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Société et tradition aux Comores

Le Déroulement du Grand Mariage mise à jour 15/01/2004

 

La Culture et les traditions comoriennes
Le déroulement du Grand Mariage

par Abdou Mohamed Maloumi
texte reçu dans notre forum de discussion HABARI le 15/01/2004

Les Comores renferment une multitude de culture qui détermine bien une société mi-bantou mi-arabe. En réalité, les Comores comme Madagascar sont longtemps resté inhabitées jusqu'à l'arrivée des marchands africains, indonésiens, bantous et arabes avec le commerce maritime et commencèrent à s’y installer à partir du VIE siècle c’est à dire II siècle de l’Hégire.
Longtemps la culture comorienne aura donné raison à toute thèse acceptant ou reconnaissant son assistance. Si la culture est l’ensemble des structures sociales, artistiques, religieuses et intellectuelles qui définissent une société par rapport à une autre, le Anda, l’Islam et l’Unité linguistique l’auront fort distinguée des autres cultures.

Nous avons choisi de vous parler ici du système des notables aux Comores et du grand mariage ou le Anda car ils sont des spécificités aux Comores. Et tout les deux réunis ont attribué aux îles de la lune (Comores veut dire lune en arabe) l’étiquette d’une nation bantou, d’un idéal islamique.

le oucomori : le grand mariage

Pourquoi y a-t-il des mariages

le oucomori

l'anda, Organe mère de nos mythes et traditions intègre et dispose aux habitants de l’archipel vis à vis de leur culture la référence sociale la plus importante. Ainsi décrire la classe sociale fondée sur une stratification sociale.
Le cycle vital du comorien se déroule en passant par une classe d’âge (HIRIMU ,SHIKAO à Mohéli ) fonctionnant à l’intérieure du village ou du quartier.

le bangwé : point centrale couvrant tout genre de manifestation (réunion, comme chant ) dispose de bans et un abri où les jeunes sont autorisés à venir. Sur cette place publique se réunissent les plus grands notables qui appartiennent à la catégorie de hirsute supérieur à laquelle ils ont accédé par le grand mariage.

C’est là où se décident les affaires. l’examen de cette catégorie supérieur révèle qu’il s’agit d’une hiérarchie de dignitaire qui gouvernait jadis la cité.

Au sommet se trouve les MFOMAMDJI littéralement les rois du village, suivis des WABALADJUMBE : littéralement les centres, ensuite des WANAZIKOFIA.

Ainsi ces différentes classes donnent le statut supérieur de MDRU MDZIMA qui, en réalité, est une source de pouvoir unique :droit à la parole, privilèges honorifiques, habits distingués (dragla, kieba , djoho et écharpe) places d’honneur réservés à la mosquée.

Et dans tous genres de manifestations, permettez-moi de vous dire avec sincérité que ces dignitaires sont surnommés à l’occasion de partage de viande : marenga ha bunda (ceux qui prennent avec la canne). Leur parole demeure une loi. Vous pouvez voir ça lors du partage d’une somme importante d’argent et qu’un grand notable se permet de dire que la moitié de la somme est "perdue" non pas au sens propre du verbe, il ne sera pas contredit.

Après ce groupe, il y a les exécutants de décisions prises par les wadru wa dzima littéralement les enfants du village. Eux même subdivisés en trois catégories dont les WAFOMAMDJI ( chef des enfants ) suivis par les WAZUGUWA; ces deux classes exécutent des taches moins honorifiques (l’organisation des cérémonies).

Et au dernier échelon, on trouve les WASHONDJE (ceux qui exécutent les corvées); ils font les commissions et en cas de refus d’obéissance, ils pourraient être sanctionnés par une amende (mawu)...

Entre les notables et les exécutants existent les MAGUZI (ceux qui doivent procéder bientôt à la célébration du grand mariage.

En gros, c’est ainsi qu’est composée la structure hiérarchique du cycle vital du comorien.

le grand mariage

Aux Comores, Le grand Mariage est une tradition ancienne qui permet au Grand Comorien d'accéder à un rang honorifique dans la société bien que cela lui coûte des années d'économie.
Après avoir fait son grand mariage, il se voit appeler Grand Notable ou Mdrou mdzima, ce qui est un honneur pour un comorien.

Tout comorien qui veut avoir sa place dans la société se voit dans l'obligation de faire le grand mariage, ainsi il peut prendre place parmi les notables et là, il est capable de Diriger, Juger, Décider et Être Servi comme un roi.

Le grand mariage est une chaîne de manifestations de chants et de danses traditionnelles organisée par les deux familles ; il se déroule de différentes façons selon les régions de l'île. Chaque village a sa propre façon de faire le grand mariage, mais en général il se déroule de la manière suivante :

En premier temps nous avons " le Madjiliss " qui a lieu habituellement le jeudi soir juste après la prière sur la place publique pour annoncer les dates des manifestations du mariage.

Et le soir même, il y a le " djalico la mabélé " le djalico des femmes qui manifestent leur joie à travers tout le quartier ou tout le village.

Le premier dimanche il y a ce qu'on appelle le " Djéléwo " qui consiste à distribuer de l'argent, du riz et de la viande de bœuf tué pour nourrir tout le village.

Il y a aussi "le Chigoma cha laansuiri" qui se donne d'habitude un vendredi dans l'après-midi comme son nom l'indique : chigoma veut dire tam-tam et Laansuiri qui veut dire l'après-midi en arabe.

Le soir du vendredi, il y a le "Djalico" donnée par des hommes vêtus d'un boubou et d'un costume comme dans le Madjlisse avec un kofia et dansent avec une canne tout le long de la rue pour aller vers la place publique de leur village pour finir la danse en "Sambé" qui se danse en forme de cercle mouvementé.

Le samedi en fin de matinée, la plupart du temps, se sont les proches de la famille de la femme qui chantent en dansant le " Bora" pendant que d'autres rangent et décorent la maison de la mariée pour que le marié et ses invités soient bien accueillis.

Pendant ce temps, chez le mari, il y a aussi un autre Bora où les invités de la famille du futur marié exposent l'or que l'on appelle le " Mtawo" que le marié offrira à sa femme le jour où il va la rejoindre à son nouveau domicile.

Le soir à partir de 21h, il y a le "Toirab". C'est une danse donnée par les hommes tout en donnant de l'argent à l'orchestre.

Le dimanche matin il y a ce qu'on appelle " Outriya moina dahoni " ce qui veut dire emmener le marié à la maison, à son future foyer retrouver sa future femme.

Le soir à partir de 21h il y a ce qu'on appelle le "Oukoumbi ou Maravo" qui est une danse donnée par des femmes dans laquelle il y a un orchestre féminin qui chante assis sur des chaises en dansant suivant le rythme de la musique. C'est le jour où la mariée sort avec sa robe de marié blanche et rejoint les autre femmes pour participer à la fête avec les autres femmes.

Une semaine après le Oukoumbi, il y a le " dîner dansant " à l'Européenne, ce n'est pas obligatoire mais ceux qui ont les moyens le font.

Après toutes ces manifestations suit la chose la plus importante de tous: inviter tout le monde pendant....neuf jours consécutifs!!

Le madjlisse

La première manifestation du grand mariage normalement, commence toujours par "le Madjlisse" qui a lieu d'habitude le jeudi soir juste après la prière sur la place publique où des chaises sont étalées en forme de rectangle et au milieu se trouve une table basse avec de l'encens. Mais avant de se diriger vers la place publique, les invités vont chez le marié qui les invitent à partager un grand repas avec lui.
Le madjlisse est une manifestation masculine où les invités sont accueillis par des petits garçons d'une école coranique fredonnant un chant religieux qu'on appelle "Le Kassuida ".
chaque invité est vêtu d'un boubou, d'un kofia et d'un costume pour ceux qui n'ont pas fait le grand mariage. Ceux qui l'on déjà fait, sont vêtus d'un boubou et d'un djoho (une sorte de long manteau non boutonné de plusieurs couleur) accompagné d'un Mharouma (une sorte de châle multicolore que l'on pose juste sur l'épaule) et prennent place pour pouvoir faire une prière pour le marié et faire-part des dates fixées pour les manifestations du mariage.
On sert du café, des boissons non alcoolisés, des dattes, des petits gâteaux comoriens, des bonbons, des biscuits…
Quand le Madjlisse finit, on donne à chacun un petit sachet de tous ce qu'on a servi durant cette manifestation d'où la preuve d'une grosse dépense, rien que pour le Madjlisse.

Le djalico la mabélé

Après le Madjlisse, le soir même, nous avons "le Djalico la mabélé" qui est dansé par des femmes qui font le tour du quartier en chantant avec une micro et amplificateur alimenté par un petit groupe électrogène et une voiture devant avec des projecteurs pour leur éclairer le chemin ainsi que pouvoir filmer durant toute le parcours.

Le Djéléwo

Le dimanche il y a le Djéléwo, rituel de distribution de riz et de viande aux Wandruwadzima (= Grand Notable ou homme ayant fait son grand Mariage qui a sa place dans la société), d'autres préfèrent distribuer de l'argent (celui qui a les moyens distribue tout :viande de bœufs, riz et Argent).
Seuls les hommes ont le droit de participer. Les femmes se cachent derrière les portes ou dans les chambres pour écouter la distribution des choses, et à chaque bonne distribution (somme plus importante donnée par rapport aux autres), elles lancent un cri que l'on appelle
le Ziguéléguélé (cris manifestant la joie). Mais, en réalité, quand les femmes crient les ziguéléguélés, c'est pour demander de l'argent. C'est une politique d'adulte, une façon de demander de l'argent sans pour autant le dire, ni mendier aux étrangers qui sont invité ou aux membres de la famille qui font le grand mariage.

Le Chigoma cha laansuiri

Le Toirab
"Le Toirab" est une danse donnée par les hommes vêtus d'un ensemble de costume cravate ou noeud papillon.
Dès que le marié est là avec ses invités "Le bal-Ashraf" est donné, la soirée commence et tout le monde danse avec une canne en donnant de l'argent à l'orchestre.

Outriya moina dahoni

Pourquoi y a-t-il des mariages ?

Autrefois, il n'y avait pas de mariage. On allait avec les femmes au hasard des rencontres.
Un jour, après la descente d'Adam et Eve sur terre, les hommes et les femmes se croyaient du même sexe. Satan, vint un jour demander aux femmes d'aller se maquiller. Ces dernières devinrent très séduisantes et très attirantes, et comme Satan était très malin, les hommes furent tombés dans le piège. Ainsi, les hommes ayant été attirés par la ruse de Satan, chacun se précipita à prendre la meilleure pour lui.
Mais un conflit naquit entre hommes et femmes du fait que chacun voulait prendre le ou la partenaire de l'autre. Le conflit prit ampleur, les hommes s'entretuèrent jour après jour et le sang continua à couler de toute l'étendue de la terre. Après plusieurs jours et mois de conflit, Dieu le tout puissant prit conscience du danger que présentait son peuple pour l'Avenir.
Pour cela, Il envoya un ange à Adam ; qui selon la légende fut l'ange Gabriel ; pour lui ordonner de dire à son peuple :
" Si une personne désire avoir un partenaire, qu'elle aille demander sa main auprès de ses parents et proches ensuite à lui-même. Si la demande lui est accordée, l'Union est béni, dans le cas contraire l'Union ne doit se faire ; et celui qui essaiera de désobéir aura à faire à de lourdes peines au jour du Jugement dernier ".
Immédiatement, le message de l'Envoyé de Dieu fut passé de par la terre toute entière et ça a été la résolution du conflit provoqué par Satan. Aidons à renforcer et à renouveler le grand mariage qui est primordiale dans la vie.
 

Abdou Mohamed Maloumi
Gérant de l'AUXICOM Transport