APPEL A SOUTENIR LA SOCIETE CIVILE POUR DES VRAIS ACCORDS DE RECONCILIATION ENTRE COMORIENS DES QUATRE ILES (MAYOTTE , ANJOUAN, MOHELI et GRANDE COMORE)

 

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Au lendemain de la tenue, le 20 décembre dernier à MORONI du sommet régional d’où est issu le nième accord de réconciliation entre les Comoriens, les associations de la société civile comorienne en FRANCE (SOS-Démocratie Comores, Association Comorienne des Droits de l’Homme, Groupe de Réflexion pour l’Intégrité Territoriale de l’Archipel des Comores, Guilde des Artistes Comoriens, Fraternité Comorienne, Diaspora Comorienne, Fédération Comorienne…),

 

            -1. rendent un vibrant hommage à la Communauté internationale représentée au plus haut niveau par : le président sud-africain Thabo Mbeki, les premiers ministres Paul Béranger de Maurice et Jacques Sylla de Madagascar, ainsi qu’Abdou Diouf, le secrétaire général de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), Pierre-André Wiltzer, ministre français de la Coopération et Francisco Caetano Madeira, conseiller spécial du président de l’UA (Union Africaine), Omar Konare… pour les efforts continus déployés afin de mettre un terme à la déstabilisation chronique entretenue par le séparatisme anjouanais (après le séparatisme maorais soutenu à bout de bras par l’ancienne puissance administrante, depuis la proclamation unilatérale de l’indépendance des COMORES), aggravé par le coup d’Etat malencontreux du président actuel de l’Union des Comores, Azali Assoumani ;

 

            -2. tout en émettant les réserves habituelles liées aux carences, à l’incongruité et à l’impréparation des démarches qui ont présidé à l’élaboration et à la signature d’une série d’accords inapplicables, inopportuns et inadaptés, les associations sus-citées saluent les avancées qui atténuent quelque peu, les ardeurs de près de 5 ans de pouvoir putschiste sans partage, caractérisé par :

                        * une corruption et une gestion financière désastreuses des autorités putschistes, fustigées par un rapport pour le moins accablant de la « Commission de Vérification des Comptes de l’Etat » qu’elles croyaient à leur solde,

                        * une répression implacable et féroce, menée tambour battant, par une soldatesque budgétivore et choyée, devenue un instrument de répression domestique au service d’un seul homme, le colonel-président Azali, qui se fait fort d’étouffer dans l’œuf, toute velléité de manifestations pacifiques à caractère revendicatif. A l’instar des tirs à balles réelles, décochés par cette milice enragée, sur des manifestants, à l’occasion de la marche pacifique de « l’Id-el-fitre » (fête de la fin du mois de ramadan), menée le 26 novembre dernier par le président de la GRANDE COMORE, Abdou Soule El-Bak. Ou encore, les tortures et arrestations arbitraires infligées à tout contestataire, affublé d’office de l’accusation fallacieuse d’usage, de fomenteur de coup d’Etat,

                        * une vassalité et une politique de sujétion et d’allégeance perpétuelle, à l’endroit des forces occupantes de l’île comorienne de MAYOTTE et au détriment des intérêts des COMORES et des Comoriens, illustrées par la léthargie maladive des hommes liges d’un pouvoir putschiste, face aux déclarations tonitruantes des autorités françaises et des séparatistes maorais sur l’appartenance de MAYOTTE dans l’ensemble français. Il n’y a rien à attendre des autorités putschistes de MORONI, que rien, pas même les expéditions punitives, les ratonnades, les agressions, les actes d’humiliations, voire même, les incendies criminels infligés à MAYOTTE ces derniers temps, à des compatriotes comoriens, par les séparatistes maorais, ne peuvent ni émouvoir, ni déclencher chez ces autorités comoriennes, le moindre commentaire, encore moins de la désapprobation, ou un quelconque incident diplomatique…

 

            -3. déplorent les gênes, les atermoiements et autres faux-fuyants dont font montre les parties prenantes de ce processus de réconciliation, relayées par certains médias, dès qu’il s’agit de désigner les entités insulaires qui composent l’Union des Comores : NGAZIDJA (GRANDE COMORE), MWALI (MOHELI), NDZUWANI (ANJOUAN) et MAORE (MAYOTTE). Un exercice rhétorique entre la litote et le tabou, avec comme finalité, de faire mentir la dernière constitution comorienne en date, qui de surcroît, se fend d’une formule équivoque et confuse, en réalisant le tour de force, de tout juste effleurer du bout des lèvres, l’appartenance de MAYOTTE (sans la nommer), dans l’ensemble comorien, en parlant de « l’intangibilité des frontières des COMORES, telles qu’internationalement reconnues ». Et ce pourtant, au grand dam de l’ambassadeur de la FRANCE aux COMORES, qui au risque de se faire passer pour juge et partie, n’hésite aucunement, au nom de l’Union Européenne, à jouer la politique de la chaise vide, lors de la cérémonie de signature.

 

            -4. désapprouvent les conciliabules les machinations et les intrigues qui d’un côté, déconsidèrent, humilient et avilissent la classe politique et surtout, les autorités putschistes comoriennes, et de l’autre, ternissent gravement le blason d’un grand pays, la FRANCE, « berceau des droits de l’Homme ». La FRANCE, puissance tutélaire, mais également pays occupant de l’île comorienne de MAYOTTE et par ailleurs, pays hôte de bon nombre de mercenaires, les chiens de guerres préposés aux actes de déstabilisation de la partie restante de l’archipel des COMORES. Quoi qu’il en soit, il est pour le moins paradoxal de prétendre vouloir d’un côté, œuvrer pour l’entente et la réconciliation entre Comoriens, comme les autorités françaises aiment à le crier partout, et de l’autre, diaboliser à MAYOTTE, comme le font leurs représentants, tout Comorien originaire des autres îles sœurs.

* Pour preuve, les propos racistes et xénophobes instillés de haine et d’ostracisme, tenus ici ou là par les tenants de « MAYOTTE la française », surtout ce jour funeste du 27 octobre, qui voit à HAMORO, les paillotes sensées abriter des Comoriens des autres îles, transformées en brasiers, sous les yeux de la gendarmerie française, par un commando d’agents municipaux menés par le maire de BANDRELE.

* Ajoutez à cela, les discours volontairement alarmistes de Younoussa Bamana, président du Conseil général de MAYOTTE, relevés dans « Kwézi » du 26 octobre, aux antipodes de l’esprit d’hospitalité, de tolérance, de solidarité et de générosité, prôné par l’islam comorien : « Si on ne ferme pas le robinet, on sera noyé », martèle-t-il. Ou encore dans « Kwézi » du 31 octobre : « Depuis 1977, je n’arrête pas de claironner partout que l’arrivée massive de ces clandestins (litote désignant les Comoriens des 3 autres îles sœurs, NDLR), déstabilisera MAYOTTE ». […] « Maintenant, nous sommes en train d’être envahis et les réactions hostiles apparaissent. Ce qui est inévitable ».

* Quant à Mansour Kamardine, député de MAYOTTE, pour susciter non seulement à MAYOTTE, mais surtout en FRANCE, une adhésion massive à une politique de répression et de rejet, à l’endroit de ses compatriotes insulaires, il donne le 7 novembre dernier, l’estocade dans l’enceinte de l’Assemblée nationale en dramatisant : « Aucune collectivité ne peut tolérer et assimiler près d’un tiers de sa population étrangère, à fortiori clandestine (autre litote pour désigner les Comoriens des autres îles, NDLR), sur un territoire de la taille de MAYOTTE : 374 km2 ». […] « Près de 700. 000 Comoriens, je suis allé aux COMORES (les 3 autres îles sœurs NDLR), plus d’une fois, je les ai rencontrés, attendent sur les rivages d’ANJOUAN pour atteindre clandestinement MAYOTTE ». Tout cela nous rappelle la campagne de désinformation orchestrée par « l’Extrême Droite », au lendemain de la sécession de MAYOTTE en 1975 et qui faisait état, s’agissant de cette île, d’une population composée d’une majorité de malgaches, de religion chrétienne.

* Mais le comble, c’est lorsque Jean-Jacques Brot, préfet et représentant à MAYOTTE du pays des droits de l’Homme, se croit obligé, pour justifier les actes criminels de HAMOURO, de tenir dans « le Quotidien de la Réunion » du 10 et 12 novembre dernier, des propos racistes, humiliants et xénophobes, à l’endroit des victimes comoriennes originaires des 3 autres îles, toujours frappées du sceau infamant « d’immigrés clandestins », coupables « d’invasions migratoires qui sapent les efforts de développement de MAYOTTE », en menaçant sans ambages : «Je ne reconnais aucun droit aux Comoriens de perturber le développement de MAYOTTE et sa libre souveraineté ». Ou encore, « Nous faisons face à une invasion migratoire. Je pèse mes mots et qui ne sont pas politiquement corrects. C’est une invasion migratoire qui prive nos compatriotes français, les Maorais, du choix pour la France, qu’ils ont librement exprimé ». Et à l’adresse des responsables anjouanais qui piaffent d’impatience de lui présenter un serment d’allégeance, le représentant de la FRANCE, leur inflige une fin de non-recevoir en ces termes : « On ne peut pas […] vouloir l’indépendance en 1974 et ensuite, vouloir traiter avec le préfet de MAYOTTE ». Ou plus grave : « Le point de vue des Anjouanais en situation irrégulière qui prétendent me donner des leçons de droit, je m’en tape »,

 

            -5. dénoncent cette mainmise arrogante de l’ancienne puissance colonisatrice sur l’archipel, avec la complicité agissante des autorités comoriennes crédules, incompétentes et viles, qui consiste :

                        * à creuser toujours davantage, le déséquilibre économique entre d’une part, MAYOTTE bénéficiaire des flux financiers injectés artificiellement, au nom de l’assistanat, et d’autre part, le reste de l’archipel maintenu sous perfusion, au moyen d’accords de coopération improductifs et inadaptés, qui n’ont de coopération que le nom. Au nombre de ces accords, le curieux accord de défense, qui n’a jamais empêché les mercenaires français de venir déstabiliser les îles signataires, ni les légionnaires français, de consolider la balkanisation de l’île comorienne de MAYOTTE pour le compte de la FRANCE..

                        * à œuvrer à MAYOTTE, pour l’éclatement de la société et la déstructuration des familles, en expurgeant des pans entiers de l’éducation, du système coutumier et de toute forme d’identité pouvant susciter une quelconque filiation religieuse, historique, culturelle, linguistique, voire familiale avec les autres îles, au moyen de tripatouillages sans discernement, pratiqués par des experts incompétents car non avertis. Cette « décomorianisation » faite en dépit du bon sens, connaît malheureusement une première application erronée, lorsqu’il s’agit de doter MAYOTTE d’un système d’état civil fonctionnel et efficace, en se contentant de s’inspirer de se qui se fait en FRANCE, en faisant l’impasse sur le système patronymique comorien, donc maorais, qui coordonne depuis des lustres, bon nombre de pratiques socioculturelles, régies dans les 4 îles par la tradition orale.

                        * à être en porte-à-faux avec le pays, qui se dit dépositaire des principes des droits de l’Homme, en faisant notamment entrave, au nom du tristement célèbre « Visa Balladur » à la séculaire libre circulation des personnes, ayant dans sa quasi-totalité en partage :

                                   / le même pays reconnu par la Communauté internationale, dans ses frontières héritées de la colonisation,

                                   / la même population issue d’un long brassage, étalé dans le temps et dans l’espace, sans relents ethniques, tribaux ou communautaires,

                                   / la même langue comorienne, parlée et comprise d’un bout à l’autre de l’archipel, avec heureusement des nuances, des couleurs et des accents inhérents à chaque île,

                                   / le même impact de la tradition orale sur la vie culturelle, sociale et économique des Comoriens des 4 îles,

                                   / la même histoire faite de tranches de vies imbriquées depuis des temps immémoriaux,

                                   / s’agissant de la religion, le même islam sunnite, de rite shaféite dont certaines vertus, comme la tolérance et la générosité relèvent incontestablement du génie comorien.

                        * à faire le black out sur l’hécatombe de Comoriens des 3 îles frappés d’infamies, qui à bord de rafiots, viennent grossir la liste des disparus en mer, sans pouvoir rejoindre à MAYOTTE, qui un parent, qui un ami, ou une connaissance, que rien n’arrête. Rien ! Pas même l’arsenal de l’appareil répressif des forces d’occupation, encore moins, les campagnes de désinformation et de falsification de l’histoire et de la tradition comorienne. Campagnes destinées à faire d’un côté, du Français métropolitain, le modèle de référence d’un citoyen appréciable à tout point de vue, bienvenue en terre comorienne de MAYOTTE, et de l’autre, du Comorien des autres îles, un abominable étranger, au pire, un immigré clandestin, « réprimable », « emprisonnable », « expulsable » et au mieux taillable et corvéable à merci.

 

 

Conscientes du rôle joué par la FRANCE, le pays des droits de l’Homme dont les édifices publics arborent sur leurs frontons les devises : « Liberté-Egalité-Fraternité », les associations de la société civile sus-citées, se refusent à faire l’amalgame entre d’une part, le valeureux peuple français, incarné par cette FRANCE que le général de Gaulle qualifie d’éternelle, dont la grandeur, la générosité, l’hospitalité, l’humanisme et la soif de liberté ne sont plus à démontrer ; et d’autre part, les autorités françaises successives, adeptes, s’agissant précisément des COMORES, de la politique glauque néocolonialiste, cynique et intrigante de la « FRANCAFRIQUE ».

Les autorités françaises relayées ces derniers temps par la quasi-totalité de la classe politique française ont beaucoup de mal à exploiter au mieux, pour l’honneur et le bien de leur peuple et ceux des COMORES, le capital de confiance et de sympathie en réserve aux COMORES, dans une cohabitation harmonieuse et respectueuse des intérêts, de la souveraineté et de l’indépendance de tout un chacun…

Les associations de la société civile sus-citées, entendent poursuivre avec d’autres ce combat collectif pour :

            -1. réaffirmer au grand jour, d’un côté, le caractère inaliénable et non négociable, de la souveraineté et de l’intégrité des COMORES (GRANDE COMORE, ANJOUAN, MOHELI et MAYOTTE), dans leurs frontières héritées de la colonisation, conformément à toutes les résolutions des instances internationales ; et de l’autre, la prise en compte du cas spécifique de l’île comorienne de MAYOTTE (sous administration française), après des décennies de cavalier seul,

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            -2. exhorter la classe politique comorienne et surtout les autorités comoriennes,

                        * à cesser de se comporter en force supplétive et en parangon du néocolonialisme français aux COMORES ; et à entreprendre dès à présent, auprès des instances internationales, des pays amis, bref, de la Communauté internationale, une réelle campagne de mobilisation, susceptible de mettre fin à l’occupation illégale par la FRANCE de l’île comorienne de MAYOTTE, origine de la quasi-totalité des maux qui frappent les COMORES depuis leur indépendance.

                        * à reprendre contre toute attente, les négociations entre la FRANCE et les COMORES, afin de lever pour de bon, l’hypothèque MAYOTTE, ferment de haine, de xénophobie et de déstabilisation d’un petit pays pauvre, qui n’aspire qu’à vivre en bonne intelligence, dans la paix et la concorde avec l’ancienne puissance administrante,

 

            -3. faire part de leur détermination à utiliser tous les recours que permettent les lois internationales pour mettre fin à ce qui est convenu de considérer comme étant un différend franco-comorien, obstacle incontournable pour une juste réconciliation entre Comoriens de GRANDE COMORE, de MOHELI et d’ANJOUAN, mais aussi et surtout, entre Comoriens de MAYOTTE et ceux des autres îles sœurs. Et la contribution de la FRANCE, pour toutes les raisons citées ci-dessus, y est fortement requise.

 

 

Ont signé à PARIS ce 25 / 01 / 2004,

 

 

            -. SOS DEMOCRATIE COMORES / Tél. 06 61 60 18 50

                E-mail : SOSDemocratieComores@wanadoo.fr

 

            -. ACDH (Association Comorienne des Droits de l’Homme)

 

-. GRITAC (Groupe de Réflexion pour l’Intégrité Territoriale de l’Archipel des   

    Comores)

    E-mail : gritac_2000@yahoo.fr

 

-. GAC (Guilde des Artistes Comoriens) /

    E-mail : guilde_des_artistes_comoriens_gac@ yahoo.com

 

            -. FRATERNITE COMORIENNE

                E-mail : Ahmed-chamanga@club-internet.fr                                                                                                                                                                                                                                                                            

 

            -. DIASCOM (Diaspora Comorienne)

                E-mail : moncefsi@free.fr

 

            -. FECOM (Fédération Comorienne) / Tél. 04 96 11 30

                E-mail : fecom@voilà.fr