efficacité, certains expatriés vont peu à
peu passer outre la philosophie de self-management, pour finir même par adopter
une attitude proche du néocolonialisme. Le projet devient alors une fin en soi, passant même avant le respect des
partenaires. Or, si
- comme nous l’avons vu plus haut - les projets qui intègrent le mieux les
partenaires sont ceux qui à long terme
s’avèrent les plus efficaces, on aboutit au paradoxe qui veut qu’en cherchant
éperdument l’efficacité on aboutit à l’inefficacité. Plus
positivement, on entrevoit déjà, que la meilleure attitude pour les expatriés -
celle qui saura respecter la dignité des partenaires locaux tout en obtenant le
succès du projet[3] - sera celle
qui sera la plus empreinte d’humilité. Mais le statut de l’expatrié humanitaire
est-il propice à une telle attitude ? ... Les expatriés : motivations, comportements, compétences, et métamorphose. L Comment distinguer alors les motivations les unes des autres ? Va-t-on porter secours aux victimes ou va-t-on enfin se rendre utile ? Va-t-on sauver les gens au péril de sa vie ou chercher l’excitation et le risque que la société du Nord n’offre plus? Va-t-on donner son temps aux autres ou fuit-on le chômage ? Assurément, les questions se posent, mais à des degrés divers, selon les volontaires. Incontestablement, les « humanitaires » - ces nouveaux héros des temps modernes10 - ou présentés comme tels dans les médias, suscitent aujourd’hui beaucoup de vocations. Au besoin d’une jeunesse de se rendre utile, aux besoins d'émotions fortes, de dépaysement, de fuir l’ennui et le chômage... on répond par l’Aventure humanitaire. Quelle aventure ? Les risques (guerre, bandits, insectes, climats, etc.), le dépaysement (s’arracher au métro-boulot-dodo), le voyage, les rencontres, les conditions précaires, les responsabilités hors du commun données aux expatriés, sont autant de stimulants : d’ailleurs au retour, c’est la chute[4], "On se rend compte qu'on n'est plus personne alors qu'en mission on avait un petit pouvoir"16 Il n’y a pas lieu ici de porter un jugement de valeur sur ces motivations ; la question est plutôt de savoir si celles-ci peuvent se concilier avec la philosophie d’auto-développement qui régit les projets. C’est une question qui devrait naturellement se poser aux recruteurs des ONG. Pourtant, cette cohérence entre philosophie des projets et motivations et compétences des expatriés constitue rarement leur priorité. Dans la logique de professionnalisation que poursuivent les recruteurs des ONG du Nord, la priorité va croissant aux compétences techniques16. Et si l’on cherche aussi les qualités humaines, ce sont plutôt celles de l’esprit d’équipe, plutôt que celles de l’humilité ou du sens pédagogique. Nous l’avons vu l’objectif des philosophies de self-management consiste d’abord à transmettre un savoir afin de permettre aux locaux de prendre le relais par la suite. Les compétences pédagogiques du candidat devraient donc primer sur toutes autres compétences. C’est rarement le cas. Ici aussi, c’est la logique d’efficacité qui prime : AICF[5] : « on décèle des aptitudes à travailler sur le terrain et être efficace » 16 Où sont les aptitudes à transmettre les connaissances ? Les comportements L On observe par exemple que plus le volontaire est jeune et inexpérimenté, et plus celui-ci a de chances de tomber dans le piège de la "grosse tête". Ici aussi, il importe de démontrer les mécanismes psychologiques, plutôt que de porter un jugement de valeur :
Plus
que se rendre utile, le volontaire éprouve le besoin de se rendre
indispensable. Il
veut être sur le terrain
Une fois arrivé sur son lieu de mission, le volontaire doit faire sa place - qu’il va d’ailleurs interpréter par faire ses preuves ; or, quelle place plus difficile que celle du technicien discret qui ne devrait intervenir qu’à la demande des partenaires locaux ? La situation devient même périlleuse quand l’expatrié - représentant de l’ONG, bailleur de fonds - tient les cordons de la bourse du projet, lui conférant d’office un pouvoir sur ses partenaires. En outre, dans un monde analphabète, les connaissances de l’expatrié - quelles qu’elles fussent - confèrent à celui-ci un statut et une autorité dont il n'avait encore jamais jouit à domicile. Fort de ces nouveaux attributs - et de son importance - le volontaire ne peut rester là à observer, il veut faire quelque chose. Il veut pouvoir écrire dans son rapport ce qu’il a accompli. D’ailleurs, le siège de l’ONG n’aura de cesse de lui demander le suivi du projet, et bien sûr... les résultats ! (bailleurs de fonds obligent). l’expatrié s’attellera alors à la tâche jusqu'à ne voir dans le projet que son aspect technique. Le volontaire, en cherchant à justifier sa présence - tout en prenant plaisir à son épanouissement personnel - aura tendance à adopter une attitude que l’on pourrait résumer ainsi : 1. Plus que se rendre utile, le volontaire éprouve le besoin de se rendre indispensable. ; 2. Il voit dans les succès du projet les preuves de son efficacité ; 3. Il veut être sur le terrain celui-qui-sait. Il s’agit bien là d’un piège, car une telle attitude conduit vite l’expatrié à s’approprier le projet, ce qui bien sûr marque définitivement la fin d’une démarche de développement autogéré. En s’appropriant le projet, l’expatrié
devient en effet le maître d’œuvre, le « patron » avec son entreprise, ses employés. Toutes les
dérives sont alors possibles, depuis les comportements
néocolonialistes les plus outrageants, à la
gentillesse infantilisante (le coup de grâce !). Enfin,
pour finir sur l’impact des expatriés sur la dignité des populations locales,
il faut aussi souligner l’impact possible, et beaucoup plus insinue, de la
simple présence des expatriés. Cette présence en effet ne peut pas être
neutre ; elle induit d’office une image généralisée de l’occidental qui
est forcément en son avantage. Ne sont-ils pas impressionnants ces hommes et
femmes qui arrivent dans leurs « 4x4 » tout neufs, équipés de radios
et autres matériels sophistiqués ? Le moindre expatrié possède souvent
plus d’attributs de prestige que les officiels locaux. Et puis, qui
sont-ils ces volontaires ? Des
ingénieurs, des docteurs, des infirmières, des diplômés spécialistes en tous
genres, sélectionnés tant pour leurs compétences techniques que pour leurs
qualités humaines (professionnalisation oblige!). Quelle image valorisante
de l’occident ! par comparaison, les autochtones risquent grandement de se
sentir dévalorisés. Ces derniers n’ont plus que le choix entre un sentiment
d’infériorité - ce qui n’est pas pour les conforter dans leurs propres
ressources - ou le rejet de ces occidentaux opulents et arrogants. Les notions
de partage, d’égalité, d’échange et de partenariat semblent bien désuète face à
cette réalité. Et combien même certains expatriés passeraient au travers du
filet de la sélection, et se comporteraient comme des goujats6, ils
seraient encore « les patrons ». Naturellement, ces dérives du volontariat ne sont pas inévitables, et elles ne doivent pas faire oublier l’influence positive que peuvent avoir les autres volontaires - qui ne sont pas tombés dans le piège, ou en sont sortis. Ceux-là mêmes qui, une fois intégrés dans la communauté locale, ne rêvent que d’une chose... être invisibles ! ne plus être « le blanc », ou l’étranger sur qui se rivent tous les regards partout et toujours. L’impossible discrétion. Ainsi, si la recherche d’efficacité, et la professionnalisation prennent peu à peu le dessus dans le monde des ONG, c’est un peu au détriment de la société civile et de la rencontre entre les peuples ; on est alors en droit de se demander pourquoi choisir des ONG pour accomplir un projet au lieu de bureaux d’études et de cabinets de consultants ? Les bailleurs de fonds choisiraient-ils les ONG parce qu’elles sont moins chères ? Self-management et respect de la culture locale. L
Quelles
autres valeurs le Nord pourrait-il enseigner que celles dont il est
empreint ?
En réaction au mépris colonial vis à vis des cultures locales, nombreuses sont les ONG du Nord, qui d’emblée prennent le contre-pied en défendant une philosophie d’auto-développement centré sur le respect quasi inconditionnel de la culture locale... pour atteindre parfois l’autre extrême : on se prend alors à glorifier sans limites les techniques traditionnelles, les structures sociales traditionnelles, l’extraordinaire ingéniosité des cultures traditionnelles, etc. - « comme quoi leurs techniques sont aussi bonnes que les nôtres, etc.» entend-t-on alors - tant et si bien que l’on se demande encore ce que font ces ONG dans le Sud !... Aurait-on oublié que les médecines traditionnelles ne peuvent rien contre le paludisme, la poliomyélite, la lèpre, et autres plaies qui frappent le tiers-monde ? Aurait-on oublié que certaines sociétés traditionnelles interdisent l’éducation à la moitié (féminine) de leur population ? Que d’autres poussent au meurtre des petites filles à la naissance, etc. Les ONG - grands défenseurs des droits de l’homme - se devraient-elles de fermer les yeux sur les excisions, infibulations et autres pratiques traditionnelles portant atteintes à l’intégrité du corps humain et à leur dignité ? Le respect de la culture traditionnelle doit-il se subordonner au respect des droits de l’homme ou bien est-ce l’inverse ? Le débat est ouvert. La réponse n’est pas aussi facile que certains veulent bien le prétendre. Comment en effet concilier une philosophie de respect inconditionnel des cultures et se déclarer du même coup défenseur des droits de l’homme et représentant de la société civile ? Certaines ONG choisissent de se taire - bafouant leurs propres principes - d’autres choisissent de dénoncer - en instaurant une espèce d’ingérence culturelle que certains n’hésiteront pas à qualifier de néocolonialiste ou d’ethnocentrique. Une fois de plus, la question qui devrait se poser alors est la question primordiale de : «quel développement vise-t-on ?» Or, pour beaucoup d’ONG, la question ne se pose même plus, dans la mesure où elles estiment que les objectifs humanitaires sont universalistes - et donc indiscutables. Dans la pratique, cela signifie que quel que soit le respect que l’on affiche pour les cultures locales, l’objectif du développement est un objectif qui - à long terme, même à très long terme - vise une société similaire à la société occidentale. D’ailleurs, quelles autres valeurs le Nord pourrait-il enseigner que celles dont il est empreint ? Quel autre développement le Nord pourrait-il penser pour le Sud que celui dont il est issu ? Le développement, quel qu’il soit, ne passe-t-il pas automatiquement par l’industrialisation ? Ne vise-t-il pas un meilleur bien-être des individus, et celui-ci ne passe-t-il pas par une meilleure santé et une meilleure éducation ? La santé ne passe-t-elle pas par les médicaments et l’éducation par l’école et les livres ? Pour ce style de développement, inévitablement, le Nord à un grand rôle a jouer, et ici plus qu’ailleurs, l’échange peut et doit se faire. Les techniques agricoles traditionnelles par exemple ne suffisent-elles plus à couvrir les besoins alimentaires d’une population qui croît rapidement ? Sans être remplacées, elles peuvent être améliorées par des ajouts technologiques et scientifiques provenant du Nord, etc. Ainsi, inévitablement, à force de persuasion, poussées par une logique implacable, certaines ONG vont peu à peu mener les populations du Sud vers leur autonomie... c’est à dire une autonomie qui veut que les populations du Sud exécuteront elles-mêmes les projets de développement du Nord. On ne peut pas ici ne pas mentionner
le rôle négatif de certaines ONG qui se substituent à l’Etat local, sous
prétexte que celui-ci est trop corrompu, trop autoritaire ou trop pauvre,
limitant ainsi les chances de voir la démocratie locale se développer, en
instaurant un système parallèle contrôlé par les bailleurs de fonds du Nord. « Nous versons
les salaires des instituteurs... » informe une ONG[6]
qui venait de dire auparavant qu’elle se méfiait des effets pervers de
l’aide... Quelle serait la situation idéale ? Une population, qui identifierait ses besoins - tant financiers que techniques - pour la réalisation d’un projet de sa conception, visant le mieux-être de la communauté. Ne disposant ni des ressources financières, ni des connaissances techniques, ni de la technologie pour la réalisation du projet, la population - par le biais d’une représentation légitime du groupe - solliciterait une aide extérieure financière et/ou d’assistance technique. Une ONG du nord offrirait ses services. C’est ici que les choses peuvent déraper. En effet, soit l’ONG garde le contrôle des finances - par exemple, par l’intermédiaire de son envoyé volontaire - soit elle le confie à un responsable local. Si elle garde le contrôle des finances, elle s’appropriera progressivement le projet. Si elle le confie à un responsable local, ce sont précisément les pratiques traditionnelles locales qui peuvent causer problèmes : les fonds et les stocks risquent d’être dilapidés par les responsables ; ceux-ci faisant souvent l’objet de très fortes pressions de la part de leurs familles, amis ou autorités locales, qui estiment normal que ces ressources soient partagées. Dans l’une ou l’autre des solutions le projet est mis à mal. En contrôlant les gestionnaires locaux des projets qu’elles financent, les ONG - sans souvent s’en rendre compte - font précisément ce qu’elles reprochent à leurs bailleurs de fonds publics. Néanmoins on peut comprendre le besoin de contrôle face aux efforts qu’elles doivent déployer pour obtenir des fonds. Le charity business et générosité-spectacle :
Au regard de cette professionnalisation si défendue, qu’est-ce qui finalement distingue les ONG des entreprises, si ce n’est leur statut associatif, et cet aspect d’engagement de la société civile ?
C Pour que les gens donnent, il
faut les toucher, c’est à dire qu’il faut leur montrer la souffrance[7]
des autres16, au risque même de bafouer le principe de
base du respect de la dignité des victimes et de se dévoyer de l’objectif
premier. « Notre liberté, parfois,
nous coûte cher sur le plan éthique » commente Sylvie Brunel d’Action contre la Faim. Les ONG sont conscientes de ce dilemme, mais rares sont celles qui renoncent alors à ces pratiques médiatiques. Ici, dirait-on, la faim justifie ces moyens. Ce mariage de raison (ou de folie ?) entre les ONG et les médias, apparu progressivement dans les années 1970 en France, et plus massivement dans les années 80, a eu en effet de très nombreuses conséquences sur l’éthique des ONG, et de leurs acteurs. La médiatisation de l’humanitaire a contribué à faire de l’aide humanitaire une aventure et de ses volontaires des héros des temps modernes10. Comment alors concilier - dans des projets de développement autogérés - l’indispensable discrétion du volontaire et le besoin de le filmer - lui - en pleine action au milieu de villageois qui l’observent. Comment alors ne pas se reposer la question de la motivation des volontaires. D’où vient alors la motivation première ? Dans le désir de voir les populations locales s’autonomiser, ou celui de les aider, avec peut-être même la chance de passer à la TV ! La médiatisation, c’est montrer la souffrance des autres sans pudeur, mais c’est aussi montrer au public ce que fait l’ONG pour les aider. Il faut donc faire quelque chose, le montrer et en présenter les résultats... nous retombons dans la problématique de la priorité de l’action de l’ONG et des résultats sur celui de l’autogestion. Enfin, la médiatisation, en jouant sur les émotions fortes, privilégie forcément les projets d’urgence humanitaire - plus spectaculaires - que les projets de développement, et à fortiori, d’auto-développement : montrer des enfants en sang est bien sûr plus médiatique, et suscite beaucoup plus de dons, que filmer des paysans gérant leur propre coopérative. En définitive, ce sont les projets qui seraient les plus bénéfiques à long terme pour les populations, qui sont le moins soutenus par le grand public. Dans le mode de fonctionnement moderne des ONG, la médiatisation est donc un passage obligé pour la recherche de fonds. Mais les bouleversements du mode de fonctionnement ne se limitent pas à la médiatisation. La caractéristique principale du mode de fonctionnement moderne des ONG est ce que l’on a appelé la professionnalisation. Il convient ici d’apporter quelques précisions sur comment ce terme est défini par les ONG : Dans le recrutement des ONG, nous l’avons vu, cette professionnalisation se définit par la recherche de techniciens professionnels diplômés ; ces derniers tout aussi compétents qu’ils puissent être dans leur discipline, n’ont parfois aucune idée du fonctionnement des économies des pays en développement, des techniques traditionnelles, des compétences et des besoins locaux, etc. Cette professionnalisation-là ne va donc pas toujours dans le sens d’un meilleur soutien aux projets d’auto-développement. Quant à la professionnalisation de l’administration des ONG, elle s’est rendue indispensable par les budgets de plus en plus importants qu’elles gèrent, le nombre croissant de volontaires qu’elles envoient, le contrôle plus strict qu’elles subissent de la part des bailleurs de fonds, et la façade d’ONG sérieuse qu’elles doivent présenter aux médias. Mais une telle professionnalisation va aussi impliquer une manière d’opérer qui va s’apparenter bien plus à un mode de gestion d’entreprise commerciale qu’à celui d’une association (les ONG d’ailleurs recrutent aujourd’hui de plus en plus de diplômés d’écoles supérieures de commerces, de préférence aux diplômés d’études du développement, qu’elles appellent péjorativement les « généralistes»).
Les ONG se voient de plus en plus tomber dans une logique où c’est leur propre survie qui prévaut à tout le reste
Les conséquences sont que la recherche de fonds devient affaires de marketing, ou on vend des programmes humanitaires comme on vendrait des savons... Sur le terrain, à l’instar des banques, la solvabilité des partenaires devient un critère, leur efficacité est jaugée. Au besoin, les volontaires pallieront aux insuffisances locales... L’importance de la recherche de fonds, et de l’argent en général, devient telle - pour la survie des ONG, plus encore que pour les projets et les populations locales - que le budget qu’elles gèrent est même devenu l’index de classement des ONG, par les Pouvoirs Publics, comme par les ONG elles-mêmes. Ainsi classe-t-on les ONG par leurs budgets, des plus «grosses» (les plus connues, Médecins Sans Frontières, Handicap International, Action contre la Faim, etc.) aux plus «petites» (inconnues du grand public). Est-ce si normal ? Si l’objectif des ONG est le bien-être des populations du Tiers-Monde, on pourrait s’interroger sur l’absence de ce critère dans le classement ? L’impact de l’action des ONG sur le réel décollage autonome d’une communauté locale ? Certes, il est plus facile à une ONG d’urgence de fournir le nombre d’opérations chirurgicales effectuées dans une mission - et éventuellement le nombre de vies sauvées - que pour une ONG de développement d’évaluer le nombre de vies sauvées à long terme, grâce à une réelle prise en main par les autochtones. Enfin, au regard de cette professionnalisation si défendue, qu’est-ce qui finalement distingue les ONG des entreprises, si ce n’est leur statut associatif, et cet aspect d’engagement de la société civile ? Si donc l’évaluation quantifiée de l’impact de l’ONG sur l’autonomie des populations est difficile, au mieux, c’est au nombre de volontaires bénévoles engagés, que les ONG devraient être considérées, bien plus que sur la taille de leurs budgets ! Conclusion
L Dans la pratique, la plus grande conséquence d’une telle logique, est une atteinte insidieuse à la dignité des bénéficiaires, et - peut-être - la construction latente du rejet de l’occident par les populations du Sud fatiguées d’être exploitées - y compris parfois par une aide inappropriée et mal inspirée. L’essentiel repose peut-être dans une plus grande justice des échanges, tant culturels que commerciaux. Une véritable reconnaissance des revendications et des besoins des populations du Sud, sur le terrain, comme sur plan macro-économique. Enfin, partir aider le Sud en ne voyant dans la pauvreté qu’un problème matériel, technique ou financier, c’est aussi - sciemment ou inconsciemment - s’arroger le bon rôle ; c’est ainsi oublier que le Nord est lui aussi dans une grande pauvreté - plus d’ordre moral et social que physique - et dont les solutions ne sont ni matérielles, ni techniques, ni financières... ______________________ Bibliographie BOLTANSKI Luc : La souffrance en spectacle, Paris,
Métailié, 1993, 128 p. BOURETZ Pierre : "Entre éthique, juridique et
politique : le triangle humanitaire", in Pour une solidarité plurielle,
Esprit, nº7, juillet 1994, pp. 81-89 BRAUMAN Rony :
L'action humanitaire, Flammarion, 1995, 128 p. , et entretiens avec
l’auteur. DESTEXHE Alain : L'humanitaire impossible, Armand
Colin, 1993 EMMANUELLI
Xavier : Les prédateurs de l'humanitaire, Paris, Albin Michel, 1991, 249 p. FAURE Annie : Blessures d’humanitaires,
Balland, 1995, et entretiens avec l’auteur. HOLZER Bernard : Les leçons de la solidarité. Vingt
ans au service du CCFD, Centurion, 1994, 183 p. HOLZER Bernard : Les risques de la solidarité,
entretiens sur le CCFD, Fayard, 1989 JEAN François : Face aux crises, Paris Hachette,
Pluriel, Coll. Intervention, 1993, 219 p. KOUCHNER Bernard, Le malheur des autres, Points,
Odile Jacob, 1991, et entretiens avec l’auteur. LAIDI Zaki : Article dans Libération du 24 mars 1995 LIPOVETSKY Gilles : Le crépuscule du devoir ;
l'éthique indolore des nouveaux temps démocratiques, Gallimard, 1992 Marcel Mauss "Essai sur le
Don", 1923-1924 Médecins Sans Frontières : Rapport annuel sur les
crises majeures et l'action humanitaire (François Jean dir.), La Découverte,
1995, 172 p. MULLER Jean-Daniel : Les ONG ambiguës : Aides aux
Etats, aides aux populations ? L'Harmattan, 1989, 144 p. Panoramiques (collectif) : Les ambiguïtés de
l'humanitaire, arléa-corlet, Le Seuil, 1996 PERROT Marie-Dominique : Dérives humanitaires ; état
d'urgence et droit d'ingérence, PUF, 1994, 168 p. RUFIN Jean-Christophe : L'aventure humanitaire, La
Découverte, 1994, et entretiens avec l’auteur. RUFIN Jean-Christophe : Le piège humanitaire, J-C.
Latès, 1986 RUFIN Jean-Christophe : L'Empire et les nouveaux
barbares, 1991 RUFIN Jean-Christophe : Quand l'aide humanitaire
remplace la guerre, J-C. Latès, 1989. VERHAGEN Kienraad :
L'Auto-développement ? un défi posé aux ONG : éléments comparatifs pour des ONG
en recherche d’action, L'Harmattan, 1991, 193 Pour vos commentaires, critiques
ou demandes de renseignements complémentaires, contacter Stéphane-Pierre
ROUSSEAU[9] 1] Bioforce, diplômé du département de science politique de la Sorbonne, ancien cadre onusien, actuellement directeur d’un collectif d’ONG au Cambodge. [2] Voir à ce sujet les récents manuels du Haut Commissariat aux Réfugiés sur la direction d’opération d’urgence. [3] on entend ici par succès, le résultat d’un projet qui saura apporter un mieux-être durable aux populations locales. [4] voir Les ambiguïtés humanitaires, p. 112 - voir aussi l’entretien de Sophie Bedon p. 105 [5] voir Les ambiguïtés humanitaires, p. 102 [6] France Liberté dans Ambiguïtés humanitaires, p.58 [7] Voir l’article de Sylvie Brunel Rapport incestueux, sur la communication des ONG dans Panoramique : « ce sont les messages les plus durs, les plus catastrophiques, les plus terribles qui suscitent le plus d’envoi d’argent ». [8] Entretien avec le Dr. Rony Brauman à la Sorbonne le 26/3/96. [9] Bioforce, diplômé du département de science politique de la Sorbonne, ancien cadre onusien, actuellement directeur d’un collectif d’ONG au Cambodge.
|