Santé mentale
Aux Comores la santé mentale
est un des domaines le moins documentés et le moins développé en terme de prise
en charge médicale. En effet, il n’existe pas dans le pays des médecins
psychiatres et aucune structure sanitaire, même l’hôpital El- Maarouf, n’abrite
un service de psychiatrie. La prise en charge des malades mentaux se fait
essentiellement par les marabouts et les guérisseurs traditionnels. Certains
troubles mentaux qui veulent se traiter à l’hôpital sont envoyés à l’extérieur,
généralement à Maurice et à Madagascar.
En 1995, un médecin
généraliste comorien assurait des soins de psychiatrie à des malades mentaux
dans le poste de santé de Mandza Mboudé (Ngazidja). L’expérience a montré que
le besoin de prise en charge médicale des troubles mentaux existe bel et bien
car des malades ressortissants des trois îles s’y rendaient pour se faire
traiter.
Il se posait un problème de
capacité d’accueil de telle sorte que certains patients devenus moins agressifs
après avoir bénéficié de quelques jours de traitement, étaient placés dans des
familles et continuaient toujours le traitement.
Au recensement de 1991, la
population des handicapés était estimée à 6470 personnes soit environ 1,4 % de
la population totale et les infirmes mentaux (22 %) occupaient la deuxième
position. Ceci montre qu’il est urgent d’accorder une importance à la santé
mentale d’autant plus que l’environnement actuel, caractérisé d’une montée de
la toxicomanie favorisent l’évolution de ce phénomène.
Les causes de la maladie
mentale sont nombreuses et méritent d’être connues et étudiées davantage. Des
indications sommaires sont livrées par une étude menée à Ngazidja sur la santé
mentale en population générale : images et réalités. En fait, les résultats
préliminaires de cette étude ont montré par exemple que pour la catégorie des
malades mentaux les causes sont à 14 % d’origine physiques, 14 % socio-économiques,
12 % sentimentales et 11 % magico-religieuses.
Pour une réelle promotion,
d’une protection de la santé de la population, il >est nécessaire de : créer
et équiper du matériel nécessaire un service de psychiatrie dans chaque CHR pour la prise en charge des
malades mentaux de l’île. Former des médecins psychiatres au moins un par île
pour promouvoir l’utilisation effective de ces services, les frais de
consultation, d’hospitalisation et les
médicaments devraient être gratuits ou symboliques.