Eau et assainissement :
L’accès à l’eau potable et l’assainissement sont des
aspects très importants dans la santé de la population. En effet, une eau
insalubre peut être un vecteur important pour plusieurs maladies comme le
choléra, la typhoïde, etc. Aussi, un système sanitaire inadéquat et défaillant
pour le traitement des excréments est associé à une large variété de
pathologies incluant les maladies diarrhéiques et la polio.
Il existe des disparités notables entre les îles et
selon le milieu (urbain / rural). L’eau de robinet / borne
fontaine est la principale source d’approvisionnement utilisée à
Anjouan (89,2 %) et à Moili (63,4 %). Par contre, à Ngazidja la principale
source est l’eau de pluie recueillie dans des citernes /
bouteille (75,8 %). Au niveau national, les principales sources d’approvisionnement en eau de
boisson les plus utilisées sont la récupération des eaux de pluies dans des
citernes pour 47,2 % de la population, la borne fontaine sert 19,7 %, l’eau de robinet dans la cour
ou dans la maison alimente, respectivement, 11,6 % et 8,2 % de la population
totale.
Beaucoup d’efforts
restent à faire sur le système sanitaire de traitement et d’élimination
des excréments car le principal système d’élimination
utilisé est les latrines traditionnelles. Même si elles sont classées dans la
catégories du Asystème considéré comme adéquat@ (voir
tableau I.3.), elles présentent l’inconvénient
d’être ouvertes et donc de constituer de foyers
favorables au développement des maladies infectieuses et parasitaires
fréquentes dans le pays. Durant la dernière décennie, il n’y a pas
eu de changements significatifs en matière d’utilisation
des latrines traditionnelles: 85 % de la population au Recensement Général de
la Population et de l’Habitat de 1991 (RGPH
91), 75 % à l’EDSC 96 et 79 % à la MICS 2000.
La
plupart des réseaux d’adduction d’eau en
particulier ceux des grandes agglomérations ont été réalisées avant la décennie
90. Durant cette dernière décennie, pour de raisons de moyens financiers, les
travaux réalisés ont porté rétablissement
d’un réseau d’adduction
existant, et sur la mise en place des petits réseaux d’adduction
dans les villages, initiés par les communautés et financés en grande partie par
le Fonds d’Appui au Développement
Communautaire (FADC) et par des ONG.
Cependant,
si les données préalablement citées apportent une information sur les
différentes sources d’approvisionnement en eau,
il est très difficile d’apprécier la qualité de l’eau en
terme de salubrité. En effet, contrairement à ce qu’on
pourrait penser à Anjouan et à Mohéli la qualité de l’eau de
robinet, principalement source d’approvisionnement
utilisé dans ces îles, est loin d’être
potable.
Finalement la situation telle qu’elle se
présente et telle qu’elle s’offre
aux populations, elle ne favorise pas une promotion et une protection de leur
santé.