Le sida gagne de plus en plus de terrain

En 2002, l’épidémie de SIDA a causé plus de 3 millions de décès et on estime que 5 millions de personnes ont contracté le virus cette même année, ce qui porte à 42 millions le nombre de personnes vivant avec le virus dans le monde.

Les chiffres récemment publiés par l’ONUSIDA sont alarmants. Les prévisions aujourd’hui indiquent que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être infectées par le VIH dans 126 pays à faible et moyen revenus entre 2002 et 2010, à moins que l’on ne parvienne à mettre en place une action mondiale de prévention considérablement élargie. Plus de 40% de ces infections devraient se produire en Asie et dans le Pacifique (région qui compte actuellement 20% environ des nouvelles infections annuelles).

Sous nos latitudes, c’est à dire dans les pays à revenu élevé, près de 76 000 personnes ont été infectées par le VIH en 2002. Un total d’environ 1,6 million de personnes vit actuellement avec le virus dans ces pays, où environ 23 000 personnes sont décédées du sida en 2002. L’apparition des traitements en 1995-1996 a considérablement abaissé la mortalité mais cette tendance commence à se stabiliser depuis deux ans. La transmission hétérosexuelle du VIH représente une part toujours plus grande des nouvelles infections, les personnes jeunes et défavorisées étant particulièrement exposées. A force de répéter que les traitements sont efficaces et qu’ « on ne meurt plus du sida » en France, nos compatriotes se laissent aller, et se protègent de moins en moins, ce dont témoignent d’ailleurs la recrudescence de nombreuses maladies transmissibles, comme la syphilis par exemple. Une reprise de conscience semble carrément urgente….

Source : Rapport ONUSIDA, novembre 2002

 

Journée mondiale du sida 2002

Message de Mark Malloch Brown Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement

Le 1er décembre 2002

Le VIH/sida a un tel impact qu'il annule des décennies de croissance socio-économique dans les pays en développement. A travers le monde, quelque 5 millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2001, dont 800 000 enfants. Sans un traitement et des soins efficaces, ces personnes rejoindront les rangs des 20 millions de personnes décédées des suites du sida. Le VIH/sida est aussi en train de compromettre rapidement la stabilité économique, en particulier dans les marchés plus fragiles d'Afrique subsaharienne, qui est de loin la région du monde la plus gravement touchée. La productivité du travail a diminué de 50 pour cent dans les pays les plus atteints. Des services sociaux défaillants comme la santé, l'assistance sociale et les systèmes judiciaires font sérieusement obstacle à nos tentatives d'aider les pays en développement à relever les défis que pose l'épidémie à la gouvernance.

Enrayer la propagation du VIH/sida est l'un des huit objectifs de développement du millénaire. Et il n'est pas exagéré de dire que si cet objectif-là n'est pas atteint, il y a peu de chance que les autres le soient et en particulier le plus indispensable d'entre eux : la réduction de moitié de l'extrême pauvreté d'ici 2015. C'est pourquoi la Déclaration d'engagement adoptée par la Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/sida en juin 2001 définit des objectifs clairs et délimités dans le temps et appelle à un changement fondamental dans la façon dont la communauté internationale réagit à la crise du VIH/sida. En tant que réseau mondial de développement dont dispose le système des Nations Unies, le PNUD a répondu à cet appel en faisant du VIH/sida l'une de ses six grandes priorités et il œuvre dans le monde entier pour aider les gouvernements à répondre aux défis multiples que pose cette épidémie.

Le thème de cette année, " Vivez et laissez vivre ", appelle en particulier à intensifier nos efforts dans la lutte contre le rejet et la discrimination et à susciter l'espoir. Le rejet se manifeste à travers nos interactions personnelles au sein de la famille, de la collectivité ou sur le lieu de travail. Il ne suffit plus de reconnaître la façon dont le rejet nous affecte, il s'agit d'être créatif et innovant afin de développer et mettre en œuvre des stratégies qui aideront les individus, les familles et les communautés à survivre à cette épidémie.

Le PNUD a mis en place une politique intégrée de soutien aux membres de son personnel et à leurs familles vivant avec le VIH/sida et nous oeuvrons de façon intensive pour aider les pays en développement à élaborer des mesures législatives et administratives qui préviennent le rejet et la discrimination. Pour aider certains bureaux de pays à atteindre ces objectifs, le PNUD finance également l'initiative " Ça nous concerne ", qui opère dans des pays clés afin de garantir la protection des droits des individus touchés par le VIH/sida et de fournir un milieu de travail qui offre un grand soutien et d'où le rejet et la discrimination sont absents. En montrant l'exemple sur le plan personnel et en témoignant d'un engagement et d'une grande expertise sur le plan professionnel, nous sommes décidés à faire tout notre possible pour répondre à la plus grave épidémie de la décennie, celle de VIH/sida.