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Journée mondiale de la Femme 2003
mise à jour 08/03/2003

 

Journée mondiale de la Femme 2003
Discours de la directrice générale de la condition féminine
Melle Koubrat Ahmed Bourhane
le samedi 8 mars 2003

Madame, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs, les représentants des organisations nationales et internationales
Mesdames, Messieurs,

C'est pour moi un immense plaisir à chaque fois que je me retrouve ici avec vous pour célébrer la journée mondiale de la Femme. Cela prouve à quel point nos consciences sont prêtes à apporter des solutions aux questions de genre qui sont un centre d'inquiétude pour nous.

Cette journée nous permet tous les ans de venir faire le point ensemble pour voir quelle place la femme occupe plus particulièrement dans notre société.

La femme est un sujet irritant. Surtout que son évolution n'est pas très visible. Ce n'est pas une nouveauté quand on dit que la femme est opprimée car vivant toujours sous le règne de l'homme en souverain qui se permet entre autres caprices la polygamie et la répudiation abusives, on ne peut jamais dire que dans notre pays, la femme nage dans le bonheur.

L'oppression sociale que nous femmes subissons est la conséquence de notre oppression économique et il est clair que si nous acceptons de trop nous investir dans le travail de ménage, nous serons loin de nous voir émancipées tout comme nos mères et nos grands-mères qui vivent sous la dépendance totale de leurs maris. Elles ont le devoir de subir leurs parents, leurs maris et leurs fils, tandis qu'au contraire l'homme a le devoir chez-nous d'avoir un seul qualificatif : celui d'être « le Maître », c'est lui le mâle, le terme de femelle qui renvoie au sexe faible est péjoratif.

Etre femme c'est être une bonne mère de famille maîtrisant les notions essentielles d'hygiène et de nutrition. Cependant avec le temps, les mentalités évoluent et les femmes actuelles disent leur ras-le-bol mais pour qu'on écrase la poule dans l'ouf, elles se retrouvent dans des situations de répudiations et de divorce, le divorce au gré de leur mari et aucune pratique ne nous protège contre ce fléau. Le code de la famille n'est jamais adopté car il donne un peu plus d'espoir à la femme.

La femme doit être l'égale de l'homme en droit mais cette égalité ne peut être établie que lorsque les deux sexes auront des droits juridiquement égaux et cet affrontement exige la rentrée de tout le sexe féminin dans les relations publiques.

La femme doit d'abord s'affirmer comme autonome. La femme divorcée dans notre société est une femme qui a perdu sa dignité, car elle n'a pas l'ombre d'une compassion da la part de notre religion. Et dans nos coutumes elle ne bénéficie d'aucune couverture sociale et jusqu'ici les dispositions mises en place par les Nations Unies en faveur d'une amélioration de son statut sont restées lettres mortes. La seule chance de la femme comorienne est du fait qu'au moment du divorce c'est le mari qui quitte puisque c'est la femme qui apporte la maison du ménage.

Pour nos maris, divorcer sa femme veut dire aussi divorcer ses enfants. Leur rôle de père s'arrête au jour où il a quitté sa femme. Beaucoup d'expressions qui illustrent cette situation sont courantes mais je n'oserai pas vous les citer.

Mes chères amies, ce pays a besoin de femmes audacieuses capables de faire tomber les résistances qui ne favorisent personne mais plutôt qui gardent notre pays dans la pauvreté. C'est une lutte, un combat singulier qu'il faudra engager mais qui peut aboutir au bonheur de toute une nation, la nôtre.

Des pays musulmans qui appliquent à la lettre le coran en ce qui concerne la vie du couple ont aboli la polygamie et le divorce ne tente pas n'importe quel homme normal car il sait qu'il y a une justice qui peut le rattraper. Si nous nous tenons par la main, ensemble hommes et femmes, nous sommes capables de développer notre pays.

Scolarisons la jeune fille, la femme de demain, pour qu'elle puisse accroître l'accès aux femmes d'égal à égal avec les hommes aux ressources et au pouvoir politique et participer à la prise de décision concernant le développement. Mesdames et Messieurs, donnons nous l'égalité des chances.

C'est ainsi que je vais terminer mes propos, mais je ne peux finir sans citer ceux qui ont contribué à la célébration de cette journée, à la réalisation de toutes les activités qui entrent dans ce cadre, c'est-à-dire vous l'assistance, Unicef, le gouvernement d'Anjouan, le pdlc, (programme de développement local aux Comores), AMI (aide médicale internationale)

Vive l'union des Comores
Vive la coopération et vive les femmes.

Melle Koubrat Ahmed Bourhane
Directrice générale de la condition féminine