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Journée mondiale de la Femme 2003
mise à jour 08/03/2003

Journée mondiale de la Femme 2003
Allocution du Ministre de la santé, de la population, de l'action sociale et de la solidarité de l'île autonome d'Anjouan
M. Nourdine Mohamed
le samedi 8 mars 2003

Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les représentants des organisations nationales et internationales ;
Honorables invités, mesdames et messieurs

Je voudrais tout d'abord remercier toutes les femmes qui se sont mobilisées pour l'organisation de cette journée mondiale de la femme qui cette année, nous a fait vivre en miniature, des réalités dans la vie quotidienne d'un ménage ordinaire de notre pays.

Ce spectacle interpelle la conscience de toutes et de tous, par le fait que des droits sont bafoués. La violence et l'humiliation que peuvent vivre certaines femmes sont révoltantes et inacceptables. Et cela témoigne, O combien, que le thème choisi pour cette journée, à savoir « le divorce et ses conséquences » est un sujet de préoccupation dont il faut que mesdames et messieurs les magistrats, vous en teniez encore plus compte dorénavant.

Nous comprenons très bien que la pièce qui vient d'être jouée a caricaturé certains comportements mais, avec sa nouvelle dynamique de défense et de développement, nous osons espérer que d'ici peu, la femme anjouanaise sera égale en droits à l'homme qui peut faire mieux que du tort, si nous voulons réellement que notre pays sorte de la crise économique et financière très grave dans laquelle il se noie depuis plusieurs années.

L'abolition des comportements archaïques est très indispensable pour intégrer notre pays dans le développement dont il a besoin.

Depuis longtemps, la société comorienne s'est dotée d'une structure chargée de la condition de la femme certes, et cette fois je vais mettre tout le paquet et m'engage pour la défense de cette cause et tout ce qui va avec.

Aujourd'hui, c'est une opportunité pour moi de vous rappeler que chaque jour qui passe, le combat de son Excellence le Président Mohamed Bacar est d'opérer des choix rigoureux et stratégiques, de définir les priorités et proposer les démarches indiquées afin de rester dans ce combat. Aussi, la femme anjouanaise a trouvé aujourd'hui une oreille attentive. C'est pourquoi j'en appelle à la responsabilité de la direction générale de la condition féminine car, c'est elle qui doit veiller à la sauvegarde des intérêts de la femme.

Mesdames et messieurs,

Le flou né da la complexité de notre juridiction, mélange de droit musulman, de droit coutumier et de droit napoléonien, ce flou, disais-je, favorise encore plus la violation des droits des femmes.

Cette situation a conféré alors à la femme le rôle essentiel, sinon exclusif de procréer, et d'éduquer des enfants, et souvent de subvenir aux besoins de la famille. Mais le plus souvent, c'est l'enfant qui en pâtit et le développement de la nation en subit les contrecoups. C'est aussi pourquoi j'accuse. J'accuse au nom du gouvernement du Colonel Mohamed Bacar, très sensible au bien être de la femme et de l'enfant, et par conséquent à celui de la famille, unité de base de notre société.

J'accuse ceux qui, profitant d'une faiblesse de leur conjoint et faisant fi à notre justice, détruisent le bonheur des uns et des autres pour des intérêts personnels, incertains et éphémères.

J'accuse devant vous tous, mesdames et messieurs, ceux qui voulant faire payer aux autres leur propre échec, mettent en péril l'avenir du pays en laissant à leur propre sort des êtres le plus souvent innocents.

Mesdames et Messieurs,

Ceux dont il s'agit sont les pères divorcés qui feignent d'oublier qu'ils avaient promis de soutenir une personne que Dieu a dit être la compagne de l'homme et qui, dans un pays comme le nôtre, est très souvent dépendante et soumise.

Ceux dont il s'agit sont les pères divorcés qui, comme dans la basse-cour, laissent carrément leur progéniture à leur merci ou, dans le meilleur des cas, sous la responsabilité d'une mère O combien soucieuse mais souvent incapable, seule de leur assurer l'éducation qu'il faut. Et dans ce cas, bonjour les dégâts : tous les ingrédients sont réunis pour la sauce de la délinquance.

Je voudrais lancer un vibrant appel pour que les couples malheureusement séparés ne fassent pas de leurs enfants comme l'herbe sous les sabots des taureaux qui se battent. Que le père divorcé continue d'être le père de ses enfants, avec ce que tout cela sous entend ; et que la mère divorcée facilite les rapports père enfants sans rancune ni état d'âme, car ces enfants qui appartiennent à notre peuple sont innocents et que rien, aucun paramètre extrinsèque ne doit faire obstacle à leur développement harmonieux et heureux.

Mesdames et messieurs,

J'accuse et je ne cesserai d'accuser ceux et celles qui s'acharnent à interpréter les lois de la nature et les lois divines à leur goût pour justifier leur comportement irresponsable dans une société qui ne demande mieux qu'à rester soudée et bien éduquée à travers sa plus jeune génération.

Mesdames et messieurs,

Les conséquences du divorce tel qu'il se fait malheureusement chez nous sont énormes : à court terme, l'enfant séparé d'un de ses parents souffre des troubles physiques et psychiques. A moyen terme, vient la petite délinquance qui commence la destruction du tissu social. A long terme, retard caractérisé du développement socio-économique et perte de l'identité culturelle.

Mesdames et messieurs,

Je voudrais vous informer que le code de la famille en chantier devra bientôt être mis en application, en accord avec la politique de bien être de la famille prônée par son Excellence le président Mohamed Bacar et défendue par tous les membres de son gouvernement. Alors, ceux et celles que j'ai accusés seront jugés.

Enfin je voudrais terminer en remerciant tous les participants à cette manifestation et en leur donnant rendez-vous pour le 8 mars 2004, et dans l'espoir permis que tout au long de ces 365 jours qui nous y sépare, chaque jour, chaque minute verra un progrès dans la situation de la femme à Anjouan.

Vive l'Ile Autonome d'Anjouan
Vive la coopération internationale
Vive les femmes dans une société de droits.

M. Nourdine Mohamed
Ministre de la santé, de la population,
de l'action sociale et de la solidarité
de l'île autonome d'Anjouan