Le Parc marin de Mohéli (Pmm) : Au service de la conservation et du développement durable

Le gouvernement reconnaît les liens entre la conservation des ressources naturelles et le développement durable. Une politique nationale de l'environnement a, donc, été élaborée et adoptée en 1993 et un plan d'action environnemental a été approuvé en 1994. Le pays s'est aussi doté d'une Loi-cadre relative à l'environnement en 1995. La Stratégie et le Plan d'action pour la conservation de la biodiversité ont été adoptés en 2001. Ce cadre législatif et réglementaire a permis au pays de se doter de structures pour la protection de l'environnement et d'œuvrer pour le développement durable.


Dans ce contexte l'importance de la côte sud de l'île de Mohéli a conduit à la création du Parc Marin de Mohéli dans cette zone. Initiative qui ne faisait que répondre aussi aux diverses recommandations des experts et des associations de protection de l'environnement. Cette première aire protégée marine aux Comores est issue d'un long processus participatif qui a débuté en janvier 1999 pour aboutir en 2001 à la signature du décret de création du Parc marin de Mohéli inauguré le 17 octobre 2002 qui assure un classement de la zone sud de Mohéli en parc national, conformément aux dispositions de l'article 46 de la Loi-cadre relative à l'environnement. Le processus pour l'établissement du Parc marin de Mohéli a débuté dans le cadre du projet ''Conservation de la biodiversité et développement durable aux Comores'' financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Gouvernement des Comores. Le parc couvre une superficie de 404 km² et s'étend du rivage de l'île jusqu'à une profondeur de 100 m. Dix réserves marines (5,5 % de la superficie du parc), où tout prélèvement des ressources est interdit, ont été créées. Quelques 9 500 personnes habitent les dix villages situés en périphérie du parc. Le parc a comme objectif d'assurer une conservation et une utilisation durable de la biodiversité marine et côtière, notamment les ressources halieutiques, et de favoriser le développement de l'écotourisme.

Quelque cinq ans après son inauguration officielle, certaines études ont commencé à évaluer les résultats du parc et en tirer des leçons. Tout d'abord il convient de souligner l'engagement des communautés locales qui est resté intact, malgré les difficultés survenues à la fin de la première phase où le projet Biodiversité a eu à accompagner tout le processus. Aujourd'hui, les responsables à tous les niveaux travaillent pour mettre en place des mécanismes et des activités qui pourront contribuer à autonomiser le parc comme la mise en place d'un fonds fiduciaire environnemental.


 
Hachime Abdérémane
Al-Watwan