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LES ENFANTS PLACES

 

LES ENFANTS PLACES
Une situation préoccupante
Article de 1999

enfants.

 

La situation des enfants placés dans des familles dites d’accueil est préoccupante, car elle met en évidence la question liée au respect de la convention sur les droits de l’enfant.

Dans notre pays, le phénomène prend d’année en année des proportions inquiétantes. Surtout en celle période de récession économique où beaucoup de parents ne parviennent pas à subvenir aux besoins fondamentaux de l’enfant.

Compte tenu du nombre croissant d’enfants à élever dans une famille -chaque couple possède en moyenne 8 enfants, certains parents démunis vivant surtout en milieu rural se trouvent contraints de placer une partie de leurs progénitures dans des familles aisées de leur localité ou des grandes villes.

Avant ce phénomène s’observait dans les grandes villes. Et les pauvres parents justifiaient ces placements par le fait que l’enfant, qui venait en général du fin fond du pays dans des zones enclavées, aurait la chance d’apprendre la couture, la cuisine et les règles de savoir-vivre et les bonnes manières qu’il pourra par la suite faire bénéficier aux autres membres de sa famille et des habitants du village. Ils ignorent souvent les conditions dans lesquelles ces enfants vont être accueillis au sein de ces familles dites aisées ou modernes.

La plupart d’entre eux sont utilisés comme des domestiques adultes travaillant jusqu’à des heures indues sans rémunération avec comme seule compensation, un repas et l’octroi des habits à des moments occasionnels ( fêtes de l’lde de Ramadan, de l’lde El Adha)

En dehors de ces circonstances, l’enfant placé bénéficiera des vieux habits délaissés par les propres enfants de sa famille d’accueil.

 

Certaines familles un peu tolérantes et généreuses acceptent que les enfants placés aillent à l’école coranique et les inscrivent même dans des cours d’alphabétisation.

ASSISTER LES PETITS ENCORE À LA MAISON

D’autres estiment que cela ne sert à rien de garder un enfant à la maison s’il doit bénéficier des mêmes avantages que ses propres enfants. "Si on l’a fait venir c’est pour justement avoir quelqu’un en permanence à la maison, assister les petits qui ne sont pas encore en âge de scolarisation et être 100% à ma dispositïon", déclare une jeune femme. "Moi, dès que mes enfants auront grandi, je mettrais Bweni Fati dans une école de couture et le reste on verra". Ces propos émanent d’une jeune femme cadre.

C’est dire à quel point le phénomène est loin d’être érradiqué. Ce sont maintenant les femmes dites émancipées. instruiites qui ont recours au ‘Wapambe" (enfant placé).

Elles les font venir des coins reculés de la Grande-Comore et d’Anjouan.

A Anjouan, le phénomène s’est généralisé à tel point qu’il ne choque plus. Il suffit d’avoir une connaissance et lui passer simplement la commande en lui remettre les frais de transport. Tu n’auras qu’à te pointer à l’heure indiquée au port de Moroni pour le récupérer. D’autres préfèrent se rendre sur place pour négocier avec les parents concernés. Une femme s’est rendu sur place à Anjouan, et au retour, elle est rentrée avec deux filles, âgée de 14 ans et de 8 ans.

Heureusement les parents de celle de 6 ans se sont ressaisis et sont venus quatre ans apres récupérer leur fille Le malheur de tout cela, c'est que la plupart familles ne garde aucun contact avec les vraies familles de l’enfant, ignorant sans doute déchirures psychologiques et mentales de ces enfants.

Ce qui complique davantage la situation surtout lorsqu’il lui arrivera quelque chose de grave et qu’il faudra les informer.

PAS DE CONTACT LA VRAIE FAMILLE

Ceux qui sont de familles grande comoriennes pourront facilement retrouver leur vraie famille puisque les liens ne sont pas rompu et que compte tenu des tradïtions et  coutumes, l’enfant est tenu à se présenter dans sa famille lors d' événements comme la célébration de la fête du grand mariage, naissances, décès....etc.

 

Dans les principales villes, plus précisément au sein des classes moyennes, la présence d’un entant placé est un signe du temps, une mode. Plus de 50% des familles, utilisent ces enfants pour des travaux domestiques souvent pénibles.

C’est dire l’ampleur du mal est l’urgence qu’il y a à mettre en place des dispositions réglementaires permettant d’appliquer la convention sur les droits de l’enfant. Des enquêtes sérieuses devraient en principe être menées pour répertorier les violations des droits de l’enfant aux Comores.

S’il s’avère que l’on ne peut éviter le phénomène du placement des enfants, il faut surtout les recenser, les surveiller, s’enquérir régulièrement de leur situation, connaître la situation réelle de ces familles dites d’accueil en vue de les protéger contre les abus de toutes sortes dont ils sont victimes.

Chaque pays, doit adapter la convention selon ses conditions, l’essentiel est de placer l’enfant au centre des préoccupations de toute la politique de développement et plus particulièrement du système éducatif.

La Gazette des Comores du 01/12/1999