Réflexions et discussions
sur le tourisme aux Comores
Mise à jour 01/01/2007

Messages Issus
du forum de discussion DEMOCRATIE COMORIENNE
de notre forum de discussion HABARI
et diverses autres sources

De : ZAID nouraf@wanadoo.fr
Pour en revenir à l"émergence d'un tourisme solidaire dans notre pays, il ne faut pas imaginer que les acteurs sociaux n'ont pas leur rôle à jouer, et que tout appartient à nos exécutifs.
Sur les plans locaux, on peut dores et déjà préparer le terrain, en faisant par exemple, des démarches suivantes :
- identifier chez les habitants des lieux d'hébergement pour les volontaires, ainsi que l'accès à des moyens de restauration locaux , qui d'une part grâce à la création de forfaits, peuvent générer des ressources financières locales, recensement de pensions de famille, par exemple. Un minimum de critère que qualités peuvent être posés.
- identifier des mini projets de coopération volontaires: par exemple, des cours d'alphabétisation, la mise en valeur de sites touristiques, par la construction d'aménagements, nettoyage des plages, amélioration des cultures, nettoyage des citernes , que sais-je encore? Cela nécessite la mise en place de budgets qui sont aisément accessibles via les contributions habituelles de la diaspora.
-identifier les acteurs locaux pouvant servir à l'encadrement, où la facilitation des actions prévues. Par exemple, artisans locaux capables de travailler le bois, traducteurs franco-comoriens ou autres, guides etc....
Il existe quantité d'associations locales dans la diaspora qui promeuvent des projets; Pourquoi ne pas y associer également des touristes curieux de découvrir notre pays, notre mode de vie ....?
Ensuite, proposer aux organismes spécialisés, la mise en catalogue de la destination Comores , sans doute après avoir négocié des tarifs de groupe spécifique auprès de tours opérateurs ou des compagnies agréées par l'état.
Dans un premier temps, on peut proposer autour de nous, chez nos amis, étudiants, travailleurs, des chantiers qui serviront de références auprès des institutionnels pour un futur agrément.
Même si tout cela peut paraître utopique, l'essentiel est de comprendre que nous avons nous aussi à tous les niveaux, même le plus humble, notre rôle à jouer

De : Saandia HATUBOU zamrouthou@yahoo.fr
Je voudrais poursuivre sur ce même registre : pour l’émergence d’un tourisme solidaire, vos idées sur le travail préliminaire à entreprendre me semblent aller dans la bonne direction. Les propositions de Swaylem sur les chambres d’hôte sont aussi à approfondir. Mais il est difficile de passer sous silence l’absence de culture d'entreprise dans notre société. C’est un handicap à prendre en compte : Pour beaucoup, l'avenir est dans la fonction publique ou dans la politique. L'esprit ambiant qui règne en milieu rural et urbain est qu'il vaut mieux réussir son grand mariage que réussir un projet économique.

Sur ce plan culturel, je suis toujours frappé par le fait que les mosquées sont relativement bien entretenues alors que les écoles, juste après la fin de l’année scolaire, sont littéralement « désossés » de leurs mobiliers, portes et parfois les toitures, puisque de toute façon l’Etat prendra en charge les dégâts à la rentrée, et ce, dans l’indifférence générale. Tout cela pour dire que dans le domaine de la culture, beaucoup reste à faire. Mais je demeure convaincu que le Tourisme provoquera un effet d’entraînement pour le reste de l’économie. Rappelez vous au moment des beaux jours de Galawa où, dès le mois de Mars, l’hôtel affichait « complet » jusqu’à la fin de l’année.

C'est pourquoi je reste convaincu que nos contributions sur le tourisme peuvent, peut-être, convaincre nos décideurs, à force de discuter du sujet. Ce qui vous parait utopique me semble réaliste : J’ai vu des jeunes de villages ou même de quartiers réaliser des travaux, au départ impossibles, mais qui, fort de leur convictions, ont fini par triompher sur de nombreux obstacles (Foyers de jeunes, télévisions villageoises, adduction d'eau, opération de nettoyage...encore la culture !!!)

Un détail hors sujet : c’est toujours difficile lorsqu’on découvre un forum d’avoir le sentiment de relancer un débat qui, peut-être, a déjà fait « couler beaucoup d’encre ». Je souhaite que les « anciens » puissent avoir la gentillesse ne nous rafraîchir la mémoire. Par exemple, j’étais surpris du rappel de Zaid sur le plan d’action opérationnel 2006-2009 (à mon avis remarquable) de Consulting Interface Tourisme. A ce propos, est-ce que le contrat signé n’est pas plutôt le paiement d’une consultation (j’ignore le montant), étant entendu que le budget de 6.4 millions me parait plutôt être le montant des financements à rechercher auprès des bailleurs ? je suis intéressé par des informations sur ce contrat

De : Ndroujou yabwé ndroujouyabwe@yahoo.fr
Une autre forme de tourisme dite « Chez l’habitant » est de plus en plus demandée.  Cette formule consiste à faire héberger les touristes chez des habitants qui se sont préparés à les recevoir dans leur maison où ils ont conçu des chambres prévues à cet effet. Cette formule peut faire bénéficier directement nos familles à qui nous pouvons aider à s’équiper pour pouvoir remplir ces taches de travail sur lesquelles peuvent se greffer d’autres services lucratifs comme la mise à disposition d’un véhicule avec ou sans chauffeur aux touristes qui viennent souvent par famille. Il y a aussi leur restauration, par l’habitant qui leur fera ainsi découvrir la cuisine comorienne servie dans les conditions authentiques.
Cette formule contribue à tisser des liens entre ces touristes et leurs hébergeurs et  peut aider à faire évoluer nos mentalités.
Cette forme de tourisme cible les familles des pays développés à revenues à peine moyennes donc très nombreuses à voyager.
En tout cas les retombés financiers de cette formule de tourisme atteignent plus directement les citoyens comoriens au lieu de passer par les sociétés hôtelières souvent propriétés de financeur étranger.
De plus en plus de touristes demandent à découvrir un pays au lieu de se trouver dans des structures de style club Med où l’on ne fait aucune différence que l’on soit en Égypte ou à Rome tellement que l’environnement ne change pas.
Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de développer le tourisme chez nous, tant qu’on n’aura pas une compagnie aérienne bien réputée capable de convaincre les tours opérators qui sont les vrais professionnels de la vente de bouquets touristiques.
Le mieux pour nous, c’est d’avoir notre propre compagnie aérienne nationale qui pourra bénéficier des subventions d’institutions internationales pour aider à désenclaver les Comores et à les sortir de la mendicité.
Je sais que des fortes subventions ont déjà été données à l’équipe Azali qui, pour pouvoir les récupérer et les mettre dans sa poche, avait fait créer Comores Air Lines surnommé «  Air Mabawa » en 2000. Cette compagnie qui n’a jamais déposé le bilan, existe toujours officiellement mais son histoire est carrément autre chose à elle seule devant faire l’objet d’un débat

De : ZAID nouraf@wanadoo.fr
C'est exactement cette forme de tourisme que l'on désigne par des expressions comme tourisme solidaire( avec la participation des touristes à des chantiers de développement) ou tourisme équitable, c'est à dire en faisant retomber les revenus du tourisme directement  chez les citoyens, c a dire en consommant sur place et en rénumérant de façon équitable les services ( à rapprocher du commerce équitable).
Certes l'enclavement de l'Archipel est le premier obstacle! mais aussi les communications inter-îles.
En ce qui concerne l'étude de interface Tourisme, effectivement, le budget de 6 millions concerne la mise en oeuvre du programme pluriannuel sur 4 ans .
ma question portait essentiellement sur la partie du contrat concédé à cette société et sur l'état de sa réalisation, sur la planification des volets évoqués, même si rien n'oblige un client à suivre les conclusions de ce genre d'études 
En consultant le site de cette société et en comparant avec ce qui s'est passé pour Mdagascar, on constate que le contrat conclu entre cette société et l'état comorien ( par l'intermédiaire du Commissariat au plan ) consistait à organiser un eductour-workshop. Cela consiste à inviter une vingtaine de concepteurs de tour-opérateurs et de la presse professionnelle spécialisée à decouvrir le pays, ses ressources, ses potentialités. Cela devait être réalisé à l'automne, c'est à dire maintenant. Certes le mois d'Octobre, correspondant à la période de Ramadan n'était pas des plus favorables, mais il convient de se demander ce qu'est devenu ce projet. Sans doute le financement du séjour et du voyage de ces professionnels, ( choisis uniquement dans le marché français)  n'était pas assuré, ou le projet dans le meilleur des cas est en gestation, en tout cas on n'en entend pas parler. Il faut mettre en parallèle ce projet avec le coût des multiples voyages des présidents et vice présidents.
On apprend que la Lybie a été consultée pour la création de la gestion d'un complexe touristique, sur le site de l'hotel Itsandra. Il s'agit sans doute d'une autre clientèle que la francophone, mais après le Galawa, cela indique clairement que c'est le tourisme haut de gamme que l'on entend favoriser, ce qui ne tient absolument pas compte de nos handicaps environnementaux, c'est à dire, pénuries d'electricité, difficultés de communication, et formation de personnel . De plus, ces projets semblent cantonnés à l'île de Ngazidja. Le développement de toute autre forme de tourisme semble donc devoir passer par le biais des responsables locaux
J'aimerais raconter une expérience amère que je viens de faire .
Ayant soumis au Comité d'entreprise de la Société qui m'emploie , alors qu'il veut s'orienter à la promotion du tourisme équitable, la destination Comores, j'ai bien entendu été incapable d'informer correctement les responsables du projet sur les éventuels interlocuteurs institutionnels ou associatifs .
De plus, ceux ci ayant été amenés à effectuer des recherches sur le pays, l'Ambassade des Comores qui ne dispose d'aucun numéro de téléphone, d'aucun conseiller spécialisé a fait défaut, et les divers renseignements recueillis sur Internet ( a défaut d'autres structures) ont fait ressortir au milieu de bien d'autres, le manque de fiabilité de la destination, à cause entre autres  de la réputation confortée par  l'apparence de notre nouveau Président, ainsi que le classement du pays dans ceux affectés par des conflits.  En conclusion, il convient de laisser le régime politique faire ses preuves pour l'instant
Enfin, au sujet des compagnies aériennes, j'aimerais dire à ndroujou que la Cie comorienne est mort-née, car elle a été interdite par les autorités aéroportuaires sur les aéroports français et cela bien avant que les règles ne deviennent européennes.
La culture étatique comorienne a ce sujet, est plutôt d'exiger des compagnies des royalties en echange des droits de trafic que de proposer des subventions, et en général ceux là sont accordés de gré à gré, sans réels appels d'offres.
Cependant, la perspective d'un hub aérien au Kenya est une opportunité que nous devrions saisir, car le Kenya est une destination prisée, et c'est plutôt une coopération qui devrait s'amorcer entre pays de la zone . Il serait également intéressant de prévoir des packages jumelés: Océan indien avec des destinations comme Réunion, Kenya, Comores etc.....
Des fonds sont prévus par les accords de Maurice pour l'expansion touristique. Il faudrait d'abord éviter que ceux ci disparaissent dans les programmes institutionnels et qu'au contraire, ils puissent être distribués aux initiatives locales ou villageoises pour aller vers un tourisme intelligent, car il est évident qu'ainsi, on peut avec les mêmes montants faire beaucoup plus dans beaucoup plus d'endroits

De : Saandia HATUBOU zamrouthou@yahoo.fr
Voici un texte (je ne suis pas l'auteur) que je n'arrive pas à transférer en fichier joint (mais possible en copier coller) et qui contient des informations que je souhaite faire partager aux forumistes dans le prolongement des idées sur la promotion des exportations. Il est long mais intéressant.

Mieux connaître la nature et les richesses des Comores
 


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