La mortalité maternelle est un des indicateurs significatifs
de protection et de promotion de la santé. Il informe plus ou moins sur le
risque encouru par les femmes en âge de procréation pour mettre au monde un
enfant et les conditions de maternité (pré et post accouchement) dans
lesquelles sont soumises ces futures mamans. La protection de la santé de la
mère ou de la survie de cette dernière conditionnent dans une large mesure
celle de l’enfant. ceci montre davantage l’importance à accorder à cet
indicateur en terme de protection et de promotion de la santé.
Avec une estimation de l’ordre de 500 décès pour 100
000 naissances, la mortalité maternelle aux Comores reste élevée. Les
dimensions réelles de ce phénomène dans une large mesure sont peu connues. Ce
taux peut s’expliquer par les conditions socio-sanitaires des
femmes en âge de procréer. Nombreuses sont des mères qui n’ont pas accès à des services
des soins de santé modernes. Les données de l’EDSC de 1996 ont montré que
57% des accouchements ont lieu à domicile: ce pourcentage est 2 fois plus élevé
en milieu rural 65% par rapport au milieu urbain 31%. L’enquête MICS 2000 a montré
que 38% des femmes accouchent sans l’aide d’une personne qualifiée,
parfois même sans aucune aide du tout.
Les principales causes observées, responsables de
cette mortalité maternelle sont les hémorragies de la délivrance, les
complications de l’HTA (éclampsie) et les infections puerpérales.
Aussi, il faudrait associer à celles-ci le bas niveau de fréquentation des
femmes aux consultations pré-natales (CPN) en raison de la faible qualité des
services, l’accessibilité financière limitée et le niveau d’analphabétisme élevé chez
ces femmes.
Face à cette situation encore inquiétante, des
actions sont menées en vue d’améliorer la situation. En effet, des
programmes comme la Santé Maternelle et Infantile / Planification Familiale@ (SMI/PF) et la Maternité
Sans Risque (MSR) ont été élaborés et mis en oeuvre dans le pays en vue de
contribuer à la réduction du niveau élevé de mortalité générale et plus
précisément de la mortalité maternelle.
L’accès aux services offerts ou appuyés par ces
programmes ci-dessus cités reste limités. Le faible niveau de revenus des
ménages associés à la faible qualité des services offerts (problème de
personnel : qualification et répartition, qualité d’acceuil,...) et habitudes culturelles et traditionnelles
(la femme enceinte par exemple peut accorder une confiance à la matrone du
village pour des raisons de discrétion ou pour avoir fait accoucher plusieurs
femmes) font que le niveau de la fréquentation de ces services par la
population est bas : peu de femmes se présentent régulièrement aux
consultations pré-natales et post-natales.
Bien qu’elles soient formées et
équipées d’un kit pour les accouchements sans problèmes, il y a
une absence de mécanisme de suivi périodique des accoucheuses traditionnelles.
Les principales réalisations significatives dans de
domaine sont d’une part l’élaboration et la mise en
oeuvre des programmes de santé maternelle et infantile (planification familiale
SMI/PF) et de nationale sur la maternité sans risque (MSR). Un document de politique élaboré et finalisé
en 1999, mais il faut un plaidoyer pour son adoption, sa vulgarisation auprès
de différents partenaires intervenants ou susceptibles d’intervenir dans le domaine.
D’autre part, la plupart du personnel concerné
dans les différentes structures sanitaires, a été formé sur les techniques de
prise en charge de femmes enceintes et d’accouchements à moindres
risques. Aussi, plusieurs accoucheuses traditionnelles sont formées et équipées
pour les soins à leur portée. Elle doivent référer vers la structure sanitaire
la plus proche en cas de nécessité.