Histoire de l'aviation aux Comores

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Cette rubrique présente un florilège de compagnies aériennes disparues des Comores, certaines n'ayant jamais effectué le moindre vol ... et quelques agences de voyage ayant subi le même sort.

Préfixe OACI d'immatriculation des aéronefs comoriens : D6-AAA à D6-ZZZ.

Les compagnies aériennes existantes ou virtuelles des Comores (en anglais) : http://www.airlinehistory.co.uk/RestofWorld/Comoros/Airlines.asp

Une page consacrée aux avions des Comores : http://archivesdescomores.weebly.com/aviation.html

Sommaire

Air Comores

DOUGLAS C-47 (type DC-3) : 1963-1971 (2 immatriculations possibles : F-OCEN, F-OCRR).
DOUGLAS C-47 ?

Air Comores est fondée dans les années 1950 par Yves Lebret, un des derniers grands aventuriers de l’histoire de l’aviation dans l’océan Indien, décédé en mai 2002.

Société Nationale des Transports Aériens - 1963-1997.

En 1974, la compagnie est nationalisée par le président Ahmed Abdallah. Le dernier appareil à avoir porté ses couleurs aura été un Fokker 27 au début des années 1980.

Air Comores a disparu en 1997.

Sur la privatisation d'Air Comores, voir à la page Privatisations.

Pour en savoir plus sur Air Comores ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Air_Comores

Les avions d'Air Comores

Air Comores a utilisé la plus grande variété d'aéronefs et a produit le plus de logos différents.

DOUGLAS C-54 immatriculé F-BBDA
DOUGLAS C-54 immatriculé F-BBDA
DOUGLAS C-54 immatriculé F-BBDR
Fokker F-27 immatriculé D6-CAI
Fokker F-27 immatriculé D6-CAI
BOEING 737 immatriculé SE-DLP










Island Associates

Utilisateur privé aux Comores : "Island Associates" (1980 - 1991 ?)

DOUGLAS C-47B Dakota - immatriculations D6-CAD D6-CAE D6-CAF D6-CAG D6-CAH

Armée de l'air comorienne

SIAI SF.260WC Warrior immatriculé D6-ECD. Photo Arnaldo Guerrini.

SIAI-Marchietti SF.260WC Warrior (avion-école italien) - immatriculation D6-ECD - http://www.airliners.net/photo/Comores-Air-Force/SIAI-Marchetti-SF-260WC-Warrior/700889

Cessna 402 Utililiner - immatriculation D6-ECA - http://www.airport-data.com/aircraft/D6-ECA.html

Douglas C-47 Dakota - immatriculations D6-ECB (ex F-OCEN Air Comores), D6-ECC - http://www.airport-data.com/aircraft/D6-ECB.html

SIAI-Marchietti SF.260WC Warrior - immatriculations D6-ECD, D6-ECE, D6-ECF - http://www.airport-data.com/aircraft/D6-ECD.html

SNIAS (Aérospatiale) SN.601 Corvette - immatriculation D6-ECB - https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%A9rospatiale_Corvette

Hélicoptère SNIAS AS 350 Écureuil - immatriculation D6-MAA




Comores Air Service - Air Service Comores (ASC) - 1996 à 2012

Comores Air Service - LET 410 UVP - immatriculé D6-CAN
Air Service Comores.jpg

Baptisée à l'origine "Aéro Comores".

Avions enregistrés :

LET 410 UVP (construit par l'entreprise tchèque Let Kunovice) - immatriculé D6-CAN - http://www.airframes.org/reg/d6can

Fokker 27.100, 10152 loué à Luft Africa - immatriculé ZS-OEH - https://www.planelogger.com/Aircraft/Registration/ZS-OEH/696176

Interdiction confirmée d'Air service Comores - “La compagnie a sciemment falsifié les documents de bord des aéronefs” (Al-Watwan - 2012) : http://wongo.skyrock.com/3060885611-Interdiction-confirmee-d-Air-service-Comores.html

Air Services Comores sur la liste noire européenne (2013) : http://hubulwatani.centerblog.net/65-air-services-comores-sur-la-liste-noire-europeenne

Comores Air Services sur Wikipédia (en anglais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Comores_Air_Services


Les tentatives de compagnies des années 1990 - 2000

Depuis le début des années 90, l’archipel a été la proie d’escrocs du ciel.

L’affaire Rowland Ashley (1994)

En 1994, c’est l’affaire Rowland Ashley. Cette année-là, Roland Armoogum convainc le gouvernement comorien de privatiser Air Comores et se propulse à la tête de la compagnie, provoquant une crise politique. À l'époque, il se fait passer pour Lord Rowland Ashley, noble héritier d'une famille d'industriels anglais. Le faux « aristo » tente même de vendre l'unique avion, le Fokker 27.

Roland Armoogum - un escroc au long cours (2004) : http://www.lexpress.mu/article/roland-armoogum-un-escroc-au-long-cours

Escroquerie Roland Armoogum arrêté (2011) : http://www.habarizacomores.com/2011/06/escroquerie-roland-armoogum-arrete-pour.html

Menon Airways (1995)

La Lettre de l'Océan Indien - 1995 (articles payants) : https://www.africaintelligence.com/ION/economics/1995/07/15/menon-needs-no-more-air,32178-ART

et ... https://www.africaintelligence.fr/LOI/politique/1995/09/02/accord-aerien-et-remaniement,32728-ART?CXT=CANP&country=COMORES

Une épaisse fumée noire

"Soyez original cet été, partez aux Comores. Oublié par les vagues de touristes, ce petit pays de l'océan Indien ne possède que deux hôtels. C'est le paradis pour vous tout seul, ou presque.

Mais voilà, comment découvrir les autres cailloux de l'archipel, Anjouan, Mohéli ou Mayotte? Le dernier avion d'Air Comores, la compagnie nationale, longtemps dirigée par le fils de l'ancien chef de l’État, a rendu l'âme depuis plus d'une année.

Une seule solution, emprunter un appareil délabré de la Menon Airways, dirigée par un étrange personnage, Gopi Menon. Les pilotes sont Russes, souvent alcoolisés. Et vous effectuez le saut de puce entre la Grande Comore et les îles voisines au milieu d'une épaisse fumée noire. Explication: l'archipel des Comores, ruiné par Bob Dénard et ses mercenaires, s'est constitué une petite cagnotte en bradant ses droits de trafics intérieur, régional et international à des financiers étrangers, comme Gopi Menon."

Source - l'hebdo (Suisse, 1996) : http://www.hebdo.ch/ces_avions_quil_ne_faut_pas_prendre_31896_.html

Kamaria Air (1997 ?)

TAKI sponsorise KAMARIA AIR (La Lettre de l'Océan Indien - article payant - 1998) : https://www.africaintelligence.fr/LOI/economie/1998/07/18/taki-sponsorise-kamaria-air,50536-ART

La flotte de Kamaria Air : https://www.planelogger.com/Airline/Fleet/Kamaria_Air/169364

Continental Wings Comores airlines (2001)

Boeing 747-SP de Continental Wings Comores airlines. Photo : Denis Ciaudo. Source : http://www.airfleets.net/ficheapp/plane-b747-22302.htm

Puis entre en scène Thomas Grothe. Venu officiellement pour rétablir les liaisons inter-îles pratiquement interrompues depuis la disparition d’Air Comores, il finit par se lancer dans le long-courrier.

Les Aigles des Comores prennent du plomb dans l'air (Comores-infosweb - 2001)

Ces derniers mois, l'idée d'une compagnie aérienne nationale a refait surface autour du projet d'un homme d'affaires allemand, Thomas Grothe et de sa compagnie Continental Wings. Son plan d'activité a été juge "crédible" par des experts de la Banque mondiale (Lettre de l'Océan Indien n. 944) et le ministre comorien des Transports, Mohamed Ali Attoumane, s'est fendu d'une lettre, le 28 avril, désignant "Continental Wings of Comoros - Les Ailes des Comores" comme "une compagnie aérienne enregistrée en République Fédérale islamique des Comores et désignée comme transporteur national" de ce pays. Des lors, cette compagnie est "autorisée à opérer des vols internationaux réguliers et des services cargos".

Les statuts de cette compagnie, créée récemment pour la circonstance à Moroni, font partie du dossier transmis aux autorités françaises afin d'obtenir des droits de trafic auprès de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) pour une liaison Marseille/Moroni directe, dont l'inauguration est prévue le 29 juin. Telle était d'ailleurs la démarche recommandée par le responsable du développement fret de l'aéroport de Marignane, Jean-Marc Boutigny, lorsqu'il avait été saisi de ce projet de liaison Marseille/Moroni. Dans une lettre datée du 30 janvier 2001, Boutigny précisait que "ce projet soutenu par la Banque mondiale et tant espéré par les ressortissants comoriens de France, mérite la plus grande attention de par l'intérêt qu'il représente pour le développement économique et touristique des Comores".

Mais à ce jour, la direction de l'International Air Transport Association (IATA) n'a pas trouve trace dans ses archives des références de la compagnie Continental Wings dont un petit avion a été jadis immatricule en Gambie, pas plus d'ailleurs que des antécédents aéronautiques de Thomas Grothe (Lettre de l'Océan Indien n.951). Les Ailes des Comores n'ont pas trouve en France d'agences de voyage agréées par l'IATA pour vendre leurs billets Marseille/Moroni. Grothe a eu recours à Karibou Voyages, une agence dirigée par Marc Gaulin, son amie comorienne Tahamida Mze et Pascal Mas (Lettre de l'Océan Indien n.950), mais en proie à des difficultés internes.

Grothe et ses amis viennent de créer leur propre agence de voyages, Marseille Air Travel Services (MATS-GSA), dont les coordonnées renvoient à une société de domiciliation et a un numéro de téléphone portable. MATS propose déjà des vols directs Marseille/Moroni en prix conseillé à 7 950 FF à partir du 29 juin, alors même que la DGAC française n'a pas donne son feu vert à cette liaison. Pour le vol inaugural sur Moroni, MATS casse les prix et propose un tarif promotionnel à 6 950 FF. Par ailleurs, MATS propose également des vols Marseille/Antananarivo (Madagascar).

A ce propos, les Ailes des Comores devraient être débaptisées pour prendre le nom de Comores Airlines, afin d'indiquer qu'il s'agit bien là d'une compagnie nationale et Grothe envisage d'opérer a partir de l'Allemagne pour transporter des touristes à Madagascar. Mais le président Assoumani Azzali commence a s'inquiéter de la tournure que prend cette opération et pourrait bien faire machine arrière en désavouant son ministre des Transports et son directeur de cabinet en charge de ce dossier, Fakridine Mradabi.

Le Boeing de Continental Wings Comores airlines : http://www.airliners.net/photo/Continental-Wings-Comores-Airlines/Boeing-747SP-27/201299

La DGAC arrête de vol un 747 (forum Google - 2001) : https://groups.google.com/forum/#!topic/fr.rec.aviation/9AYLy5gWA-c

Massiwa Air (2002)

Les passagers du vol fantôme de Massiwa air (2002) : http://www.pprune.org/archive/index.php/t-57119.html

A propos de l'Affaire de Massiwa Air - le ministre de Ngazidja réagit (2002) : http://fr.allafrica.com/stories/200207260428.html


Continental Wings of Comoros puis Massiwa Air seront des flops retentissants qui laisseront sur le tarmac des centaines de passagers.

Depuis qu’Air France puis Corsair ont supprimé de leur programme l’escale de Moroni, les Comores étaient pratiquement privés de liaisons long-courrier vers l’Europe.


Indian Ocean Airways (2001)

Ocean Airlines

Voir le crash d'une avion de cette compagnie à Anjouan en décembre 2002 : rubrique Crash aériens.


Comores Aviation (2001 - ?)

La liste des aéronefs : https://www.planelogger.com/Airline/Fleet/Comores_Aviation/169449

Comores Aviation - ATR-42 ZS-OZX.
Comores Aviation - Hawker Siddeley HS-748 ZS-TPW.
Logo de Comores aviation.
Le minibus de Comores Aviation.

"C’est le tour de la compagnie Comores aviation d’arnaquer les comoriens de France" (Comores plus - 2012) : http://comoresplus.over-blog.com/article-c-est-le-tour-de-la-compagnie-comores-aviation-d-arnaquer-les-comoriens-de-france-108119833.html

Avions enregistrés :

ATR-42 - immatriculé ZS-OZX - http://www.jetphotos.net/showphotos.php?regsearch=ZS-OZX

Hawker Siddeley HS-748 - immatriculé ZS-TPW - https://www.planelogger.com/Aircraft/Registration/ZS-TPW/671105

Fokker F-28-4000 - immatriculé ZS-DRF - https://www.planelogger.com/Aircraft/Registration/ZS-DRF/699647

Autres immatriculations : KR-KMZ ZS-AGB

Comores Aviation International

Comores Aviation International a remplacé Comores Aviation.

Sa page Wikipédia ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Comores_Aviation_international

Flotte de la compagnie: 4 appareils au total

- Airbus A310-300, construit par Airbus.

- BAE 146-200, construit par British Aerospace (Royaume-Uni).

- Embraer EMB-120, construit par Embraer (Brésil).

- LET 410, construit par Let Kunovice (République tchèque).


Air Mohéli international (2011 - 2012)

Air-moheli-international.jpg

Lors de la conférence de Doha en mars 2010 au cours de laquelle 540 millions de dollars d’aides et de financements de projets ont été réunis, trois millions étaient destinés à la création d’une société nationale de transport aérien et maritime.

Air Moheli International est la concrétisation de ce projet. La nouvelle compagnie a inauguré vendredi de la semaine dernière une ligne Moroni Dubaï via Djibouti avec un Boeing 737 300 équipé de 138 sièges.

Pour en savoir plus ... (Alain Dupuis, 2011) : http://watwan.over-blog.com/article-air-moheli-international-prend-son-envol-aux-comores-79520521.html

Air Mohéli International effectue son premier vol commercial (2011) : http://www.lexpress.mu/article/comores-air-moh%C3%A9li-international-effectue-son-premier-vol-commercial

Air Mohéli International - nouvelle compagnie des Comores ? (2011) : http://www.crash-aerien.news/forum/air-moheli-international-nouvelle-compagnie-des-comores-t19274.html

Une page facebook (2011 - 2012) : https://www.facebook.com/Moheli-Air-International-176899012380043

"Air-Moheli international est une société fictive iranienne de transport" (2011) : http://avecmaecha.skyrock.com/3015113935-L-AIR-MOHELI-INTERNATIONAL-EST-UNE-SOCIETE-FICTIVE-IRANIENNE-DE.html

France Comores Voyages (2010)

FC voyages.jpg

L’agence "France Comores Voyages" prend son envol (2010) : http://www.reunionnaisdumonde.com/spip.php?article2794

Sa page facebook (2010) : https://www.facebook.com/francecomores.voyages








Comoro Islands Airline (2009)

The airline launched with flights between the islands of the archipelago made its first flight on 6 October 2009. The airline in association with Bahrain Air, flew the first inaugural international flight to Jeddah to take pilgrims to the Hajj in 2009.

Source ... Wikipédia (en anglais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Comoro_Islands_Airline


Continental Wings Comores Airlines (2001-2002) - Palace air (2004 ? - 2006 ?)

Continental Wings Comores Airlines - BOEING 747-SP - immatriculé D6-OZX
Continental Wings Comores Airlines - BOEING 747-SP - immatriculé D6-OZX

https://www.planelogger.com/Airline/Fleet/Continental_Wings-Comores_Airlines/133405

BOEING 747-SP - immatriculé D6-OZX - http://www.airfleets.fr/ficheapp/plane-b747-22302.htm

Cet avion a ensuite été utilisé par Palace Air.

Il a été détruit par un incendie à l'aéroport international Soekarno-Hatta CGK (Indonésie) en juin 2009.

Fly Comoros (2015)

Fly Comoros, is a joint venture of Hairu Investment Management Services (Private) Limited and Swiss Aviation Group (SAT) to provide airline services in the Union of Comoros.

Pour en savoir plus ... http://www.hairuec.com/Fly-Comoros-SA

Site Internet (vide) : http://fly-comoros.yolasite.com

Page facebook : https://www.facebook.com/FLY-Comoros-468882116610360

Air Bourbon (2003 - 2004)

Airbour.jpg
Air Bourbon.

L’arrivée d’Air Bourbon le 23 juin 2004 a comblé le vide : Air Bourbon lance sa cinquième destination Paris - Moroni une fois par semaine.

7 juillet 2004 : Un HS.748 aux couleurs de Comores Aviation s’envole de Mayotte avec à son bord 40 passagers. A Moroni, la correspondance est assurée avec l’A.340 d’Air Bourbon.

Air Bourbon déploie ses ailes au dessus des Comores (2003 - 2004)

© Copyright 1982-2004 Indigo Publications. Reproduction et diffusion interdites (photocopie, intranet, web, ...) sans autorisation écrite. Articles issus de divers forums Internet qui traitent du transport aérien. Ces articles ont un intérêt historique, AIR BOURBON ayant déposé son bilan le 3/12/2004 et été mis en liquidation le 08/12/2004.

Air Bourbon attaque Air Austral sur Mayotte (publié le 14 décembre 2003)

Après avoir annoncé il y a quelques semaines la desserte prochaine de Milan au départ de Lyon, Air Bourbon prévoit, dès le 28 mars 2004, de desservir Mayotte trois fois par semaine (mardi, jeudi, dimanche). Un dossier pour obtenir les droits de trafic sera au Conseil supérieur de l’aviation marchande (CSAM) et devrait être réglée dès le mois de janvier selon ses dirigeants.

Pour acheminer les passagers entre les deux îles, Air Bourbon utilisera son A340-200, un appareil de 286 places qui assure déjà les rotations entre Paris et la Réunion.

La desserte de Dzaoudzi s’inscrit en fait dans le prolongement de cette ligne avec un timing qui permettra à Air Bourbon de récupérer une partie de la clientèle mahoraise et concurrencer surtout Air Austral et ses 106 000 passagers transportés l’année dernière.

Une stratégie qui peut se révéler payante La compagnie réunionnaise espère dès la première année rafler 50 % de parts de marché en proposant des billets moins chers qu’Air Austral voire se lancer dans une guerre tarifaire si nécessaire. Cette stratégie peut se révéler payante car l’arrivée d’Air Bourbon est attendue avec impatience à Mayotte, une île où l’image d’Air Austral s’est progressivement détériorée ces dernières années en raison des tarifs jugés “prohibitifs” imposés par le transporteur.

L’irruption d’Air Bourbon dans le paysage aérien mahorais devrait sonner la fin des ambitions d’Air Mayotte International, une compagnie que souhaitaient créer les élus locaux en s’appuyant sur le conseil général mais qui n’a jamais pu réellement se développer faute de moyens budgétaires.

Ce redéploiement dans la zone devrait au contraire permettre à Air Bourbon d’améliorer ses coûts d’exploitation même si un équipage moyen courrier comprenant deux pilotes supplémentaires et du personnel naviguant commercial sera recruté.

D’ici 2005, les dirigeants espèrent même rééquilibrer les comptes de la société grâce à l’ouverture de cette nouvelle ligne.

Un objectif qui mérite toutefois d’être nuancé. Sur les six premiers mois de son exercice, Air Bourbon affiche un déficit d’exploitation de 1,7 million d’euros et la société a dû puiser dans ses fonds propres à hauteur de 2 millions d’euros pour faire face aux échéances.

Vers une saga Air Bourbon ? (publié le 25/11/2003 par Julien MRV)

Si l'on en croit le site du Journal de l'Ile, il y aurait des mouvements au sein d'Air Bourbon. En deux mots, une augmentation de capital qui était démentie mais qui semble inéluctable... On y apprend aussi que les milieux politiques pourraient avoir de l'influence... Etonnant ! C'est à lire sur Clicanoo !

Air Bourbon : des projets vers Mayotte (publié le 25/01/2004 par Alain PIA)

Cela bouge chez Air Bourbon : le PDG, Erick Lazarus, veut établir une liaison semi directe Mayotte Paris (avec escale technique obligatoire car l'A340 ne peut décoller à pleine charge de Mayotte) et directe Paris Mayotte, l'idée étant de ne plus obliger les passagers à venir systématiquement sur l'île de La Réunion en correspondance.

Les élus politiques sont favorables à cette idée "chère au Président de la République" tandis que la DGAC locale s'est déclarée publiquement contre.

Affaire à suivre…

Air Bourbon déploie discrètement ses ailes au dessus des Comores (publié le 2004-05-07 12:13 par Nicolas R.)

Air Bourbon était passée début avril 2004 devant le CSAM pour demander des droits de trafic sur Paris – Mayotte. Le CSAM avait alors émis un avis favorable. La compagnie réunionnaise vient d’introduire il y a quelques jours ses vols Paris – Moroni dans les systèmes de réservation. Les tarifs quant à eux ne sont toujours pas publiés. La compagnie précise bien "TFC SUBJ GOVT APPROVAL".

Voici en détails le programme d’Air Bourbon :

Paris – Moroni : une fois par semaine tous les mardis - Départ Orly Sud à 21h20 - Arrivée Moroni le lendemain à 08h10 en A 340-200.

Moroni – Paris : une fois par semaine tous les mercredis - Départ de Moroni à 10h05 - Arrivée Paris le jour même à 18h55 en A 340-200.

Air Bourbon voudrait-elle se rapprocher de Mayotte ? Sans aucun doute. La compagnie pose à Moroni car les Grandes Comores disposent d’une piste pouvant accueillir les gros-porteurs, ce qui n’est pas encore le cas de l’aéroport de Mayotte qui est actuellement en travaux.

Une question reste en suspens : comment Air Bourbon acheminera-t-elle ses passagers de Moroni à Mayotte ? Affrétera-t-elle des appareils auprès d’une compagnie locale, et laquelle ?

La desserte de Mayotte s’avère périlleuse. Air Bourbon ne se brûlera-t-elle pas les ailes au soleil des Comores ?

Profitons-en pour rappeler qu’Air Mayotte International, qui défend un projet ambitieux et sérieux, se bat toujours pour que ses couleurs puissent bientôt flotter dans les cieux mahorais.

Ligne directe Mayotte paris avec Air Bourbon (21/05/2004)

Un projet sérieux de liaison direct Mayotte-Métropole va-t-il enfin voir le jour? C'est ce qu'espèrent, comme chaque année à l'approche de l'été, aussi bien les habitants de Mayotte que les mahorais qui vivent en métropole et vont devoir se heurter à l'épineux souci du "retour à la maison" pendant les congés scolaires.

Le ministre des Transports vient de transmettre, ce mercredi en fin d’après-midi, l'autorisation pour la compagnie aérienne Air Bourbon d'exploiter les lignes Paris-Mayotte et Paris-Moroni. Après l'autorisation du Conseil supérieur de l'aviation marchande, il fallait cette autorisation ministérielle, c'est donc fait. L'A 340 de la compagnie aérienne régionale n'attend désormais plus que l'autorisation de l'aviation civile de Mayotte de se poser à Dzaoudzi pour ouvrir la ligne Mayotte?Paris en direct, avec escale technique à Moroni à l'aller. Un pompier supplémentaire à l'aéroport quelques heures pu semaine lorsque l'avion se pose, ne devrait pas bloquer ce projet tant attendu par la population locale qui gagnera ainsi plusieurs heures sur la ligne vers Paris, et donc très certainement payera moins cher qu'en effectuant une escale obligatoire à la Réunion. Par ailleurs, l'argument mis en avant de la trop faible taille de l'aérogare actuelle devrait aussi voler en éclat avec la proposition d’Air Bourbon de ne charger que 180 passagers au départ de Mayotte, en attendant la construction &ici la fin de l'année de la nouvelle aérogare, provisoire... En attendant cette autorisation des responsables locaux, Air Bourbon ouvre la ligne directe Moroni-Paris le 22 juin prochain. Départ à 21h30 de Paris, atterrissage à 7h15 à Moroni et départ dans l'autre sens à 1Oh30 de Moroni pour une arrivée dans la capitale des gaules vers 19h00. Les billets Moroni-Paris sont en vente à partir de cette fin de semaine, prévient Erick Lazarus, président de la compagnie. Dans l'optique où l'aviation civile ne permet pas à l'avion de se poser à Mayotte, la compagnie cherche un avion qui assurerait la ligne Mayotte-Moroni. Ces vols prévus en hebdomadaire dans un 1er temps, devraient rapidement basculer à 2 ou 3 rotations par semaine.

Air Bourbon - Vol à destination des Comores

La compagnie réunionnaise Air Bourbon va démarrer une desserte hebdomadaire régulière entre Paris et Moroni avec un Airbus 340 à compter du 23 juin. Cette compagnie est représentée à Moroni par le Libanais Tony Medawar qui est actif depuis des années dans le secteur du transport aérien à destination des Comores. Medawar représente également la compagnie African Express, qui effectue depuis avril dernier une liaison hebdomadaire entre Moroni et Nairobi avec un DC 9.

Air Bourbon sur la corde raide (13 novembre 2004)

Article de la Lettre de l'Océan Indien http://www.africaintelligence.fr/loi/default.asp

Air Bourbon vrille un peu. Air Austral fait la sourde oreille à tout rapprochement. Le projet Air Comores International est reporté d'un an. Erick Lazarus, président d'Air Bourbon, n'a pas franchement convaincu, le 8 novembre, en annonçant que sa compagnie serait "complètement rétablie" à la fin du mois grâce aux capitaux trouvés "tant en interne qu'en externe" pour poursuivre durablement son activité. Si les salaires des 160 employés et quelques dettes urgentes envers des prestataires aéroportuaires ont pu être payés ces derniers jours grâce à 1,2 million d'euros libérés dans le cadre d'une augmentation de capital en cours, le patron d'Air Bourbon n'a donné aucune précision supplémentaire quant à "un prêt à moyen terme de 2,8 millions d'euros" sur le point d'être contracté. Les difficultés financières de l'entreprise, qui opère depuis juin 2003 entre la Réunion et la métropole, ne sont plus niées par ses dirigeants qui recherchent le soutien des collectivités locales. Le conseil régional et le conseil général ont été sollicités à plusieurs reprises, ces dernières semaines pour cautionner des emprunts bancaires que la compagnie peine à obtenir de ses bailleurs initiaux, au premier rang desquels la Banque de la Réunion. Région et Département sont les piliers de la Sematra, société d'économie mixte qui détient 40% du capital d'Air Austral. Les actionnaires d'Air Bourbon, pour l'essentiel des chefs d'entreprises locaux, multiplient les appels du pied en faveur d'un rapprochement des deux compagnies réunionnaises. Mais Air Austral, qui doit se doter d'un troisième Boeing 777 en juin 2005 pour étoffer sa desserte de la métropole, fait la sourde oreille, considérant l'activité de sa rivale et de son unique Airbus A 330 comme structurellement déficitaire. Alors que l'ampleur du trou creusé par Air Bourbon en dix-huit mois d'exploitation reste à évaluer, les effets d'annonce successifs d'Erick Lazarus sèment désormais le doute. Dernier en date : le projet Air Comores International, qui devait desservir l'océan Indien au départ de Moroni dès ce mois de novembre, est reporté d'un an.

Une aventure de 18 mois

La Une du JIR du 26/11/2004 www.jir.fr

Article de CLICANOO Le site du JIR, Journal de L'Ile de la REUNION www.jir.fr

2002 : création d’une compagnie aérienne privée, constituée de capitaux réunionnais. Elle annonce qu’elle vise 11% du marché métropole-Réunion.

18 décembre 2002 : Air Bourbon présente son dossier devant le Conseil supérieur de l’aviation marchande.

30 mai 2003 : l’aviation civile accorde à Air Bourbon son certificat et sa lettre de transport qui donnent à la compagnie son existence officielle.

7 juin 2003 : l’A340-200 d’Air Bourbon effectue son premier vol commercial.

24 novembre 2003 : l’assemblée des actionnaires vote une augmentation de capital.

Fin 2003 : Air Bourbon annonce l’ouverture de lignes sur Milan et des rotations sur Mayotte. En six mois d’activité, la société a déjà perdu 1,7 million d’euros.

30 décembre 2003 : la compagnie inaugure sa nouvelle agence dans l’aérogare de Gillot. Elle termine l’année avec 39 408 passagers transportés et 4% de parts de marché sur l’axe Réunion-métropole.

12 février 2004 : le capital de la compagnie est porté à 4,5 millions d’euros. Arrivée de nouveaux actionnaires.

4 avril : en plus de ses trois rotations hebdomadaires sur Paris et une sur Lyon, Air Bourbon inaugure une liaison avec Milan. Elle ne durera que 6 mois.

23 juin : ouverture de la liaison Paris-Comores.

7 juillet : Air Bourbon établit une connexion avec Mayotte. Une liaison hebdomadaire se fait donc entre Mayotte - Moroni - Paris.

26 août : Erik Lazarus annonce la création de la compagnie Air Comores international, (après avoir récupéré le pavillon d’Air Comores) dont Air Bourbon détiendrait 40% du capital. Il prévoit des vols vers Dubaï, Dzaoudzi, Marseille, à partir de Pierrefonds dès novembre.

Septembre : les difficultés financières de la compagnie s’aggravent. Les dettes s’accumulent, le pétrole flambe, la société doit trouver des liquidités pour couvrir ses dépenses d’exploitation et des fonds pour financer sa croissance.

Elle envisage une troisième augmentation de capital mais peine à trouver de nouvelles ressources.

26 octobre : un conseil stratégique des actionnaires mandate Jacques Thibier pour essayer de trouver une voie pour assurer la pérennité de la compagnie.

À partir du 9 novembre : Air Bourbon est contrainte de payer comptant chaque soir avant le décollage de l’avion les redevances aéroportuaires. La CCI lui refuse tout crédit. Elle lui donne jusqu’au 25 novembre pour apurer ses dettes qui s’élèvent à 146 000 euros.

25 novembre : l’Airbus décolle vers Paris, peut-être pour son ultime vol pour Air Bourbon.

29 novembre : La compagnie dépose son bilan en raison de graves difficultés financières, trois jours après sa cessation d'activité et l'annulation de ses vols entre la Réunion et la métropole.

3 décembre : Le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis de La Réunion prononce le placement en redressement judiciaire pour une période de 8 mois de la compagnie réunionnaise Air Bourbon.

3 décembre : Démission de Frédéric Pralus, directeur général mais aussi dirigeant responsable vis à vis de la Direction générale de l’aviation civile, Air Bourbon n’a plus de certificat de transport aérien ni de licence. Elle est de fait clouée au sol. De son côté Airbus a résilié le contrat de location de l’A.340 200.

9 décembre 2004 : La liquidation est prononcée

Dès le départ, Air Bourbon s’était envolée avec du plomb dans l’aile. Elle n’est jamais parvenue à surmonter son handicap.

La compagnie Air Bourbon placée en redressement judiciaire (03/12/2004 - AFP)

Le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis (La Réunion) a prononcé vendredi le placement en redressement judiciaire pour une période de 8 mois de la compagnie réunionnaise Air Bourbon. La compagnie avait déposé son bilan lundi en raison de graves difficultés financières, trois jours après sa cessation d'activité et l'annulation de ses vols entre la Réunion et la métropole. Le tribunal de commerce a fixé au 1er novembre la date de la cessation de paiement et a nommé deux administrateurs judiciaires pour établir l'état des créances de la compagnie. Air Bourbon disposera d'un délai de 8 mois pour redresser la situation. Un premier rapport de l'administrateur sur la situation de l'entreprise sera examiné par le tribunal de commerce le 8 décembre.

"C'est un grand soulagement pour mon personnel et pour les passagers d'Air Bourbon", a déclaré le président de la compagnie, Erick Lazarus, à la sortie de la salle d'audience. M. Lazarus a refusé de s'exprimer sur les éléments du plan de redressement fournis au tribunal. Il n'a pas pu annoncer la date de la reprise des vols de la compagnie, indiquant simplement que cela ira "assez vite".

Air Bourbon a accusé un passif de 7 millions d'euros (estimé au 31 décembre 2004) pour un chiffre d'affaire de 46 M EUR. M. Lazarus avait expliqué ce déficit par la sous-capitalisation de sa société et la flambée des prix du pétrole.

Il a indiqué que tous les coupons vendus par Air Bourbon seront honorés, y compris ceux prévus pour les vols annulés ces huit derniers jours. Les annulations ont entraîné l’affrètement de deux avions spéciaux, jeudi et vendredi, par les pouvoirs publics pour rapatrier en métropole et à la Réunion près de 2.000 passagers bloqués. Des milliers d'autres passagers, qui avaient payé leur billet pour les mois de décembre et janvier, craignaient de tout perdre en cas de liquidation judiciaire. Créée en juin 2003 par des actionnaires privés, la compagnie Air Bourbon est une des quatre compagnies aériennes qui effectuent la liaison Réunion-métropole. Ne possédant qu'un seul appareil, un Airbus A 340 actuellement en révision à Bruxelles, elle propose quatre vols par semaine entre Saint-Denis, Paris, Lyon ou Marseille. Air Bourbon occupe la quatrième place des compagnies aériennes desservant la Réunion avec 10% des parts de marché, derrière Air France (40%), Corsair (20%) et la compagnie réunionnaise Air Austral (20%).

4,8 millions d'euros d’ardoises pour Air Bourbon (03/12/2004)

En lisant l'article du JIR sur les dettes d'Air Bourbon (lien ci-dessous) http://www.jir.fr/articles/article.asp?id=92166 on n'est pas tellement rassuré pour la reprise rapide des vols. De même on y apprend qu'il y a des coûts énormes pour une compagnie aérienne, que nous simples passagers ne soupçonnons même pas, comme les taxes de contrôle aérien (on n'y pense pas) ou les taxes de survol (pour ma part je découvre !), c'est ainsi que l'on apprend que Air Bourbon a des dettes de centaines de milliers d'Euros envers le Yémen et le Soudan, alors qu'on ne comprend pas pour quelle raison de prime abord. Il ont aussi laissé des ardoises aux Comores : 24 440 euros à Com'air Assistance et 166 000 euros à Comor Hydrocarbures, cela risque d'avoir des répercussions sur la paie des salariés Comoriens concernés.

On comprend aussi le pourquoi du prix du billet, et la raison qui fait que la destination réunion ou Comores ne sera jamais bon marché. Selon le patron de Corsair, qui dessert la réunion, la marge sur un vol est de 2 à 3 % avec les tarifs qu'ils pratiquent, et pourtant Air Bourbon exploite un appareil 15 % plus cher que le leur, le vol d'Air Bourbon était donc structurellement déficitaire. Des frais d'exploitation astronomiques : Pour exploiter son unique avion, Air Bourbon a recruté 21 pilotes et copilotes (sept équipages), 61 hôtesses et stewards (dont 50 basés à la Réunion) et 28 personnels d'administration. La location de l'appareil revient à 450 000 dollars par mois et les frais d'entretien à 186 000 dollars par mois. Heureusement, Air Bourbon peut compter sur les 10 tonnes de fret qu'elle commercialise et qui lui rapporteront 5 millions d'euros chaque année. Tout ceci laisse à réfléchir lorsque l'on lance des projets de "compagnie aérienne Comorienne", à fortiori lorsque l'on voit que Air Madagascar s'est associée en catastrophe avec Air Mauritius pour ne pas disparaitre à son tour. Si même Madagascar ne peut pas avoir sa compagnie aérienne, n'y pensons même plus pour les Comores.

Pas de miracle pour Air Bourbon (9/12/2004)

Article de CLICANOO Le site du JIR, Journal de L'Ile de la REUNION www.jir.fr

“C’est la mort dans l’âme que nous avons pris notre décision. Toutes les voies ont été explorées, mais il n’y avait pas d’autre issue. Le financement n’existait pas”. Jean Brunet, président du tribunal de commerce de Saint-Denis, a ainsi commenté la liquidation judiciaire d’Air Bourbon qu’il venait de prononcer hier après-midi. Érick Lazarus, président de la compagnie, reconnaissait lui-même à la sortie de l’audience : “Nous avions trouvé de l’argent, mais pas assez. Il nous en aurait fallu beaucoup plus pour tenir jusqu’à fin janvier”.

À Champ-Fleuri, hier après-midi, l’ambiance était très différente de celle de vendredi dernier. Seules quelques hôtesses avaient fait le déplacement en uniforme. A leur arrivée, Érick Lazarus et Philippe de Bournonville, respectivement président et secrétaire général d’Air Bourbon, affichaient un visage fermé comme le reste du personnel de la compagnie venu en civil. Les dés semblaient déjà jetés d’autant que depuis le début de la matinée Frédéric Pralus, directeur général, annonçait la liquidation.

Jusqu’au bout le président Brunet aura tendu la perche à Air Bourbon. Mercredi de la semaine dernière, le tribunal de commerce avait décidé de s’accorder 48 heures avant de se prononcer. Les responsables de la société devaient mettre à profit ce délai pour consolider le plan de reprise de l’activité. Ils avaient notamment à faire la preuve de la réalité de l’assise financière des investisseurs pressentis. Vendredi, la juridiction ouvrait une procédure de redressement judiciaire et plaçait Air Bourbon en observation pour quelques jours. Étaient nommés représentants des créanciers les mandataires Piec et Badat. Deux administrateurs judiciaires, l’un lyonnais, Michel Chavaux, l’autre parisien Picard étaient également désignés. La mission confiée à ces derniers par le tribunal de commerce était très claire. Ils devaient remettre hier un rapport sur la situation réelle d’Air Bourbon.

Un document accablant

Ce document remis hier après-midi par Michel Chavaux s’est vraisemblablement révélé déterminant dans le processus de prise de décision du tribunal de commerce. Jusqu’à vendredi, il ne disposait que des éléments que voulait bien lui fournir Érick Lazarus. Avec le rapport Chavaux, la juridiction a eu sous les yeux la première photographie réelle de la situation d’Air Bourbon et les masques sont tombés. “Je sais faire une addition, confiait en aparté Michel Chavaux, il n’y avait pas d’argent pour faire repartir cette société”. En dépit de ce diagnostic sans appel, le président Brunet prenait tout de même le temps d’entendre pendant près de deux heures Érick Lazarus, son conseil Me Arnaud, des représentants du personnel, le mandataire Badat et l’administrateur Michel Chavaux. Il aura sans doute été question une dernière fois du plan philippin. Sa dernière mouture prévoyait un investissement à hauteur de 30 millions d’euros. Ce sauveur philippin a-t-il existé ailleurs que dans l’imagination d’Érick Lazarus ? On peut au moins lui faire crédit sur ce point. Le président d’Air Bourbon s’est vraiment battu jusqu’au bout pour sauver son entreprise. De toute façon, on voit mal comment il aurait pu balader pendant une semaine le tribunal de commerce en s’appuyant sur du vent. Un avocat croisé hier après-midi dans les couloirs du palais indiquait avoir vu des documents accréditant le plan philippin avec comme banque la Barclay’s Bank. Mais à l’évidence, l’ultime argumentation déployée par Érick Lazarus aura été insuffisante pour convaincre le tribunal de commerce. Ce dernier ne pouvait plus se permettre d’ergoter.

Un redécollage compromis

Depuis vendredi et la démission de Frédéric Pralus, directeur général mais aussi dirigeant responsable vis à vis de la Direction générale de l’aviation civile, Air Bourbon n’avait plus de certificat de transport aérien ni de licence. Elle était de fait clouée au sol. De son côté Airbus avait résilié le contrat de location de l’A.340 200. Comment dans ces conditions la compagnie aurait-t-elle pu redécoller même si le tribunal de commerce n’avait pas prononcé sa liquidation ? Tout cela a dû peser dans la balance. Au final, la disparition d’Air Bourbon se solde par un immense gâchis. 166 salariés dont certains connaissent leur deuxième licenciement après celui consécutif à la disparition d’Air Lib ont perdu hier leur emploi. Des milliers de passagers n’ont plus entre les mains qu’un chiffon de papier (voir par ailleurs). A qui la faute ? Il sera facile de désigner des boucs émissaires mais il conviendrait plutôt de s’interroger sur le point de savoir si Air Bourbon n’a pas été avant tout victime de sa propre fragilité. En moins de deux ans, deux compagnies, Air Lib et maintenant Air Bourbon, ont été rayées du paysage aérien réunionnais. Voilà de quoi faire réfléchir ceux qui dans l’avenir auraient la tentation de se lancer dans l’aventure. Renforcer ou compléter la desserte de la Réunion implique de démarrer sur des bases solides. Dès le départ, Air Bourbon s’était envolée avec du plomb dans l’aile. Elle n’est jamais parvenue à surmonter son handicap. Le rideau est aujourd’hui tiré. Trois compagnies vont maintenant se partager les dépouilles, à savoir les 9% de parts de marché conquis en un peu plus d’un an par Air Bourbon. Sauront-elles résister à la tentation de ne pas faire flamber les prix ?

Alain Dupuis


Air Comores International. La première compagnie Aérienne Comorienne qui disparaît avant d'avoir volé, ne serait-ce qu'une fois ! (2004)

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Nous avons reçu au mois d'août 2004 un superbe et impressionnant dossier de presse sur la compagnie en cours de constitution AIR COMORES INTERNATIONAL.

Nous avons choisi de le publier à la mémoire de cette compagnie, morte sans être née, fille de la regrettée AIR BOURBON qui avait pris un bel essor dans le ciel de l'océan Indien ... à Crédit. Dommage que ce beau projet n'ait jamais pu voir le jour...

27 juillet 2004 : Création de Air Comores International dont Air Bourbon détient 40% du capital.

Le dossier de presse : Fichier:Aircomoresinternational.pdf

Air Comores international se pose à Pierrefonds fin novembre, par Alain Dupuis (28/8/2004)

Un article de Clicanoo - Site Internet du Journal de l'Ile de la Réunion www.jir.com ou www.clicanoo.com

Erick Lazarus, PDG d’Air Bourbon, a confirmé hier à Pierrefonds les informations révélées en exclusivité vendredi par le Journal de l’île. Fin novembre se posera sur l’aéroport du Sud un Airbus A.310 300 aux couleurs d’Air Comores International dont Air Bourbon est actionnaire à 40%. Paris et Marseille seront reliés une fois par semaine via Moroni à des tarifs équivalant à ceux pratiqués au départ de Gillot. À cela s’ajouteront, toujours en passant par la capitale comorienne, Dubaï et huit destinations dans la zone océan Indien dont Mayotte

Roland Hoareau, président du syndicat mixte de Pierrefonds, et Amine Valy, directeur général de l’aéroport du Sud, avaient hier le sourire en écoutant Erick Lazarus présenter le projet d’Air Comores International. “C’est une aventure qu’il nous faut accompagner, commente Roland Hoareau. C’est un projet utile et durable pour le Sud. Après Air Mauritius en 2002 nous ouvrant l’Europe via Plaisance et Air Austral en 2003 via Gillot, voici Air Comores International. À l’horizon de la fin 2005, nous allons multiplier par deux le nombre de passagers accueillis pour atteindre les 200 000.” Amine Valy, lui, y voit la justification des investissements programmés pour aménager la plate-forme. “En l’état actuel des choses, explique-t-il, les infrastructures, longueur et largeur de piste, sont suffisantes pour accueillir un appareil de la taille de l’Airbus A.310 300. Nous allons embaucher 25 salariés et acquérir du matériel pour charger et décharger l’avion. Avant même que nous ayons connaissance de ce projet, nous avions financé des travaux jusqu’en 2006. La longueur de piste sera portée à 2 100 m pour une largeur de 45 m. Pourront alors atterrir des avions de la taille d’un Boeing 767 ou 777. Dans la foulée il y aura l’agrandissement de l’aérogare et la construction d’un hall de départ. Mais les choses doivent être claires. Pierrefonds n’a pas vocation comme Gillot à permettre des vols directs vers la métropole. Les liaisons se feront avec escale.” C’est la philosophie même du projet Air Comores International.

Des vols avec escale

“Depuis huit ans, rappelle Erick Lazarus, les Comores étaient coupées de la France où se trouve pourtant une importante communauté comorienne. Nous avons été accueillis à bras ouverts. D’ailleurs nous maintiendrons notre rotation hebdomadaire en Airbus A.340 entre Paris et Moroni. Air Comores International opérera parallèlement à Air Bourbon qui, en avril/mai 2005 recevra un second A.340. Chaque île et l’État comorien sont présents dans le capital à hauteur de 20%. Air Comores International a le statut de compagnie nationale. Elle est créée selon les standards et les critères de sécurité, de confort et de qualité d’Air Bourbon. Nous fournirons l’encadrement technique, administratif et commercial. L’entretien de l’avion sera fait par Air France Industries”. Le chèque officialisant la location de l’Airbus A.310 300 a été envoyé hier matin. Le biréacteur vient d’Air India et vient de subir une grande visite. Il est loué à Airbus Industries et recevra l’immatriculation comorienne D6.COM. L’appareil sera livré le 15 novembre. “Le code des vols sera HAH”, précise Erick Lazarus. L’aménagement retenu est de 206 sièges, 20 en classe affaires, 186 en touriste. Sans changement d’appareil à Moroni atteint après 2h20 de vol, il sera possible de rallier Paris et Marseille une fois par semaine, Dubaï deux fois par semaine, Mayotte trois fois par semaine, avec à partir de janvier 2005 un Mayotte - Moroni - Pierrefonds - Maurice. A cela s’ajouteront des vols en correspondance de et vers Moroni avec changement d’appareil. “Comores Aviation exploite deux avions de 17 places et un de 45 places, indique Erick Lazarus. Le 5 octobre prochain sera basé à Moroni un DC.9 de 105 places qui occasionnellement effectuera des vols sur Pierrefonds mais aussi Gillot. Nous proposerons au départ de Moroni, Nosy-Bé, Mahajanga, Antananarivo, Zanzibar et Dar-Es-Salam deux fois par semaine, Dzaoudzi quatre fois par semaine et un vol quotidien sur Anjouan et Mohéli. D’autres connexions sont possibles avec d’autres compagnies opérant sur les Comores”. La grille tarifaire n’a pas encore été dévoilée. “Nous nous alignerons sur celle d’Air Bourbon,” annonce Erick Lazarus. Les ventes seront ouvertes courant septembre sur Internet et en direct à partir du 1er octobre dans le réseau des agences de voyages et aux comptoirs d’Air Bourbon. “C’est un grand jour pour la zone océan Indien, analyse Erick Lazarus. Les Comores et Mayotte vont se désenclaver sur tous les axes et accéderont à un développement immédiat des échanges économiques et touristiques. Simultanément Pierrefonds et le Sud s’ouvrent sur l’axe sud - nord. Dans le même temps, Air Bourbon continue de se développer sur un marché de niche sans créer de surcapacité en optimisant les coûts de manière très significative à travers la synergie ainsi réalisée entre les deux compagnies. Enfin, nous exportons un savoir-faire réunionnais reconnu dans l’esprit de la coopération régionale”.