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Les Sites Historiques des
Comores |
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Visite de Moroni, La vielle ville, et les
nouveaux quartiers |
Le port aux boutres.
C'est une jeune capitale, certes, mais avec une longue histoire
qui lui a laissé de nombreux vestiges d'une grande beauté. Cet ancien sultanat a été
créé au bord d'une petite baie transformée, au fil des ans, en Port aux boutres
assez
actif et qui commerçait avec les autres sultanats de l'océan Indien, notamment avec
Zanzibar.
Aujourd'hui, la profondeur du
Port aux boutres et celle du
nouveau port, un peu plus au sud, ne sont pas suffisantes pour accueillir des navires
modernes de fort tonnage (cargos, tankers, porte-conteneurs...), si bien qu'ils doivent
transborder au large leur marchandises dans les boutres et autres embarcations de Moroni.
Une activité spectaculaire où l'on voit converger une nuée de petits bateaux de bois
vers de grands mastodontes d'acier, comme des fourmis affairées auprès de leur reine.
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Ancienne Mosquée du Vendredi |
Quand on regarde une carte de Ngazidja (Grande
Comore), on
constate vite que ce port a été aménagé dans une des très rares échancrures, d'une
côte plutôt inhospitalière pour les navires. Cet atout naturel a donc fait la fortune
de Moroni qui n'était au départ qu'un tout petit village de pêcheurs.
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Selon la tradition musulmane, tout embryon d'agglomération
s'organise et croît autour d'une mosquée. Moroni n'a pas failli à la règle et, pour le
plus grand plaisir de ses habitants et des visiteurs étrangers, elle possède un superbe
édifice, la grande mosquée du vendredi, qui se mire jour et nuit dans le plan d'eau du
Port aux boutres. Avec ses deux imposantes colonnades et son haut et fin minaret, elle
ressemble un peu à un vapeur du Mississipi ancré définitivement à cette côte
Comorienne. Très photogénique, sa dentelle de pierre blanche immaculée éclate et
contraste avec le vert sombre de la palmeraie et les coulées de laves noires du volcan
Karthala.
L'édifice primitif remonte au début du XVe siècle,
comme le note une inscription dans son mihrab (niche indiquant aux fidèles la direction
de la Mecque) et de cette époque il reste le plafond peint et les colonnes polygonales.
Par la suite, la mosquée a été agrandie par l'adjonction de nouvelles salles. Ces
transformation n'ont pas nui à la beauté de l'édifice qui conserve une unité
d'ensemble digne d'éloge. On peut la visiter et monter au minaret.
Cinq autres mosquées ont été édifiées par la suite dans ce
même périmètre du Port aux boutres où sont situés les deux plus vieux quartiers de la
ville : Mtsangani, au nord, et Badjanani, au sud (dominé par la Grande Mosquée). Pour se
faire une idée de la ferveur religieuse des Moroniens, il faut passer par là le
vendredi, jour de la grande prière musulmane : des milliers de fidèles en habits blancs
arrivent de tous les points de la ville, puis se regroupent dans les mosquée et sur les
places où, dans un bel ensemble, ils vont se prosterner en invoquant Dieu.
En 1998 a été inaugurée une nouvelle Grande Mosquée de 6000
places à Moroni. Voir l'article.
La grande route longe la mer, mais aucune artère importante ne
traverse la Médina, vieille ville de Moroni dont les quartiers s'agglutinent, sans plan
apparent, autour du Port aux boutres. On pourra s'y engager sans hésiter, car on y
trouvera toujours quelqu'un pour indiquer le chemin à prendre dans ce lacis compliqué de
ruelles, venelles et sentes.
Avant de quitter la place de la Grande Mosquée et de pénétrer
à l'intérieur de la Médina, il faut aller visiter le journal comorien "
Al-Watwan
" et les bijouteries indiennes qui la bordent. Travaillant l'or et l'argent, les
bijoutiers de Moroni fondent des pièces d'or dans un creuset minuscule et façonnent des
filigranes arachnéens dont ils feront des boucles d'oreilles, des bracelets, des bagues
ou des broches. Il faut les voir à l'oeuvre lorsqu'ils réalisent toute la palette de
bijoux destinés aux épouses lors des Grands Mariages comoriens. Présentée dans un
écrin de velours, cette joaillerie évoque irrésistiblement les bijoux de la couronne
d'un Maharadjah ! Certains de ces artisans travaillent le corail noir et montent en
pendentif des écailles de coelacanthe, ce poisson fossile qui est devenu un peu
l'emblème des Comores.
Bazars et Petit Marché
| A l'intérieur de la Médina, plusieurs maisons
anciennes qui appartenaient autrefois aux sultans de Moroni ont conservé leurs portes
sculptées d'origine. L'une d'elles, assez délabrée, arbore un imposant portail
hérissé de pointes de cuivre.
Au nord, ces vieux
quartiers s'achèvent à la grande avenue des Ministères; à l'est et au sud,
apparaissent les cases traditionnelles des quartiers Djumwamdji, Irungudjani et Basha,
autrefois occupées par les familles des serviteurs du sultan et de sa cour. A la porte
d'Irungudjani étaient autrefois intronisés les sultans de Bambao (Ikoni) par le grand
sultan (Ntibé) de Ngazidja (Grande Comore). |
De nombreux petits commerces et des gargotes où grillent des
brochettes, viennent égayer ces quartiers assez confinés. A la tombée du jour, beaucoup
d'hommes s'installent sur le pas de la porte et jouent aux cartes, aux dominos ou au
M'Raha, jeu traditionnel comorien.
Sur le côté oriental
de la Médina, se faufilent de longues rues commerçantes aux nombreux bazars tenus par
des comoriens d'origine indienne. C'est ici que les élégantes de Moroni viennent choisir
leurs voiles traditionnels (chiromani) parmi d'innombrables coupons d'étoffes
multicolores ou bien commander des bijoux. On y fait également toutes les courses du
ménage. |
Pour les produits frais, il faut monter vers le Petit Marché,
dans un virage, où l'animation et les mini- embouteillages sont permanents. Beaucoup de
taxis de ville amènent les ménagères tandis que les taxis-brousse y débarquent les
commerçantes venues de toute l'île avec leurs cages à poulets, leurs paniers débordant
de tomates, d'oignons et de salades, leurs sac de riz et de manioc et leurs cageots de
poissons ou de viande. Trop exigu pour une ville en pleine croissance, le Petit Marché
(dont on admirera la porte couverte de mosaïques) est maintenant concurrencé par le
Nouveau Marché, au nord de la ville, dans le quartier Coulée de lave.
Le musée de Moroni
Une dernière côte à monter, et l'on débouche sur la place de
France, bordée par la grande poste, la banque BIC et la grande librairie
papeterie journaux "Nouveautés". A côté de la librairie se trouve le
Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), haut lieu de la
culture comorienne, doté d'un musée, d'une bibliothèque, d'un magasin, de vente
d'ouvrages sur le Comores et d'un centre vidéo (produisant des documentaires sur
l'ethnologie et la géographie de l'Archipel).
Le musée offre un raccourci passionnant des traditions de
l'histoire des Comores ainsi que de leur milieu naturel.
A deux pas du CNDRS, la Banque pour l'Industrie
et le Commerce |
Dans la salle consacrée à l'histoire, sont exposés des
pièces archéologiques découvertes au cours de fouilles, surtout des tessons de poterie
(période swahili archaïque du IXe au XIes., Hanyundru du XIIe au XIVe s. et classique du
XVe au XIXe siècle). De la période archaïque, on remarquera surtout les bols rouges et
noirs du type Dembeni, qui auraient été fabriqués par les premiers habitants des
Comores, venus de la côte d'Afrique de l'est. A cette époque, les Comoriens importaient
aussi de la vaisselle de Chine (Yuëh) et du golfe Arabique (poterie sassano-islamique).
L'arrivée des Chiraziens, originaires de Perse, est attestée par de
nombreux vestiges, dont certains proviennent de fouilles récentes effectuées à
Bagamayo, dans l'île de Pamandzi à Maoré (Mayotte). |
Dans cette même salle on verra d'anciens Corans et traités
d'astrologie Arabe, des photos montrant la vie quotidienne au temps des sultans, au XIXe
siècle, et beaucoup d'objets usuels traditionnels : ustensiles de cuisine (meules, plats,
jarres, corbeilles), d'instruments de musique (tambours, luths, idéophone) et du mobilier
(nattes, tables, sièges et porte corans en bois sculpté).
La deuxième salle est plus particulièrement consacrée à
l'histoire naturelle : belle collection de papillons, de coquillages, de poissons et
d'oiseaux naturalisés; herbiers, dont un herbier des plantes médicinales utilisées dans
la pharmacopées traditionnelle comorienne. On retiendra an particulier de ces collections
qu'il existe cinquante quatre espèces d'oiseaux, dont quelques unes spécifiques à
Ngazidja (Grande Comore), comme le gobe-mouche, le hibou, l'oiseau-lunette du Karthala ainsi
que le Drongo de Ngazidja. Particulièrement fournie, la collection de coquillages
permettra de faire une comparaison entre ceux exposés et ceux qu'on peut récolter ou
acheter aux enfants un peu partout dans l'archipel. Les vitrines consacrées aux autres
formes de la faune aquatique rappellent que les Comores sont un lieu de passage des
baleines et des orques et qu'elles possèdent de nombreuses plages désertes où viennent
pondre les grandes tortues marines (notamment sur l'île de Mwali (Mohéli)).
Côté flore, différentes essences de bois tropicaux sont
présentées, en particulier le takamaka des hauts, très utilisé en ébénisterie. Le
musée présente aussi un aperçu des différentes plantes de l'archipel dont plus de cinq
cent espèces ont été répertoriées depuis plus d'un siècle par les naturalistes
européens. Aujourd'hui, on se penche de plus en plus sur les plantes médicinales
couramment utilisées dans les familles comoriennes et qui permettent de traiter une
cinquantaine d'affections (foie, ventre, maux de tête et blessures diverses).
Les photos d'une éruption
D'origine volcanique, l'archipel de Comores possède un volcan en
activité, le Karthala à Ngazidja (Grande Comore), dont les éruptions, jamais
meurtrières, sont relativement fréquentes (tous les 10-15 ans). La dernière date du 5
avril 1977 et vit d'importantes coulées de lave sortir d'une fissure sur son flanc sud,
balayant une partie du village de Singani, heureusement vidé de ses habitants. De
nombreux documents photographiques en couleurs montrent les différentes phase de cette
éruption et sont exposées au musée où le CNDRS est chargé, entre autre activités, de
la surveillance du volcan, en liaison avec l'observatoire volcanologique de l'île de la
Réunion (qui s'occupe déjà du volcan actif du Piton de la Fournaise).
Au cours de la visite de cette partie du musée, on pourra
étudier les différentes roches volcaniques qui composent le sol comorien : grés,
basaltes à olivine, à plagioclase et à pyroxène, etc. et les formes diverses que
prennent les coulées de lave et pouzzolanes lors des éruptions : formation de laves
cordées ou en grattons, rejet de bombes "en bouse de vache" ou en fuseaux, de
scories diverses...
En empruntant la Corniche
Du musée, on descend par la grande avenue des ministères qui
file droit vers la mer. Sur la droite, part le boulevard du Karthala (double voie
traversant les quartiers neufs de villas), puis la nationale 1, en sens unique, qui,
passant devant l'hôpital Al Maarouf, le Nouveau Marché et Radio Comores, mène au nord
de l'île et à l'aéroport international de Hahaya, enfin le boulevard de la Corniche qui
épouse le front de mer. La Corniche commence au Ministère du tourisme (immeuble avec
rotonde) et se termine quelques kilomètres plus loin à la Présidence de la république.
Voie très longue, elle offre de superbes aperçus sur la mer et sur les nombreuses
criques qui échancrent la côte. Dans une des premières, on verra des pêcheurs et des
constructeurs de "galawas", pirogues à balanciers qui sont les embarcations les
plus utilisées dans tout l'archipel. De belles villas ont été bâties en front de mer,
dont l'une possède une superbe porte sculptée identique à celles des anciens palais des
sultans.
Après un carrefour à double voie, on entre dans le quartier
Ambassadeur et, sur la Corniche, on passe successivement devant plusieurs restaurant avec
des jardins en terrasse. On atteint alors le Tennis-club (plusieurs courts, bar, snack) et
la maison de l'Alliance Franco-Comorienne qui fonctionne comme un centre culturel
(nombreux spectacles). En face s'élève, au milieu d'un jardin, l'hôtel Coelacanthe.
Le plan de MORONI |
Encore peu loti, tout le quartier, qui commence après l'hôtel
Coelacanthe, mérite bien son nom : Coulée de lave. En effet, une grande coulée de lave
s'y est frayée un chemin au début du siècle à travers la palmeraie pour tomber dans la
mer où elle s'est morcelée en rochers de basalte noir. |
Quelques centaines de mètres plus loin, la végétation
tropicale réapparaît avec ses palmiers-cocotiers et ses buissons de bougainvillées. On
arrive à la Présidence, grande villa en terrasse s'ouvrant sur la mer et entourée de
bâtiments administratifs.
La route de Corniche vire ensuite à droite et rejoint la
Nationale 1, qui part sur Itsandra et Voidjou.
L'extension de Moroni vers le sud
Revenant au Port aux boutres, point central de la ville, on longe
la Mosquée du Vendredi pour se diriger au sud vers le quartier de Basha et d'Istanbuni.
Cette voie rapide est double et passe d'abord devant le port de commerce, avec sa jetée,
ses entrepôts, et son môle de conteneurs. Port secondaire des Comores, son activité est
freinée par l'exiguïté de son plan d'eau et par sa faible profondeur, le port principal
de l'archipel, récemment modernisé et agrandi, se trouvant à Mutsamudu, dans l'île de
Ndzuani (Anjouan). On arrive ensuite à l'ancien aéroport de Moroni, utilisé par les
avions légers, au long duquel les bâtiments administratifs abritent le siège d'Air
Comores et la représentation d'Air France dans la capitale. En face, derrière les hauts
murs du stade, se déroulent de nombreuses rencontres sportives et des concerts ainsi que
des kermesses. De l'autre côté de l'avenue, voici l'Hôtel Karthala, premier à avoir
été construit à Moroni et très bel exemple d'architecture coloniale avec son jardin,
ses terrasses, ses galeries et ses fenêtres à persiennes. Dans les années 40, ses
salons abritaient le Cercle où toute la société élégante des planteurs et des
administrateurs coloniaux se retrouvait. Aujourd'hui c'est un hôtel à la clientèle
familiale qui comprend de nombreux amoureux de la nature et randonneurs.
Non loin de l'hôtel Karthala se tient l'ambassade de France
(bureaux et résidence de l'ambassadeur). L'avenue continue par une voie en cours de
rénovation qui conduit au nouveau quartier Moroni 2000. Entre le stade et l'hôtel
Karthala commence une grande rue baptisée Caltex, car elle se termine par une
station-service qui porte ce nom. Très animée, la rue Caltex est bordée par de nombreux
commerces, un salon de thé, des marchands de brochettes et plusieurs gargotes. Tout en
haut de la rue, au rond-point de la station-service, à gauche, une voie mène vers le
centre ville et les rues commerçantes, et, à droite, vers Ikoni et le sud de l'île par
la nationale 2.
Le futur Moroni 2000
Des urbanistes ambitieux ont déjà prévu la croissance rapide
de la ville qui, depuis qu'elle est capitale, doit s'équiper pour faire face à ses
hautes fonctions administratives. Au lieu de laisser Moroni croître spontanément en
"tâche d'huile", les autorités ont préféré programmer sa croissance
jusqu'en l'an 2000, en réservant des terrains pour de futurs quartiers et en dessinât
les grandes artères de demain.
Ainsi, en se rendant de l'ancien aéroport vers le sud, au bord
de la mer, on atteindra une grande artère triomphale à quatre voies qui se termine sur
la place de l'ancien hôtel Ylang-Ylang. D'autres édifices sont déjà bâtis, tel
l'immense Palais du Peuple construit par les chinois. Baptisé Moroni 2000, ce nouveau
quartier verra ensuite la construction d'une grande université islamique.
MweziNet 1999
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