Tadjidine Ben Saïd Massonde

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Tadjidine Ben Saïd Massonde (1928 - 2004)

Tadjidine : un technocrate discret à la tête des Comores (MweziNet 2004)

Source : Afrique Express N° 177 du 12/11/1998 par Aboubacar M'CHANGAMA

Tadjidine ben Saïd Massonde, Président par intérim de la République fédérale Islamique des Comores, est un technocrate discret et l'un des rares grands commis de l’État à avoir fait carrière de la période coloniale à l'époque actuelle. Ce respectable bureaucrate, aux commandes du pays depuis la mort, vendredi, du président Mohamed Taki Abdoulkarim, a traversé les turbulences de la vie politique comorienne, marquée par dix sept coups d’État ou tentatives depuis son indépendance de la France, en 1975.

Malgré une carrière à l'ombre du pouvoir, le nouveau président par intérim est politiquement peu marqué. Tadjidine, qui aura 65 ans dans un mois, est né à Domoni sur l'ile d'Anjouan, aujourd'hui sécessionniste. Il a fait ses études secondaire a Madagascar, avant d'être admis à l'école des services extérieurs du Trésor français à Paris, d'où il sortira avec le titre d'inspecteur du Trésor. Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah Abderemane, son beau-frère, proclame unilatéralement l'indépendance des Comores. Moins d'un mois plus tard, il est renversé par Ali Soilih, qui confie à Tadjinine le ministère des Finances et du Commerce.

Le 13 mai 1978, Ahmed Abdallah renverse à son tour Ali Soilih. Tadjidine est nommé premier fondé de pouvoir au Trésor Public, puis directeur des Finances. Il devient Trésorier payeur général en 1988, poste qu'il occupera jusqu'en mars 1990. Après l'assassinat du président Abdallah, le 26 novembre 1988, Tadjidine est un moment pressenti par son parti, l'Udzima, pour briguer la présidence de la République, mais c'est finalement Saïd Mohamed Djohar qui est retenu comme candidat. Élu président, Djohar confie à Tadjidine le portefeuille des Finances et du Budget avant de le nommer délégué à la Présidence chargé des questions financières. Homme de petite taille, au physique frêle, Tadjidine est aux antipodes du leader charismatique. Derrière ses fines lunettes où brillent des yeux vifs, c'est un personnage discret et réservé. On le dit posé et d'une compagnie agréable, mais parfois trop prudent. Ces traits de caractère peuvent expliquer en partie le choix du président Taki d'en faire son Premier ministre, en mars 1996. L'homme ne risquait pas de lui faire de l'ombre. Taki le désignera ensuite comme deuxième personnalité de l’État en le nommant président de Haut Conseil de la République.

Selon ses proches, il a vainement tenté de refuser ses nouvelles fonctions de chef de l’État par intérim, invoquant des raisons de santé et un désir de passer une retraite paisible. Mais ses premières déclarations semblent indiquer qu'il n'est pas pressé de laisser le pouvoir : s'exprimant devant l'assemblée nationale, lundi, il est resté très évasif sur l'organisation de l'élection du futur président de la République, se contentant de dire que "des échéances beaucoup plus importantes" l'attendaient.

29 février 2004, décès du Président Tadjidine

Obsèques du président Tadjidine (article de La Gazette des Comores)

Les obsèques du président Tadjidine Ben Saïd Massonde décédé dans la nuit du dimanche 29 février dans un hôpital parisien à l'âge de 76 ans (voir notre édition de lundi), ont été célébrées jeudi après-midi à Moroni en présence d'une foule nombreuse venue des quatre coins de l'archipel. les honneurs lui ont été rendus par l'armée comorienne. Les présidents Azali et El-Bak y ont pris part. On peut, toutefois, regretter que les autorités n'aient pas jugé utile de décréter un deuil national ni de mettre les drapeaux en berne. En sa qualité d'ancien président de la République, et eu égard aux nombreux services rendus au pays, le regretté Tadjidine Ben Saïd Massonde aurait mérité sans doute une reconnaissance officielle, pleine et entière de l'État comorien. L'absence remarquée du corps diplomatique aux obsèques trouverait là une explication. Les enfants et la famille du regretté Tadjidine ben Saïd Massonde expriment leurs sincères et vives remerciements à tous ceux qui leur ont témoigné de leur sympathie, aux Comores comme à l'étranger, à la suite de la disparition de leur père et beau père. Ils saisissent également cette occasion pour formuler leurs excuses pour le retard pris dans le déroulement des obsèques à l'égard de tous ceux qui ont tenu à accompagner le président Tadjidine jusqu'à sa dernière demeure.