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Débat sur le Grand Mariage,
les équilibres et déséquilibres qu'il engendre
mise à jour 20/08/2003

  

Une contribution de M. Saïd EL FATAHOU sur les conséquences économiques souhaitables du Anda - août 2003

N.B : les textes ci dessous, publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur, sont issus de discussions dans notre forum HABARI, il faut considérer que l'auteur s'adresse à un interlocuteur qui mène avec lui un débat contradictoire. Ces contributions nous ont paru très intéressantes pour illustrer le thème controversé du Grand Mariage

Bonjour

Le volet économique du ANDA est tout autant important dans ces festifs,et dans la perspective d'une réorganisation du ANDA. Car l'enjeu dans ce problème est de la réformer et non l'interdire.
Dans la perspective de l'avènement d'un pays moderne,où les facteurs sociaux et économiques doivent être revus pour répondre à la nécessité du décollage tant souhaité par tous,il n'est pas possible de laisser se perpétuer une culture d'égorgement de boeufs à grande échelle,desquels d'ailleurs,ne sont pas produits sur place,mais sont achetés ailleurs,et donc contribuent à faire basculer la balance commerciale dans son coté le plus négatif.
Il faut faire quelque chose.
Observons bien la question :
Supposons que tous les achats effectués à l'occasion de grands mariages aux Comores,sont faits,sur des produits fabriqués,produits sur place,aux Comores même, par nos paysans.
Supposons que toutes ces poules égorgées sont élevées et assurées par des cultivateurs Nationaux. Que la livraison de toutes les salades,le riz,les boeufs,les oeufs,etc...était assurée par des producteurs locaux.
En d'autres termes,supposons que l'état encourageait des investissements à moyens termes,orientés vers la production de produits de consommation capables de répondre immédiatement à la demande à l'occasion de dépenses somptueuses  du ANDA.


A mon avis,une politique de la sorte,résoudrait ne serait qu'une partie du problème, car, on assisterait-là à un début de refinancement de l'agriculture, de l'élevage, l'artisanat(les meubles. .etc), de la pêche, par les dépenses du ANDA en question. Cela veut dire qu’au moins,pour un début d’essai de réaménagement du système Anda,on songerait d’abord à faire en sorte que les dépenses engagées,servent à refinancer des secteurs clés de l’économie nationale,plutôt que songer à les faire disparaître.

Qui va faire ça?
Qui va prendre ces initiatives et qui va financer ces réformes?
Maman?.Mhummm???....NIET !!

Il faut une réelle volonté politique. Et je le dis clairement,on n'est pas obligé de faire des réformes accélérés comme le voulait Ali Soilihi ,au risque de créer des conflits sociaux,et c'est là se situe le véritable défi de l'Homme politique. Le rôle de l’homme politique dans cette histoire est d’initier une démarche cohérente qui permettrait de sortir le Comorien du cercle vicieux de l’endettement et de l’appauvrissement conséquents au gaspillage des ressources,tout en veillant à ce que l’esprit initial du ANDA,c'est-à-dire un ensemble de mécanismes sociaux et culturels destinés à renforcer la cohésion de la communauté par le partage,ne soit pas troublé par la tentation du législateur,à vouloir tout remettre en question,sauf à se demander soi même son vrai rôle dans la société.

On pourrait tout simplement reconstruire les équations macroéconomiques d'équilibrage,en distinguant clairement les facteurs principaux qui jouent en grande partie dans les dépenses engagées,pour un premier temps,comme par exemple,en fixant des limites imposables à chaque poste de dépense principal,comme les Maharis(la dot), les Djossa-Mindu,les Mwalikos,tous répertoriés officiellement,et bien surveillés pour,ensuite être imposé,  ou bien,au besoin en ponctionnant un coefficient égal pour tous,à chaque poste budgétaire substantiel,tout en se réservant la possibilité de varier ces coefficients selon la politique que la NATION souhaiterait adopter en matière de réforme.

En définitive,vous dépensez telle somme sur telle poste budgétaire,alors vous payez telle pour le besoin de l'effort communautaire. Une telle politique aurait sans doute une double avantage :D’une part,l’argent récolté pourrait financer d’autres secteurs de l’économie,non moins considérables,mais surtout,on se serait là,disposé d’outils de régulations adaptés aux modèles et shemas économiques qui,il faut le reconnaître,ne peuvent pas être revus au moyen de simples décrets.

Mais attention,il faut,dans ce cas,prendre en compte les facteurs sociaux:


Un faiseur de Anda,aime bien savoir,en quoi sa contribution à l'effort communautaire a servi à réaliser concrètement. Sinon,il ne donne rien,parce qu’un Comorien aime bien voir la valeur réelle que son argent à permis de créer. C'est pourquoi,il préfère construire des dizaines de mosquées dans un petit village,parce qu'au moins,il peut dire:Voici la mosquée,je l'ai touché;en plus du faite qu'il attend en retour la bénédiction de Dieu. Et cela est un facteur social fondamental auquel le réformateur doit prendre en compte.

En d'autres termes,on ne peut pas prétendre réformer un système social aussi enraciné dans les moeurs et les traditions comme le ANDA,sans se poser la question de savoir,contrairement à son éradication décrétée qui peut engendrer une remise en cause de l'équilibre social,en quoi ce dernier,peut au contraire,contribuer au développement.

C'est un défi politique majeur.

Ces coefficients,contrôlés et définis dans un projet global de réforme,comme toute politique économique vont servir,d'une part à limiter,voire décourager,(limiter quand c'est nécessaire),les susceptibilités gratuites des dépenses ostentatoires ,sinon,aider à financer les réformes.

Alors disais-je,par exemple,ces coefficients prélevés,peuvent varier selon les politiques économiques et serviraient à récolter des fonds,pour ensuite,financer des petits projets officiels de proximité :l’élevage,l’artisanat.. etc,on pourrait même envisager que dans la mesure où le ANDA est une institution viscéralement encrée dans les mœurs et les habitudes de la société,les ressources qu’il engendre,considérées à l’échelle Nationale,peuvent servir à soutenir des projets qui requièrent des investissements à long et à moyen terme :Des agriculteurs et des pécheurs et même des PME-PMI de toutes sortes,peuvent puiser sur la manne pour leurs besoins en Investissement.

Vue dans cet ordre,on peut comprendre qu’il ne sera pas facile pour le législateur d’initier un tel projet sans tenir compte des habitudes d’une société longtemps bercée dans l’attentisme. C’est pour cette raison qu’au contraire de ce qu’il faille remettre en question le principe même du ANDA,il faut au contraire éviter de l’interdire,au risque de l’éclatement du tissu social,et au besoin le renforcer,tout en veillant en même temps de le contrôler en amont,de sorte à réorienter ses ressources actuellement gaspillées,vers des financements des projets concrets et surtout visibles par Mr Mroumdzima (Le faiseur de ANDA).

 Il faut aussi remarquer une chose,c’est que le problème ici,ce n’est pas le principe même de dépenses ou de consommation,mais plutôt cette culture du jet de billets de banques dans les tam-tams,dont on ne sait jamais où ces derniers vont-ils finir,sinon qu’on aimerait voir des cités bâties à l’occasion,par l’entremise d’une politique novatrice et responsable.

Alors disais-je,cette manne peut servir à financer des projets de petites et moyennes entreprises ou bien tout simplement serait redistribuée pour soutenir la consommation.

En effet,il nous faudrait en finir avec cette situation où le Comorien ne mange à sa fin,un repas complet,qu'aux seuls mois de juin,juillet,août. C’est pas possible de laisser longtemps se développer  une sous-culture de « mangement » que seulement pendant trois mois au cours d’une année entière,alors qu’en même temps,l’un des combats de notre société c’est aussi la lutte contre la famine et les carences alimentaires. Oui,il faut redistribuer les ressources. Dirions-nous un jour à un faiseur de ANDA,qu’il lui faudra assurer la consommation en riz,des tout petits écoliers de sa région pendant un temps précis !!Son Grand mariage aura au moins servi à donner un coup de pouce à l’éducation. !!

Il ne faut pas avoir fait l'ENA pour pouvoir prendre de l'argent par-ci,et le redistribuer par là,en suivant un plan clair,préalablement défini et connu de tous,et surtout compris et soutenu par le PEUPLE !
Pendant ce temps,on pourra continuer à chanter et danser sans problème,mais au moins on est sûr que ces billets d'Euros qui tombent dans les Twarab,vont contribuer à construire des écoles et acheter des ordinateurs pour les petits futurs internautes Comoriens,tout en réalimentant des caisses locales pour servir à financer des projets d'envergures Nationaux  !!

Un projet national,par exemple de financement des PME peut facilement être soutenu par de l'argent récolté localement. Ce ne serait pas un miracle.

Aujourd'hui,en France,plusieurs postes budgétaires longtemps garantis par l'état,sont confiés aux administrations locales. C'est le principe même de la décentralisation.

Le véritable problème est que le politicien en charge du dossier,par manque de vision claire des enjeux,n'a pas encore trouvé le moyen de réformer sans créer un conflit social,susceptible de se retourner contre lui.

Tout le monde est d'accord sur les dérives des dépenses dans les mariages. Mais personne ne veut bien oser s'aventurer dans un processus de réforme.

Quand on fait de la politique,il faut prendre le temps de réfléchir.

Nous y réfléchissons en futurs politiciens de ce pays,et le débat est encours et surtout ouvert à tous,car la solution est celle qui sera,en plus d'être conçue et formatée dans des livres,comprise et accompagnée par le nombre.

Tous mes respects

El Fatahou SAID

août 2003

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Bonjour

Il nous faut nous rappeler certaines choses beaucoup plus évidentes,pour qui ,veuille bien reconnaître qu'il a d'abord son pays,sa culture,sa civilisation,mais que la vie l'oblige à les vivre de loin. Beaucoup de jeunes filles et garçons Comoriens,souvent nés en France ou bien tout simplement y avoir vécu depuis leur jeune age,souffrent du manque de visibilité réelle sur la nécessité de respecter une culture qui est la leur,et le mode de fonctionnement organisé du couple en France.

En France,lorsque vous voulez vous marier,souvent,je dis bien souvent,parce que ce n'est pas ainsi tout le temps,vous n'avez  qu'à seulement vous aimer entre vous,et c'est tout.Le reste,c'est  d'aller à la mairie pour officialiser,"à la française",votre mariage. Je précise bien,à la Française,parce qu'officialiser un mariage dans une mairie Française est un CHOIX !

 Je veux dire que si le couple le voulait,il pourrait, tout autant avoir vécu en France,consulter le consulat de France à Moroni,pour qu'il légalise un mariage que les deux futurs mariés se seraient décidés d'effectuer traditionnellement aux Comores. Ce serait une démarche,tout comme celle qu'on peut souvent voir dans les médias,où un Tel couple décide de se marier sur le troisième étage de la tour Eifel. Les deux futurs mariés contactent la mairie du quartier où se situe la Tour Eifel,cette dernière envoie quelqu'un pour s'assurer que les choses se sont passées dans les normes,et donc,ce mariage peut être ratifié par la mairie.

A mon avis,il y a plusieurs angles d'approche de la problématique:

Un point de vue social: La société Comorienne,la culture et traditions Comoriennes sont une réalité. Elles ne sont peut être pas enseignées dans les collèges Françaises,mais elles sont là,existent,et contribuent à jouer  leur rôle premier de la cohésion de la Communauté Comorienne,de part le  monde. Ce n'est pas un miracle,c'est tout autant de toutes les autres communautés du monde,des arabes,des juifs,des maliens,des sénégalais..;des français de  l'étranger....etc,tous,s'appuient sur leur Culture et traditions pour  bâtir des familles en unissant des Mariés!

Toutes ces communautés,s'entraident à l'occasion de mariages..elles cotisent de l'argent, ramènent des cadeaux à la mariée,préparent de somptueux repas pour  l'assistance,elles font toutes les mêmes opérations.

Où est donc le problème des mariages Comoriens en France et aux Comores d'ailleurs?

Quel est donc l'origine des souffrances de ces jeunes garçons et filles nées ou ayant résidés en France dés leur jeune age,qui ne se retrouvent pas dans ces festifs?

Le premier des problèmes est que souvent ces mariages organisés en France ne peuvent pas durer parce que souvent les mariés n'auraient pas pris le temps de se connaître entre eux. Ils se laissent emporter par les idées reçues selon lesquelles aux Comores, les mariages sont arrangés,et donc restent chacun pour soi,ne se rencontrant que le  seul moment où les festifs seraient organisés. C'est une erreur monumentale. Votre maman vous dit qu'elle vous a choisi un futur mari,que vous n'aimez pas,et alors,qu'en auriez vous fait pour réconcilier les points de vue des parents aux tiennes? Vous voulez la solution qui vous permette de concilier les points de vue de papa et maman d'avec les vôtres?

La solution se trouve,encore une fois dans les traditions,dans le communautarisme inhérent à votre propre société.

Rares sont les parents Comoriens qui arrivent à tenir tête à une Communauté constituée qui les fait face. Il ne faut pas oublier que la société Comorienne fonctionne dans un modèle communautaire basée sur le RESPECT des entités sociales hiérarchisées selon les ages des individus. Il y a donc toujours un vieux Comorien capable de raisonner Papa et Maman!!
La seconde des difficultés résident dans une véritable aliénation culturelle du Comorien ou de la Comorienne, conséquente à un passé de colonisé. On aime bien repousser ces tam-tams qui viennent troubler la sérénité du voisinage.
On oublie que ce fiancé qu'on aime bien et qu'on a la chance d'avoir l'amabilité de toute la famille et tout l'entourage,est souvent un homme élevé par toute une Communauté. Sa  formation sociale lui confère le statut d'un homme communautaire(pour ne pas dire Communautarisé),et non seulement d'un homme tout court.

Un mariage aux Comores est rarement une affaire de deux individus,en tout cas,n'est pas perçu par la communauté comme tel. C'est l'affaire de tous parce que,pour un Comorien,ces deux bambins qui s'unissent,apportent la  Baraka dans la cité et donc tout le monde devrait,par sa  contribution,par sa cotisation,en recevoir un peu de cette  bénédiction! Oui,dans ce pays-là,même la bénédiction se partage en Communauté. Dans ce cas précis,des cotisations et des dépenses,ce serait aux deux époux seuls,de trouver l'équilibre qui leur permette de concilier une nécessité de cohésion sociale et familiale et le bon sens en terme de dépenses.

Quand Nous disons,en politique, que Nous allons réformer le ANDA,il ne faut pas comprendre par là,que Nous allons interdire aux Comoriens de chanter et danser à l'occasion de mariage. Cela veut dire tout simplement que Nous y voyons l'impératif de réajuster les dépenses,diminuer les possibilités d'endettement,reconstruire les  équations macroéconomiques susceptibles de rendre ces dépenses plus UTILES dans le TEMPS,tout en favorisant une redistribution qui alimente le processus de développement.
Bon!Disons que ça ne pourrait,peut être pas,terminer la reconstruction des routes,mais ça peut quand même amorcer,par  exemple,un début de construction de PME. Pourquoi pas l'artisanat par exemple?.

Et enfin,remarquez que le Milanantsi (ANDA et autres)est la seule institution Comorienne capable,si elle est revue et corrigée,de supporter et soutenir dans la source,un véritable projet de développement aux Comores qui tient compte de la culture et de la civilisation  Comorienne.

Mais ça c'est un autre sujet!

Tous mes respects
El Fatahou SAID

août 2003