La situation des enfants placés dans des familles dites daccueil est préoccupante, car elle met en évidence la question liée au respect de la convention sur les droits de lenfant. Dans notre pays, le phénomène prend dannée en année des proportions inquiétantes. Surtout en celle période de récession économique où beaucoup de parents ne parviennent pas à subvenir aux besoins fondamentaux de lenfant. Compte tenu du nombre croissant denfants à élever dans une famille -chaque couple possède en moyenne 8 enfants, certains parents démunis vivant surtout en milieu rural se trouvent contraints de placer une partie de leurs progénitures dans des familles aisées de leur localité ou des grandes villes. Avant ce phénomène sobservait dans les grandes villes. Et les pauvres parents justifiaient ces placements par le fait que lenfant, qui venait en général du fin fond du pays dans des zones enclavées, aurait la chance dapprendre la couture, la cuisine et les règles de savoir-vivre et les bonnes manières quil pourra par la suite faire bénéficier aux autres membres de sa famille et des habitants du village. Ils ignorent souvent les conditions dans lesquelles ces enfants vont être accueillis au sein de ces familles dites aisées ou modernes. La plupart dentre eux sont utilisés comme des domestiques adultes travaillant jusquà des heures indues sans rémunération avec comme seule compensation, un repas et loctroi des habits à des moments occasionnels ( fêtes de llde de Ramadan, de llde El Adha) En dehors de ces circonstances, lenfant placé bénéficiera des vieux habits délaissés par les propres enfants de sa famille daccueil.
Certaines familles un peu tolérantes et généreuses acceptent que les enfants placés aillent à lécole coranique et les inscrivent même dans des cours dalphabétisation. ASSISTER LES PETITS ENCORE À LA MAISON Dautres estiment que cela ne sert à rien de garder un enfant à la maison sil doit bénéficier des mêmes avantages que ses propres enfants. "Si on la fait venir cest pour justement avoir quelquun en permanence à la maison, assister les petits qui ne sont pas encore en âge de scolarisation et être 100% à ma dispositïon", déclare une jeune femme. "Moi, dès que mes enfants auront grandi, je mettrais Bweni Fati dans une école de couture et le reste on verra". Ces propos émanent dune jeune femme cadre. Cest dire à quel point le phénomène est loin dêtre érradiqué. Ce sont maintenant les femmes dites émancipées. instruiites qui ont recours au Wapambe" (enfant placé).
Heureusement les parents de celle de 6 ans se sont ressaisis et sont venus quatre ans apres récupérer leur fille Le malheur de tout cela, c'est que la plupart familles ne garde aucun contact avec les vraies familles de lenfant, ignorant sans doute déchirures psychologiques et mentales de ces enfants. Ce qui complique davantage la situation surtout lorsquil lui arrivera quelque chose de grave et quil faudra les informer. PAS DE CONTACT LA VRAIE FAMILLE Ceux qui sont de familles grande comoriennes pourront facilement retrouver leur vraie famille puisque les liens ne sont pas rompu et que compte tenu des tradïtions et coutumes, lenfant est tenu à se présenter dans sa famille lors d' événements comme la célébration de la fête du grand mariage, naissances, décès....etc.
Dans les principales villes, plus précisément au sein des classes moyennes, la présence dun entant placé est un signe du temps, une mode. Plus de 50% des familles, utilisent ces enfants pour des travaux domestiques souvent pénibles. Cest dire lampleur du mal est lurgence quil y a à mettre en place des dispositions réglementaires permettant dappliquer la convention sur les droits de lenfant. Des enquêtes sérieuses devraient en principe être menées pour répertorier les violations des droits de lenfant aux Comores. Sil savère que lon ne peut éviter le phénomène du placement des enfants, il faut surtout les recenser, les surveiller, senquérir régulièrement de leur situation, connaître la situation réelle de ces familles dites daccueil en vue de les protéger contre les abus de toutes sortes dont ils sont victimes. Chaque pays, doit adapter la convention selon ses conditions, lessentiel est de placer lenfant au centre des préoccupations de toute la politique de développement et plus particulièrement du système éducatif. La Gazette des Comores du 01/12/1999 |