BID - Comores

Plusieurs projets d'investissements sont discutés entre les deux parties
Une délégation conjointe d'hommes d'affaires
saoudiens et de la Banque islamique de développement
(Bid) a séjourné à Moroni du 30 octobre au 1er
novembre. Elle est composée de 24 hommes d'affaires
et de sept membres de la Bid dont le président du
Conseil d'administration de cette institution, Dr
Ahmad Mohamed Ali, arrivé à Moroni dans la matinée
du jeudi. L'ensemble de la délégation a quitté les
Comores jeudi après trois jours de travail et de
prospection.
A leur descente d'avion à l'aéroport international de Moroni-Hahaya, le mardi en fin de journée, ils ont rencontré les responsables du Groupe Comoro-Gulf Holding qui étaient en mission d'évaluation de leurs projets dans le pays. Aussitôt après leur installation à l'hôtel, les membres de la délégation conjointe ont été les hôtes à dîner du chef de l'État Ahmed Abdallah Sambi. A cette occasion, le président Sambi a fait un état de lieu de la situation économique du pays avant de remettre aux partenaires saoudiens les trente neuf projets d'investissement dans plusieurs domaines notamment la pêche, l'élevage, la fabrication de parfums, la transformation des fruits, les infrastructures et autres.
La journée du mercredi a été consacrée à la cérémonie d'ouverture officielle du forum regroupant, d'une part, les responsables de la Bid et les investisseurs saoudiens et, d'autre part, les hommes d'affaires comoriens au Palais du peuple de Hamramba.
Dans le discours prononcé pour la circonstance, le chef de l'Etat comorien a salué la disponibilité manifestée par Sa Majesté le roi Abdallah de dépêcher cette délégation suite aux requêtes qu'il a formulées lors de leurs différentes rencontres. Il a également remercié les fonds arabes, en l'occurrence le Fonds koweitiens de développement, le Fonds d'Abu Dhabi, le Fonds saoudiens et l'Organisation des pays exportateur de pétrole (Opep) pour avoir établi des échéances permettant l'Union des Comores d'apurer progressivement ses dettes envers ces institutions afin de sortir de la liste des pays très endettés. Il a particulièrement salué l'engagement de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique qui a signé le 15 mars dernier une convention sur le règlement de la dette des Comores. Celle-ci a accordé à l'Union des Comores de rembourser ses dettes évaluées à un montant de 10,5 milliards de francs, à long terme soit une période étalée sur dix sept ans. Selon le président Sambi, ce passage d'hommes d'affaires saoudiens incitera d'autres investisseurs de venir prospecter le marché comorien et sur ce, il a déclaré que les portes sont largement ouvertes à tous. Au passage, il a souligné l'apport important du Roi Abdallah qui a permis le démarrage du projet de l'habitat aux Comores avec un montant de 5 millions de dollars. Il a enfin lancé un vibrant appel au financement des projets du secteur public qui est la clé du développement du secteur privé.
Le discours du président du Conseil d'administration de la Bid, Dr Ahmad Mohamed Ali, lu par le conseiller spécial du vice-président de la Banque Dr Bachir Fadhlullah, a été axé sur les bonnes relations de la Bid et l'Union des Comores. Il a rappelé que l'institution financière a réalisé aux Comores différents projets d'une valeur totale de 13 millions de dollars. Le discours du président de la Bid a démontré le rôle que doit jouer, à partir de ces assises, le secteur privé dans le développement durable des Comores. Il a été souligné que parmi les objectifs de la Bid figurent le développement du commerce et la coopération économique entre les pays membres surtout dans le cadre des échanges. Il a interpellé les Comoriens à saisir cette opportunité de la Bid dont beaucoup d'autres pays au monde ont déjà bénéficié des retombées de telles coopérations.
Les participants aux séances de travail tenues, ensuite, à l'hôtel Le Moroni ont eu droit à des exposés de projets présentés par des hommes d'affaires comoriens. Dans l'après-midi de ce mercredi, les investisseurs saoudiens et les hommes d'affaires comoriens ont échangé entre eux. Ils se sont passés leurs coordonnées pour donner des suites à leurs entretiens.
Les membres de la délégation ont fait une visite de courtoisie au chef de l'exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, ce mercredi en début de soirée.
Dans la matinée du jeudi, la délégation a visité certains sites dont le projet Habitat, le Cndrs, l'hôpital El-Maarouf et les sites touristiques du nord de Ngazidja.
A l'hôtel Galawa où il y a eu un déjeuner de travail, offert par le ministre des Finances, les deux parties ont adopté le communiqué final avant la conférence de presse conjointe donnée par le ministre comorien des Finances, le Président de la Bid et le représentant des investisseurs. Il est à souligner que le montant total des investissements est de douze milliards des FC.
A bord de leur jet privé les investisseurs saoudiens et les responsables de la Bid ont quitté les Comores jeudi en fin de journée.
Al-Watwan
Les opérateurs comoriens s'impliquent
DE NOTRE CORRESPONDANT SPÉCIAL ALI MOHAMED Longtemps boudés par les milieux d'affaires, les Comores vivent ces derniers mois au rythme des délégations d'investisseurs arabes. Si le Kuwait et les Emirats Arabes Unis ont déjà pris pieds sur de nombreux projets, les Saoudiens sont dans la phase de prospection.
Le
30 octobre dernier, les aéronefs privés des
opérateurs koweitiens et saoudiens se sont croisés à
2 heures d'intervalle à l'aéroport de Moroni-Hahaya.
Les premiers quittaient le pays après 24 heures de
travail et les seconds démarraient une visite de
48h.
Au cours d'une cérémonie officielle au Palais du
peuple le lendemain, les autorités politiques ont
présenté la stratégie de développement économique du
pays et souhaité la promotion et le renforcement des
relations économiques et commerciales entre l'Union
des Comores et le Royaume d'Arabie.
Aussitôt après, la délégation conduite par le
président de la Banque Islamique et composée d'une
vingtaine d'investisseurs privés a eu une séance de
travail et plusieurs entretiens avec les opérateurs
et les autorités nationales.
Il s'agissait, selon Chamsoudine Ahmed, Président du
patronat comorien, de voir ensemble les domaines
d'intervention pouvant faire l'objet de partenariat
entre les deux parties : « Nos membres avaient
envoyé à l'avance des propositions de projets
nécessitant des apports financiers extérieurs, et
cette rencontre nous permet de les examiner ensemble
».
Capitaux privés ou publics ?
Les hôtes du gouvernement et du patronat ont eu à
visiter les chantiers mis en œuvre par leurs
homologues, et ce, le jour même du lancement des
travaux à l'hôtel Galawa.
Selon M. Bachar, le responsable des projets
koweitiens, les travaux d'extension de l'hôtel
Itsandra et de réhabilitation du siège de la Banque
Fédéral du Commerce devront s'achever dans 3 mois,
pour ouvrir la voie à des investissements beaucoup
plus conséquents, notamment le complexe touristique
du Lac salé, la construction d'un port en eau
profonde à Ngazidja et de 3 petits ports pour
faciliter les liaisons inter-île. Sur le plan des
télécommunications, le Kuwait vient d'obtenir une
licence d'exploitation dans la téléphonie mobile, et
se positionne sur un accès local à Internet, une
télévision locale par satellite et une radio en FM.
Cette manne financière, tout en constituant une
aubaine pour l'économie comorienne, suscite
néanmoins des appréhensions : « Pourquoi ne pas
faire appel à des investisseurs d'autres origines au
lieu de s'enfermer dans ce cercle hégémonique des
Arabes dans le contexte actuel », s'exclamait un
importateur au passage du cortège saoudien. La
réponse à cette question vient de Hakim Loutfi, haut
fonctionnaire au Ministère de l'Économie :« Notre
instabilité chronique, et l'inexistence
d'infrastructures de base dissuaderont toujours les
vrais capitalistes. Les sociétés arabes qui viennent
aux Comores ont la particularité d'appartenir aux
princes dirigeants des pays du Golf, soucieux
d'aider un pays frère ».
Il est vrai que le prince koweitien, Sabah Al-Jaber
Moubarak Al-Sabah, a fait 2 fois le déplacement à
Moroni en novembre 2006 et en mai 2007 pour lancer
les activités du groupe privé “Cheikh Sabah Al-Jaber
Moubarak Al-Sabah & Associés”. Par ailleurs, la
“Dubaï World Holding Ltd” qui a acheté le Galawa est
présidée par l'Emir de Dubaï en personne.
Comores PRESSE