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Journée de la Femme 2009 : les mariages forcés aux Comores
 
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Le Grand Mariage, une valeur sure qui perdure 

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Le Grand Mariage de l'indignité par Soeuf Elbadawi

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Société et tradition aux Comores

Les fiançailles à l'époque du Anda Authentique

 

Les fiançailles à l’époque du " anda " authentique

 

De tradition, le "Grand mariage" comorien est marqué par des étapes progressives.

Avant de parler mariage proprement dit, l’individu doit, auparavant, se voir hisser au rang de mnamdji (litt = enfants du village). Il faut pour cela avoir réalisé une fête coutumière d’accession à cette étape qu’on appelle dans les villages ou les traditions sont encore scrupuleusement suivies Mtsamiyo (inauguration) et dans d’autres : Tranda misi (litt = confection de l’appât). 

C’est donc après s’être plié à celle obligation que la famille de l’intéressé peut parler publiquement de son intention de marier son enfant.

Plusieurs actes sociaux peuvent être réalisés pour annoncer le futur mariage. Cela peut être le " yifunguyo ", le " karamu ", "le mwafaka ", ou d’autres encore.

Nous retenons ici deux sortes d’officialisation pour l’impact qu’elles avaient sur la vie des jeunes couples Mahuwu et Mdrema wa anda Mahuwu (forêt) était, à l’origine, une stratégie élaborée par les concepteurs du Anda pour aider la famille à construire la case nuptiale. 

Les wanamdji partaient très tôt le matin pour la forêt d’où ils rentraient au village avec un paquet de bois qui devait servir dans la réalisation de la charpente de la case. 

La veille, les villageois se retrouvaient le soir pour faire la fête en dansant le sambe. Au cour de la danse, la famille de la fiancée devait offrir le tabac aux danseurs. Les you-you des femmes et les applaudissements des hommes encourageaient les wanamdji qui vont partir chercher les matériaux de construction. Pour les villages éloignés de la forêt, c’était un véritable parcours de combattant. 

Le lendemain, après avoir apporté les matériaux nécessaires à la construction de la case, tout le village était convié à un repas offert par la famille du fiancé et préparé dans plusieurs foyers. Celle fête continue à être pratiquée, de nos jours, dans certains villages même si on ne va plus à la forêt depuis que les constructions sont faites en tôles et en dur.

 

Une parcelle bien fertile

 

En ce qui concerne le Mdrema wa anda ou Mdrema doroso, nos ancêtres avaient imaginé un système d’entre-aide agricole adapté au contexte du grand mariage. Il semble que cette manifestation était la plus appréciée par la communauté dans le sens où elle avait une dimension de responsabilisation.

Avant toute information sur les fiançailles, les deux familles concernées doivent s’entendre sur la désignation d’une parcelle fertile qui va être offerte au futur bwana arusi (monsieur du mariage).

Dés que les conditions sont réunies (préparatifs pourles repas de fêtes), les oncles des futures mariés font part de la nouvelle à toute la communauté. Quelques semaines suffisent pour que chaque villageois prenne ses dispositions en vue d’offrir une plante, une liane, une bouture ou des semences le jour du Mdrema wa Anda Les beaux-frères de la future mariée (Zimedji) partent au champ avant tout le monde pour préparer le uswa mani (début du défrichage). Très tôt le matin les gens prennent le sentier qui mène au champ et se mettent à préparer ce qui va devenir le champ du mariage.

La division de travail était de rigueur. Les enfants balayaient le champs et distribuaient les outils et les semences aux adultes. Les hommes s’occupaient du défrichage, du labour et de la plantation de bananiers et des pignons d’Inde (mdri mzungu).

 

Le tremplin pour le mariage et l’avenir

 

Quant aux femmes, elles apprivoisaient la terre pour qu’elle accepte la terre, le semis en paquets pour les céréales (maïs, riz) en association avec les tubercules et les légumineuses. En fin de matinée lé repas est servi dans la joie au bout de l’effort. Le travail réalisé offre un champ bien garni et le doyen du village

fait le discours de bénédiction, en général, en ces termes: "enfant de la baraka, tes parents, tes beaux-parents et la communauté te font don de ce verger, de ces cultures vivrières et de notre bénédiction. Nous espérons que tu mettras ton ardeur, ton savoir faire et ton cour au service de cet ouvrage. Comme nous sommes là pour te relancer dans la voie de la réussite, nous serons tous sur la place publique inshallah pour évaluer tes efforts" (comprenez le Grand mariage)

Le jeune homme passera des années durant, aidé par ses proches, à cumuler les richesses qui lui permettront de réaliser son Grand mariage. La règle était de ne pas dépenser tous les fruits de son travail. Il devait lui rester quelque chose pour, d’une part prendre en charge sa famille et accomplir, d’autre part, sa réinsertion sociale après le grand mariage rendu possible par son labeur et par la contribution communautaire.

C’est delà qu’est né l’adage "yatsu fayna anda ye kakaya hindru" (qui n’a pas accompli son Grand mariage ne sera jamais quelqu’un dans la vie).

Pour beaucoup, c’était l’époque où le Anda avait son authenticité

Nassur DINI