Le Parc marin de
Mohéli (Pmm) :
Au service de la conservation et du
développement durable - février 2008
Le gouvernement reconnaît les liens entre la
conservation des ressources naturelles et le
développement durable. Une politique nationale de
l'environnement a, donc, été élaborée et adoptée en
1993 et un plan d'action environnemental a été
approuvé en 1994. Le pays s'est aussi doté d'une
Loi-cadre relative à l'environnement en 1995. La
Stratégie et le Plan d'action pour la conservation
de la biodiversité ont été adoptés en 2001. Ce cadre
législatif et réglementaire a permis au pays de se
doter de structures pour la protection de
l'environnement et d'œuvrer pour le développement
durable.
Dans
ce contexte l'importance de la côte sud de l'île de
Mohéli a conduit à la création du Parc Marin de Mohéli
dans cette zone. Initiative qui ne faisait que répondre
aussi aux diverses recommandations des experts et des
associations de protection de l'environnement. Cette
première aire protégée marine aux Comores est issue d'un
long processus participatif qui a débuté en janvier 1999
pour aboutir en 2001 à la signature du décret de
création du Parc marin de Mohéli inauguré le 17 octobre
2002 qui assure un classement de la zone sud de Mohéli
en parc national, conformément aux dispositions de
l'article 46 de la Loi-cadre relative à l'environnement.
Le processus pour l'établissement du Parc marin de
Mohéli a débuté dans le cadre du projet ''Conservation
de la biodiversité et développement durable aux
Comores'' financé par le Fonds pour l'environnement
mondial (FEM), le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) et le Gouvernement des Comores. Le
parc couvre une superficie de 404 km² et s'étend du
rivage de l'île jusqu'à une profondeur de 100 m. Dix
réserves marines (5,5 % de la superficie du parc), où
tout prélèvement des ressources est interdit, ont été
créées. Quelques 9 500 personnes habitent les dix
villages situés en périphérie du parc. Le parc a comme
objectif d'assurer une conservation et une utilisation
durable de la biodiversité marine et côtière, notamment
les ressources halieutiques, et de favoriser le
développement de l'écotourisme.
Quelque cinq ans après son inauguration officielle,
certaines études ont commencé à évaluer les résultats du
parc et en tirer des leçons. Tout d'abord il convient de
souligner l'engagement des communautés locales qui est
resté intact, malgré les difficultés survenues à la fin
de la première phase où le projet Biodiversité a eu à
accompagner tout le processus. Aujourd'hui, les
responsables à tous les niveaux travaillent pour mettre
en place des mécanismes et des activités qui pourront
contribuer à autonomiser le parc comme la mise en place
d'un fonds fiduciaire environnemental.
Hachime Abdérémane
Al-Watwan