RECOUVREMENT DES COUTS
PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE
Les
ressources des établissements de soins résultent d’un dispositif de financement
combinant des ressources locales, nationales et éventuellement extérieures à des
financements assurées sur le budget de l’Etat. En matière de financement des
activités des établissements de soins, la seule nouveauté est la pratique d’une
politique de recouvrement de coûts.
La participation communautaire est effective au
niveau du recouvrement des coûts. Elle contribue de façon significative à la
capacité propre de financement de l'ensemble des formations sanitaires. En l'an
2000, son niveau dépasse le budget de l'Etat effectivement alloué au système de
santé . Mais elle pèse lourdement sur les revenus des ménages, en traînant par
voie de conséquence l'exclusion du système des indigents. C'est ainsi que
l'enquête sur la pauvreté aux Comores en l'an 2000 a révélé que parmi les
personnes malades qui ont consultées, 36 % étaient pauvres, cette proportion
s'élève à 58,3% des personnes qui n'ont pas eu une consultation.
En matière de financement
Si l'on considère la
structure du financement globale du
système de santé aux Comores, elle est caractérisée par quatre sources
principales:
a.
le
budget de l'Etat qui couvre à la fois les dépenses d'exploitation et
d'équipement.
b.
La
participation communautaire
c.
L'aide
publique extérieure (Dons et prêts)
d.
L'aide
extérieure, autre que publique (diaspora, ONG, …)
L'évolution des allocations
budgétaires au titre de la santé a connu une certaine stagnation voire une
régression passant de 6,7% du budget de
l'Etat en 1993 à 5,6% en 1997 et à
4,92% en 2000 ( 577 381 149 KMF
sur 11 684 836 246 KMF). Ce
taux est loin du 10% du budget de l'Etat, préconisé par l'OMS pour le secteur
de santé.
|
Année |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1999 |
2000 |
|
Santé |
2.26 |
2.27 |
2.20 |
2.28 |
2.29 |
1.25 |
1.15 |
|
Etat |
33.82 |
37.67 |
39.97 |
42.18 |
41.18 |
22.36 |
23.36 |
|
Allocation au budget
santé: % |
6,7% |
6.0% |
5.5% |
5.4% |
5.6% |
5,5% |
4,92% |
Evolution des allocations budgétaires au titre de la
santé entre 1993 et 2000 (en million US $) .
La majorité de cette
allocation est destinée aux rémunérations du personnel (88,53% en l'an 2000).
Les biens de services
s'élèvent à 5,2% pour l'an 2000; quant aux
subventions, elles n'ont jamais été versées depuis1995.
Pour ce qui est de la participation
communautaire, sa part dans le financement du système de santé (recouvrement de
coût et investissements) continue à s'accroître passant 758 millions US$ en
1993 à 1847 millions US$ en 1997. Pour l'an 2000, le recouvrement de coût seul
par la communauté est estimé à 600.000.000 KMF qui est presque égale au budget
de l'Etat en matière de santé.
L'aide publique extérieure
(dons et prêts) estimée à 1 814 milliers US$ en 1993 et à 2 101 milliers US$
1997, est essentiellement destinée à la formation, à la réalisation des programmes de santé publique, aux
investissements et équipement des formations, ainsi qu'à l'appui
institutionnel.
Elle provient dans le cadre
de la coopération multi et bilatérale.
Un don exceptionnel octroyé
par le Japon (Cf. Fiche technique n°00-016/MSPPCF du 22/01/2000) d'un montant
égal 162 000 000 KMF a permis :
1.
L'achat
de Gaz médicaux (56 000 000 KMF)
2.
L'allocation
CHR Fomboni (10 000 000 KMF)
3.
La
réfection et agrandissement clinique CHR El Maarouf (81 000 000 KMF)
4.
Appui
institutionnel au Ministère (5 000 000 KMF)
5.
Appui
direct structure hospitalière (10 000 000 KMF)
L'harmonisation et la
coordination de cette aide qui devaient se réaliser dans le cadre d'une
approche sectorielle (comité intersectoriel) n'ont jamais été effectives du
côté Gouvernemental, en particulier au Ministère de la santé Publique. Par
ailleurs, l'hétérogénéité des procédures des partenaires au développement
sanitaire a contribué pour une large part à la non utilisation optimale et
complète des crédits prévus. En dehors de l'OMS, l'UNICEF et du FNUAP qui
interviennent selon un programme établi en commun accord avec le Gouvernement,
aucun plan de coopération n'est véritablement bien défini.
Quant à l'aide extérieure,
autre que publique, qui correspond à l'apport des diverses associations de la
diaspora et des différentes ONG qui opèrent dans le pays, elle n'obéit ni à un
cadre réglementaire et juridique, ni une planification précise. Les
interventions sont effectuées de façon
ponctuelles et désordonnées avec parfois une duplication et
chevauchement des actions liées au fait que les domaines d'interventions ne
sont pas clairement définies.
|
|
1 993 |
1 994 |
1 995 |
1 996 |
1 997 |
|
Dépenses
d'investissement |
840 |
2 299 |
2 592 |
1 981 |
2 133 |
|
Financement |
|
|
|
|
|
|
Budget de
l'Etat |
- |
- |
- |
- |
- |
|
Prêts |
238 |
367 |
415 |
340 |
366 |
|
Dons |
442 |
682 |
770 |
631 |
680 |
|
Communauté |
- |
38 |
20 |
- |
- |
|
ONG |
160 |
1212 |
1387 |
1 010 |
1087 |
|
Dépenses de
fonctionnement du Ministère, programmes prioritaires compris |
2 359 |
2 765 |
2 593 |
2 445 |
2 501 |
|
Financement |
|
|
|
|
|
|
Budget de
l'Etat |
545 |
532 |
515 |
248 |
400 |
|
Prêts |
425 |
782 |
802 |
769 |
735 |
|
Dons |
1389 |
1451 |
1276 |
1428 |
1366 |
|
Dépenses de
fonctionnement des formations sanitaires |
3 099 |
2 933 |
3 743 |
2 573 |
5 442 |
|
Financement |
|
|
|
|
|
|
Budget de
l'Etat |
1165 |
1 138 |
1088 |
527 |
1100 |
|
Prêts |
234 |
183 |
266 |
152 |
728 |
|
Dons |
434 |
339 |
493 |
281 |
1353 |
|
Communauté |
758 |
876 |
1319 |
1219 |
1847 |
|
ONG |
508 |
397 |
577 |
394 |
414 |
|
Financement
total secteur santé |
6 298 |
7 997 |
8 928 |
6 999 |
10 076 |
Tableau n° : Financement du
secteur santé entre 1993 et 1997 en
milliers d'USD
Source : Evaluation projet
santé II