LETTRE D'UNE ASSOCIATION COMORIENNE DE
DUNKERQUE SUR LE FLEAU DU PALUDISME
Chers
camarades,
Notre
attention vient d’être appelée par le Docteur Gérald FEVER à travers les
éléments de sa thèse de médecine intitulée " Le paludisme
d’importation chez l’enfant
comorien : à propos de 25 observations recueillies dans le service de Pédiatrie
du Centre Hospitalier de Dunkerque de 1995 à 2000" (Lille, 2000).
Cet ouvrage démontre que le paludisme première endémie
mondiale, responsable de près de 2 millions de morts chaque année, dans le
monde, est devenue depuis quelques années une pathologie en plein essor dans
notre agglomération et sans doute dans d’autres régions de France ( 5000 cas
recensés en France, en 1997d’après le Centre National de Référence pour
les Maladies d’Importation- CNRMI).
Jadis,
cette maladie touchait, en France, essentiellement des voyageurs qui, pour des
échanges professionnels et touristiques se rendaient dans les pays endémiques.
Aujourd’hui elle concerne des centaines de milliers de nos concitoyens,
notamment issus de l’immigration qui, pour des raisons d’ordre familial,
doivent se rendre régulièrement dans leur pays d’origine où sévit encore
ce fléau.
Dans
le Centre Hospitalier de Dunkerque, on dénombre chaque année, plusieurs cas de
paludisme, notamment chez les enfants originaires des Comores.
Les travaux du Dr FEVER montrent une recrudescence du
phénomène qui ne peut nous laisser indifférents :
-
1975-1983 (8ans) : 19 cas recensés
-
1995-2000 (5ans): 25 cas !!
Selon
le Dr FEVER et l’enquête que nous avons effectuée auprès des sujets concernés,
les raisons de cette augmentation sont essentiellement le manque d’information
sérieuse et régulière envers les populations à risque ( la paludisme ne bénéfice pas, en France, de la campagne de sensibilisation qu’il mérite) et le
coût élevé de la chimioprophylaxie( médicament préventif). A titre
d’exemple, pour nos citoyens originaires des Comores, cette chimioprophylaxie
est basée sur la méfloquine. Or cette molécule, distribuée sous le nom de
LARIAM, coûte cher et elle n’est pas remboursée par la Sécurité Sociale ! ! !
Au
moment où, en matière de santé publique, tous les efforts sont déployés
pour une Prévention forte, on ne peut que s’interroger sur l’absence de
mesures de prévention contre cette maladie, pourtant évitable.
Nous
avons, donc, interpellé Bernard
KOUCHNER, Ministre Délégué à la
Santé pour attirer son attention sur ce « non droit à l’accès à la
santé » dont font l’objet une partie de nos concitoyens. Surtout
qu’il est possible de lutter contre
cette maladie en prenant quelques mesures dont:
-
la prise en charge par la Sécurité Sociale, de la chimioprophylaxie,
pour les gens se rendant dans les pays à risque
-
le développement d’une campagne de sensibilisation s’appuyant sur les
associations migrantes et les différents acteurs sanitaires.
Dans l’attente de sa réponse,
nous avons tenu à vous en informer et nous ne manquerons pas de vous
tenir informés de la suite qui sera réservée à notre requête ;